Ce que dit vraiment l’histoire de l’islam – partie 2

Vous pouvez vraiment prendre le temps de lire cette seconde partie de l’émission de l’abbé de Tanoüarn sur radio courtoisie. Vous y découvrirez les fondements de la foi musulmane et la logique de sa pensée, nous nous interrogerons aussi sur la foi des chrétiens et sur les débuts de possibilité de dialogue des chrétiens avec les musulmans. Je vous souhaite une bonne lecture et un bon voyage dans le temps.
(Guillaume de Tanoüarn recevait Olaf, écrivain et Leïla Qadr, chercheur)

G : Chers amis bonjour pour cette seconde mi-temps de notre émission au long cours sur les origines de l’islam. Nous avons dans le studio deux personnes qui on peut dire consacrer leur vie à ce travail, je pense Olaf que vous avez investi un temps considérable à ces travaux et que vraiment il y a vraiment de votre part un effort et une liberté qu’il faut saluer. Nous allons parler davantage dans cette seconde partie avec Leila Qadr parce que nous abordons la question sur laquelle elle a travaillé, la question des sources du coran. Comme je vous le disais en commençant pour un musulman est incréé donc il n’a pas de source (Nota perso : la notion du coran incréé date du 10ième siècle environ, le coran est pour le musulman tout au moins la parole ou la révélation directe de Dieu, cf article sur ce site). En réalité quand on décortique chaque verset de chaque sourate, on découvre et je crois que vous faites cela sourate par sourate et verset par verset dans votre thèse.

L : En fait c’est un livre qui va m’aider à faire ma thèse, ma thèse va porter sur l’alliance dans le coran. Mais j’avais écrit un livre « les trois visages du coran » qui va m’aider à comprendre d’où viennent les sources coraniques.

G : Vous vérifiez votre théorie par induction.

L : Oui et par d’autres analyses qui sont plutôt des analyses codicologiques (étude des anciens manuscrits reliés en codex) et philologiques.

G : Alors on découvre que le coran n’est pas une parole si nouvelle que cela, on retrouve des échos de textes religieux, juifs et chrétiens, d’apocryphes, de sources même un peu folklorique de sources grecs. Est-ce que vous pourriez nous donner quelques exemples, des exemples plus factuels que les versets du coran sont des reprises de sources antérieures.

L : oui, je me base beaucoup sur les travaux de Guillaume Dye qui est un philologue et professeur à Bruxelles. Il parle beaucoup de la sourate 19 en disant que c’était une reprise, une réécriture d’un texte apocryphe du proto-évangile de Jacques, d’autres chercheurs parlent plutôt du pseudo-Mathieu, donc ce sont des épisodes qui vont parler de la nativité de Jésus avec une nativité qui n’est pas celle que l’on connaît nous avec nos regards.

G : Evidemment, les musulmans nous disent c’est nous qui avons la vérité sur Jésus et donc c’est bien comme ça que ça s’est passé et pas comme vous le croyez.

L : Voilà, tout à fait, mais la tradition musulmane est subordonnée à des apocryphes qui étaient antérieurs. C’est cela qu’il faut signaler, c’est que ces apocryphes chrétiens étaient antérieurs à la tradition et aux écrits musulmans (Note perso, les évangiles datent du premier siècle et les apocryphes des siècles suivants), et notamment, on a l’épisode qu’on appelle l’épisode du palmier dans le coran, la sourate 19, Marie va accoucher de Jésus seule loin de sa famille, en Orient, et elle va accoucher au pied d’un palmier, et donc elle va maudire. Je parle de la version coranique, le dieu va lui dire réjouis toi parce qu’il y a des dattes qui vont tomber, ensuite, elle va trouver un petit ruisseau et donc elle qui se plaint et se lamente de son sort par rapport à cet enfant qui est un problème.

G : qu’elle doit l’assumer seule

L : Oui, Là il y a une disparition totale par rapport à Joseph, et donc elle a des dattes et de l‘eau pour se rassurer. Cette épisode fait écho à des épisodes qui existent dans les traditions et la littérature chrétienne antérieure et notamment le proto-évangile de Jacques, où là l’épisode c’est Marie qui est accompagnée de Joseph et de Jésus au retour d’Egypte qui va se faire envie dans une oasis de dattes. Joseph la réprimande en lui disant que ce n’est le moment, il a assez de soucis.

G : Donc ce sont quand-même deux textes assez différents, assez mélangés, il y a un mélange de thèmes. Marie et les dattes, cela existe dans la littérature antérieure mais pas au moment de la naissance.

L : Le passage des dattes existe dans des traditions antérieures mais pas sous la même forme. Souvent le coran compose plusieurs sources, c’est ce que l’on a remarqué, il peut composer avec des sources juives avec des sources chrétiennes et entrelacer les deux pour pas qu’on puisse démêler les sources.

G : ce qui est normal si les instituteurs de Mohammed sont ces judéo-nazaréens

L : C’est pour cela que l’hypothèse du père Gallez est très plausible parce qu’elle permet d’expliquer beaucoup de faits que l’on peut constater.

O : juste une petite remarque en passant, on parle de textes chrétiens, les apocryphes ne sont pas des textes chrétiens, attendons-nous ! on est bien d’accord mon père ?

G : oui, c’est de la littérature chrétienne malgré tout.

O : c’est de la littérature para-chrétienne. S’ils n’ont pas été canonisés c’est bien que derrière ils ne sont pas chrétiens.

G : oui, ils ne sont pas chrétiens parce qu’ils ne racontent pas la véritable origine du Christ.

O : ou ils font état de doctrines qui ne sont pas chrétiennes

L : ou de traditions

G : il y a beaucoup de textes gnostiques dans cette littérature.

O : Gnostique ou autres, on parle de judéo-nazaréens, on voit que le proto-évangile de Jacques est beaucoup repris, il est aussi repris par beaucoup de chrétiens, les traditions sur les mages, sur les parents de Marie.

L : Sur Marie qui a vécu au temple, çà c’est passé dans des traditions chrétiennes.

O : çà n’en fait pas pour autant un texte chrétien qu’on lirait comme les textes chrétiens.

G : tout à fait, ce n’est pas un texte d’évangile.

 L : Oui mais l’enfance de Marie est dans les traditions chrétiennes des livres d’église et donc elle est aussi dans les traditions musulmanes, mais c’est sûr que ce n’est pas dans les évangiles, ni dans les textes canonisés.

O : il faudrait que l’on discute de ce que sont les évangiles mais il faudrait une autre émission. Vous l’avez déjà faite mon père en invitant le père Guigain ( http://www.eecho.fr/tag/frederic-guigain/ ).

L : Donc on va dire des textes judéo-chrétien, c’est Jésus qui va faire le miracle du palmier, il va donner l’ordre au palmier de se courber pour nourrir et satisfaire sa maman

G : c’est très joli tout ça

L : il va redonner l’ordre après de remonter. Et donc cette tradition du palmier était présente dans la fameuse église en Palestine, Kathisma, qui était une église qui célébrait une fête de Marie le 13 Août. A l’intérieur, il y avait des mosaïques qui montraient cet épisode du palmier.

G : Elles sont toujours là les mosaïques ?

L : Il y a des photos

O : Elle a été retrouvée dans les années 90, on a retrouvé les fondations en faisant des fouilles pour un parking, elle est près de Jérusalem, et elle présente exactement le même plan en triple octogone centré sur un rocher que le dôme du rocher.

G : C’est le dôme du rocher qui lui a repris ce plan.

O : Le dôme du rocher qui est censé célébrer l’impérium, la magnificence d’Abd Malik sur les arabes, sur les chrétiens, les juifs et le monde entier, en disant, c’est moi le vainqueur de l’histoire, en fait c’est la copie d’une église qui existait déjà qui devait être vénérée également par les musulmans avec ces mosaïques qu’on a retrouvées par ailleurs et qui a été transformée en mosquée, et qui a été détruite dans l’époque à peu près (L : 9ième siècle je pense)  où on a transformé le dôme du rocher en signe de témoignage purement musulman de la venue de Mahomet. A ce moment-là, ce n’était plus possible d’avoir dans la même ville deux églises semblables, deux bâtiments semblables.

L : Et le plan était exactement semblable, c’est-à-dire qu’il y avait un rocher, il y avait un déambulatoire, et donc la forme octogonale, tout est repris.

G : Et donc on a retrouvé, on a fait des fouilles, on a retrouvé ce Kathisma, cette église qui a donné son plan.

L : Elle était dédiée à Marie le 13 Août. Et Guillaume Dye montre aussi qu’il y a une correspondance encore plus intense dans le fait que cette église était dédiée au fait que Marie était Arche d’alliance. On disait dans des lectionnaires de cette époque sœur d’Aaron. Donc l’expression sœur d’Aaron, on la retrouve dans le coran. Donc il y a un transfert pour lui qui est fulgurant et qui est presque une preuve.

G : Sœur d’Aaron et de Moïse.

L : Oui bien sûr, et donc là, on a le lien par rapport au rocher, donc on voit aussi le lien avec le rocher et le lien avec Marie, parce dans l’Eglise du Kathisma, il y avait un rocher et dans le dôme du rocher il y a un rocher.

O : Oui, il y a des traditions juives très anciennes qui accompagnaient les textes de l’exode qui nous parlent de Mariam, sœur de Moïse et d’Aaron, la lient elle-même à un rocher qui suivait le peuple pendant l’exode, un rocher dans lequel il y avait un puit ou une source dans lequel s’abreuvait le peuple.

L : c’est pour cela que le texte coranique où il signifie que Marie trouve une source serait beaucoup plus logique puisqu’il relierait à toutes ces traditions judéo-chrétiennes et à ce site judéo-chrétien qui a été repris par le proto-islam (Note perso : Le rocher est lié au ruisseau cité dans le coran)

G : ça c’est tout-à-fait intéressant. Donc les récits coraniques concernant Marie et la naissance de Jésus sont antérieurs au coran. Il reste une chose quand-même, je voudrais dire cela aux auditeurs de radio-courtoisie, Marie est citée 16 fois dans le nouveau testament, (L : 40 fois dans le coran), et il est cité deux fois plus dans le coran, ce qui est étonnant. Et autant dans le talmud, Marie est considérée comme une prostituée parce que le Christ n’a pas de père donc c’est louche, donc elle a eu son enfant, son enfant n’est pas de chez nous en gros. On le voit encore dans le chapitre huit de Saint Jean, les juifs disant à Jésus, nous, nous ne sommes pas issus de la prostitution.

L : Oui il y avait une calomnie de Marie, le coran prend la défense de Marie plusieurs fois.

G : on sent que cette calomnie de Marie est très tôt et donc que la virginité de Marie est un fait mal interprété mais qui est avéré dès le départ.

L : qui est avéré. Et puis même elle tisse le voile, dans le coran ils disent qu’elle fait le hijeb, en fait il y a aussi des philologues qui montrent que ce hijeb est le voile du sanctuaire, donc elle est forcément vierge, et donc elle est forcément en plus de lignée davidique parce que le fait de tisser le voile du sanctuaire, ça veut dire qu’elle était vierge.

G : pourquoi forcément vierge ?

O : parce qu’elle était consacrée au temple.

L : c’était le voile sur le tabernacle, le coffre du tabernacle.

G : c’est elle qui tisse le voile. Les musulmanes aujourd’hui portent ce voile.

O : vous allez un peu loin.

L : vous allez peut-être un peu loin

O : le coran réfute ces accusations de prostitution prenant ses sources dans des textes très anciens.

L : il y a une violente polémique contre l’accusation contre Marie. Il dit du fait de votre accusation contre Marie et de sa pureté, du fait de vos meurtres des prophètes, vous êtes maudis.

G : ça c’était la sourate 19, vous avez également étudié la sourate 17, ce voyage de Mahomet.

L : Oui, Olaf en a parlé, c’est le voyage qui est pour les musulmans un voyage physique de Mahomet depuis la Mecque jusqu’à Jérusalem sur un cheval ailé. Mais ce qui est intéressant de remarquer, c’est que pour aller au ciel, il ne va pas depuis la Mecque, il va faire un détour de 1200 km vers Jérusalem. Ça c’est étonnant et très significatif.

G : Le salut vient des juifs disait Jésus à la sainte Maritaine à propos justement des saints maritains au chapitre 4 de Saint Jean.

L : Dans la tradition musulmane, Jérusalem s’appelle la sainte, c’est la ville sainte, donc on voit que Jérusalem a gardé malgré tout dans la tradition musulmane cette sainteté donc Mahomet part de la Mecque pour aller à Jérusalem. Mais ce qui se passe dans cette sourate, au début on parle de Moïse, après il y a deux lignes où on parlerait de Mahomet, mais en fait son nom n’est pas indiqué c’est juste mosquée Al Aqsa et mosquée Al Haram donc les deux mosquées, celle de la Mecque et celle de Jérusalem.

G : elle est citée dans le coran alors qu’elle n’existe pas. Donc le coran est bien plus tardif.

O : l’interprétation du coran, du texte est bien plus tardive

L : et puis après ça repart sur Moïse. Donc on part de Moïse, on part de ces deux mosquées et on repart sur Moïse. Sachant que dans les Midrash, dans la littérature rabbinique, il existe un voyage de Moïse céleste pour aller chercher la Torah, Moïse part dans la nuit pour aller chercher la Torah at va se battre avec les anges qui ne veulent pas lui donner la Torah, et lui dit que la Torah est plus indispensable pour les hommes que pour les anges. Ce qui est intéressant, c’est de voir quand on regarde le codex de Sana notamment, on voit que le mot Aqsa n’existe pas avant, c’est-à-dire que le mot Aqsa va être écrit en gros en rature, c’est-à-dire en deuxième strate.

G : il faut que vous expliquiez aux auditeurs de radio courtoisie ce qu’est le codex de Sana.

L : Il a été trouvé en 1972 par hasard.

O :il y a eu un tremblement de terre ou un problème de structure dans une mosquée très ancienne de Sana et il y a eu un effondrement de la voûte intérieure, et les ouvriers ont vu qu’il y avait une espace entre la voûte intérieure et la voûte extérieure rempli de sacs, et dans ces sacs il y avait des vieux manuscrits, des milliers de vieux manuscrits. Les autorités yéménites ont fait appel à un spécialiste mondial, Gerd Puin, un allemand pour venir investiguer. Ils avaient conservé des très vieux parchemins, et donc ce n’est pas qu’un seul codex qu’on a retrouvé là-bas, on a retrouvé des milliers et des milliers de manuscrits que ce savant Gerd Puin a commencé d’investiguer, parmi lesquels on a un codex qu’on nomme codex de Sana’a, mais il y a d’autres manuscrits qui rendent compte d’autres ouvrages. Et c’est toujours en cours d’étude.

G : pour les auditeurs, codex veut dire livre.

L : Mais ce n’est jamais des recueils complets, ce sont toujours des fragments parfois en mauvais état, parfois en bon état mais c’est toujours des petits fragments.

O : on peut préciser aux auditeurs que les premiers exemplaires complets du coran dont on dispose aujourd’hui datent du 9ième siècle, deux cents ans après la fameuse pseudo-édition d’Othman en 650-652, qui selon la tradition musulmane ce calife-là, le troisième, aurait fait établir l’ultime édition définitive.

L : Oui mais qu’on n’a jamais retrouvé, le codex d’Othman n’existe pas dans les faits.

O : Où sont les corans d’Othman aujourd’hui ? Il faut se rendre à l’évidence qu’ils ont été détruits par les musulmans eux-mêmes, puisque la tradition musulmane nous dit que ces corans ont été envoyés dans les villes importantes de l’empire musulman et qui sont restées musulmanes, qui sont restées musulmanes.

L : Donc il y a plusieurs campagnes de destruction des codex et apparemment le codex de Othman a subi lui aussi un incendie puisque c’est un épisode qui revient très souvent dans les épisodes de la destruction des matériaux coraniques.

O : Sur l’histoire du coran, c’est quand-même très complexe. Nous occidentaux, on voudrait voir l’islam comme une religion cohérente, allant de soi. C’est certain qu’il y a une logique interne et qu’elle est même assez implacable. Mais on nous dit par exemple, d’un côté dans ces traditions musulmanes que ce serait le calife Othman qui aurait fixé l’édition définitive du coran, et ces mêmes traditions nous disent d’un autre côté, que c’est en 933 que les vizirs Ibn Uqla et Ibn Issa ont fixé la version définitive du coran. Donc dans l’islam comme il se présente à nous, nous sommes obligés de manier des contradictions, c’est une religion contradictoire, où les traditions sont contradictoires.

G : Pour revenir à Sana’a et aux codex, ce codex est un codex du coran mais qui est différent.

L : Il y a des différences, je parle de Gerd Puin, il n’a pas beaucoup publié là-dessus.

G : mais ça doit être dangereux de dire qu’il existe un coran différent du coran incréé, qu’il y a un coran antérieur.

O : Ce qu’ils ont commencé de montrer c’est que le coran n’était pas le livre incréé comme les musulmans le croient avec des preuves physiques. On a des preuves physiques que le coran a une histoire, avait changé. Et là les autorités yéménites ont commencé à prendre peur et ils ont demandé à Gerd Puin d’arrêter ses recherches. Donc il est parti, il est parti avec des milliers de photos qu’il avait prises des manuscrits. Les manuscrits sont restés là-bas, mais depuis Gerd Puin et sa femme Elisabeth étudient ces manuscrits et les diffusent, et maintenant certaines photos de ces manuscrits ont été versées au gros projet d’étude inter-universitaire corpus coranicum où pour la première fois dans l’histoire on va avoir une édition critique du coran. Une équipe se penche sur les manuscrits anciens du coran, ce dont on dispose, ils disposent de 20 à 30 codex anciens dont certains sont presque complets. Le plus complet c’est le « Veste ein deux » (Note perso : écriture approximative de ma part !) qui contient 85% du texte de 1924, parce que le coran comme on le lit aujourd’hui, son texte a été fixé, je vous disais 933 mais il faut attendre 1924 pour avoir tout le travail éditorial qui a été fait avec le texte qu’on a aujourd’hui. Ce manuscrit de Sana’a a été versé dans ce projet-là. Ils travaillent depuis quelques années maintenant à cette édition critique du coran, certains de ces manuscrits montrent que le texte n’est pas du tout ce que les musulmans croient qu’il est.

L : sur la sourate 17, on voit très très nettement, des fois ce n’est pas très net, mais là c’est toute la page où il y a le mot Aqsa qui est écrit en gros et qui cache quelque chose d’autre qui a été effacé. Donc cela prouve que le mot Aqsa (mosquée Al Aqsa) n’existait pas au 7ième siècle mais est bien une création postérieure. Ce que l’on va voir lorsqu’on analyse ces codex, on voit voir que tous les points de doxa islamique vont être en couche supérieure, la doxa spécifiquement islamique comme l’obéissance, Ismaël au lieu d’Isaac, la descente céleste du coran et les rites musulmans comme le ramadan, enfin tout ce qui va être vraiment des marqueurs typiques islamiques vont souvent être l’objet de ratures et de tâches sur le codex ancien.

G : alors sur le mot ramadan ?

O : je suis un vulgarisateur, mais je connais un petit peu l’arabe, suffisamment pour pouvoir le décrypter à l’écrit. Et je me suis intéressé à ce fameux manuscrit dont parlait Leila, le manuscrit Veste ein deux mille neuf cent treize conservé à Berlin et qui représente à peu près 85% du squelette consonantique du coran actuel. Et dans ce manuscrit, on voit plusieurs couches d’écritures, et j’avais noté dans la thèse du père Gallez une petite note disant c’est intéressant ce mot ramadan, parce que en araméen, ramadine ce sont les cendres. Evidemment, les cendres, ça fait écho à la coutume chrétienne du mois de jeune qui précède Pâques, qu’on appelle mois des cendres ou carême en latin. En araméen, on disait mois des cendres et quand on regarde le coran, il y a une seule occurrence du mot ramadan, donc on peut lui donner le sens que l’on veut puisqu’il n’y a pas de dictionnaire arabe de Mahomet de 632. Le commentateur musulman du 9ième siècle qui est face à ce texte-là, donne le sens qu’il veut au mot de ramadan, mais il y a une autre occurrence qui est celle de ramadine, les cendres. Donc on peut comparer les graphies entre les cendres et ramadan. Dans ce manuscrit là en particulier, on s’aperçoit que le mot de ramadan a fait l’objet d’un grossier palimpseste en fait, une réécriture pour transformer le D qui était celui de ramadine les cendres en un Dh, Da, et qui change la racine tri-consonantique du mot et le fait passer dans un autre champ lexical. D’ailleurs, on le voit et c’est flagrant, pour le malheur des musulmans ou peut-être pour leur libération, les manuscrits qu’étudient le corpus coranicum ont été mis en ligne avec des photos en très haute définition, et donc on peut zoomer dans le texte, voir les couches d’écriture, et on peut regarder un recto et un verso. Donc sur le folio en question où il est écrit ramadane, le mois de ramadan, si on regarde bien le recto, on s’aperçoit recto et verso si on les met face à face, il y a une tâche qui a transpercée, on se rend compte que le scribe a lavé et gratté, gratté la lettre qui le gênait au point que cela a traversé le folio, on le voit de l’autre côté, et juste à cet endroit spécifique pour pouvoir réécrire une lettre nouvelle qui change le mot et qui lui donne un nouveau sens. On a changé le mois des cendres. Derrière on se rend compte qu’il y avait un contexte chrétien ou plutôt araméo-chrétien, et ce contexte-là n’avait plus lieu d’être dans la religion qu’on voulait faire, la religion des califes, la religion qui se crée à Bagdad en milieu arabe et persan, et plus du tout en milieu araméen.

G : Olaf est l’auteur du grand secret de l’islam et Leila Qadr, doctorante, est spécialiste du thème de l’alliance dans le coran. Nous en étions à ces sources du coran. Il y a aussi des sources issues de l’ancien testament. Pour la sourate 17, vous étiez en train de nous dire c’est qu’on ne sait pas qui se promène sur le cheval ailé et qu’on reprend une légende juive de Moïse.

L : Mais déjà le titre de la sourate a changé, elle s’appelait les fils d’Israël, les bénis d’Israël, et après le titre va changer et s’appeler le voyage de Mahomet. Il y a déjà un changement de nom de la sourate et la sourate ne parle que de Moïse, sauf sur ces deux incises concernant El Aqsa et El Haram.

G : incises qui sont récentes puisque dans le coran de Sana’a

L : on voit qu’elles n’y sont pas. Tous les spécialistes parlent d’interpolation. Moi j’ai fait juste une recension, ce travail a été fait énormément au 19ième siècle par des chercheurs allemands et toutes les sources sont disponibles, il fallait simplement les synthétiser. Il y a aussi des sources rabbiniques dans le coran. Il va y avoir le récit d’Abraham qui ne quitte pas la ville d’Ur mais d’Abraham qui va être libéré du feu brûlant. Comment, on peut passer de la ville d’Ur au feu brûlant ? Donc là c’est Sami Aldeeb qui le recense dans sa recension du coran chronologique. Il dit que c’est une erreur de copiste, d’un rabbi qui s’appelait Jonathan ben Ouzziel qui va faire une erreur de traduction qui va confondre l’accadien et le babylonien avec l’araméen parce que Ur veut dire la ville en Babylonien et veut dire le feu brûlant en araméen. On voit qu’il y a une erreur d’un texte juif qui est reporté dans le coran. Donc ça, on le voit plusieurs fois.

G : cette idée coranique qu’Abraham est sorti du feu est reprise d’un apocryphe juif ?

L : d’un midrash. Le midrash était antérieur au texte coranique. Il y a aussi l’exemple des tables de la loi parce que dans l’arabe et les langues sémitiques, il y a à la fois le duel et le pluriel. On donne à deux choses plusieurs choses. Dans le coran, il reçoit plus que deux tables de la loi, il en reçoit plusieurs, on va le voir par la grammaire. On va retrouver ça dans les textes rabbiniques ou midrashiques. On peut pister l’origine des erreurs ou des interprétations.

G : vous avez des sources rabbiniques avec ces erreurs qui se transmettent depuis les originaux juifs jusqu’au coran.

L : ce peut-être des erreurs ou des volontés de jouer avec le texte. Dans la littérature rabbinique, ils aiment bien jouer avec les mots et puis trouver toujours des sens nouveaux aux mots et des sens nouveaux à l’écriture sainte et donc ils peuvent jouer avec les mots. Ce qui est intéressant c’est que l’on va retrouver ces choses dans le coran, il y a des détails que l’on n’a pas dans la bible que l’on va retrouver dans le coran.

G : Et il y a d’autres sources encore ?

L : il y a par exemple le livre du jubilé où Abraham fait sept tours, sept circonvolutions je crois dans le sens lévogyre pour fêter la naissance d’Isaac. Ce rituel, on va le retrouver dans le rituel du pèlerinage de la Mecque (la kaaba est gauche). Il y a aussi le rituel, on peut se poser la question de leur source. Pour la prière, Olaf a fait une petite vidéo concernant l’origine de la salat islamique.

O : C’est tout bête, je suis tombé sur un documentaire où on voyait prier des chrétiens araméens et donc des chrétiens qui tiennent leurs traditions du judéo-christianisme (Note perso : différent des judéo-nazaréens), ils prient exactement à la façon des musulmans. On peut faire le rapprochement, ce sont des traditions hébraïques qui sont passées à la fois chez les rabbiniques car on voit certains juifs de certains courants prier comme ça en se prosternant. La ritualisation de la prosternation, la façon dont la prière de prosternation est ritualisée, codifiée ; on retrouve la même façon de faire chez des croyants qui sont tous issus des hébreux, sauf que les musulmans sont les seuls parmi les trois à dire qu’ils ne viennent pas des hébreux. Ils ont beau dire que leur religion est primordiale et que peut-être il existait des bons juifs qui continuaient à suivre la sainte révélation d’Allah donné par Moïse, mais la façon de prier chez eux, elle leur a été donnée par Mahomet lui-même qui enseigne des arabes soi-disant complètement incultes et polythéistes. Hors non, il n’en est rien, cette simple petite comparaison des façons de prier nous montre que l’islam a des traditions hébraïques qui sont passées dans l’islam. Ce n’est pourtant pas du tout ce que disent les musulmans.

G : Est-ce que vous avez d’autres exemples à nous proposer ?

L : il y a des livres judéo-chrétiens comme le livre la caverne au trésor où le centre du monde se situe à l’esplanade du temple. Donc c’est aussi intéressant par rapport à la thèse du père Gallez, car c’est là où vont se ruer les proto-musulmans. Donc l’esplanade du temple dans les sources judéo-chrétiennes, c’est le centre du monde, c’est là où a été créé Adam, c’est là où il est enterré, c’est là où Isaac a été sacrifié, et c’est aussi le lieu du Golgotha, et c’est aussi le lieu où les âmes attendent le jugement.

G : et c’est là que Jésus va revenir pour les musulmans

L : non c’est à Damas, je ne sais pas pourquoi.

O : Jésus initialement devait revenir de l’endroit d’où il est parti, le mont des oliviers et ensuite traverser la vallée pour arriver au temple. D’ailleurs c’est cela que croient toujours les juifs, c’est pour cela qu’ils ont placé leur cimetière là pour être les premiers à ressusciter (Note personnelle : ils attendent toujours le messie). Mais ce qui s’est passé quand les califes omeyades ont pris le pouvoir après le calife Ali qui a été assassiné, c’est Muawiya qui a été gouverneur de Syrie qui prend le pouvoir et qui se fait calife, et déplace la capitale de Médine à Damas. Pour authentifier son pouvoir, des traditions sont avancées, on transforme le retour du Christ sur le mont des oliviers en retour du Christ à Damas, ce qui donne une légitimité à la ville de Damas en fait, comme capitale du nouvel empire des omeyades.

G : cela montre l’importance de la croyance au retour de Jésus

O : cela montre l’importance de la croyance en ce retour de Jésus et qui est toujours aujourd’hui aussi forte chez les musulmans, on en reparlera tout à l’heure. Cela nous montre aussi une logique qui est toujours celle de l’islam aujourd’hui, c’est celle de la construction à rebours des choses. C’est-à-dire que ce n’est pas parce que Jésus va revenir à Damas que la tradition qui le dit a été faite et puis s’est transmise, c’est parce que on voulait qu’il y ait cette tradition que celle-ci a été écrite. Voyez, c’est à chaque fois en partant de la conclusion qu’on fait les choses. Et ça, c’est la logique qui a entièrement présidé à l’islam, à la constitution de l’islam. On a voulu que l’islam soit comme ci, et donc on a fait en sorte que le texte, que les traditions, que les noms de lieu, que le temple machin, que tout soit fait pour que l’islam soit comme ci. Et une fois que l’on a compris cela, on peut entièrement décrypter l’islam, c’est assez facile d’y voit clair dans l’écheveau très compliqué des traditions musulmanes.

G : Alors nous en sommes toujours à cette étude des sources du coran, sources extérieures au coran qui montrent bien que le coran n’est pas un texte incréé puisqu’il a des sources humaines. Vous insistez sur le fait qu’on aperçoit une évolution du coran.

L : Voilà, on le voit au niveau de l’écriture, on voit qu’il y a des strates d’écriture, des couches d’encre différentes et des mains différentes, il y a différentes mains.

O : et qu’en particulier, le langage de la violence serait plus tardif.

L : J’ai analysé certains mots comme obéir et tuer, et sur ces mots là on voit qu’il y a une volonté de vraiment d’insister sur tuer et obéir. Donc c’est tout ce qu’on peut dire, on peut voir que sur ces mots là il y a plusieurs couches d’écriture alors que les mots d’à côté ils sont écrits d’une très belle calligraphie. Ces mots là souvent, il y a un grattage ou ils sont écrits différemment aussi, il peut y avoir des petites fautes, je demande à des spécialistes d’arabe : il faut lire ça mais ce n’est pas écrit comme ça. On voit que sur ces mots-là, il y a des anomalies, il y a une insistance sur ces mots-là.

Et même parfois dans les traductions, il y a des mots qui ont un sens défini en arabe, par exemple fitna qui veut dire discorde et eux ils vont traduire que c’est en fait des cafards, des mécréants. Des fois, le traducteur va vouloir déformer le sens du mot c’est-à-dire qu’il demande de tuer ce qui font la fitna et le traducteur va dire tuer les infidèles. Après fitna ne veut absolument pas dire infidèle dans le dictionnaire du coran et dans le dictionnaire arabe, mais la volonté est de le traduire ainsi.

G : maintenant cette grande discorde entre chiites et sunnites, elle leur permet de se traiter mutuellement d’infidèles.

L : Voilà, le mot fitna ne veut absolument pas dire infidèle mais 100 ans ou 200 ans plus tard au gré des discordes internes, il va prendre des sens diverses et variés.

O : Une illustration, le verset 193 de la sourate 2, la vache, qui dit « Et combattez-les à mort jusqu’à ce qu’il n’y est plus d’associations et que la religion soit entièrement à dieu seul. ». Si on regarde le texte arabe, ce n’est pas marqué association, c’est marqué fitna, dissension, discorde.

G : Pour les auditeurs de radio courtoisie, le mot association renvoie à l’incarnation, c’est-à-dire renvoie au fait que le Christ est Dieu comme le Père, et donc on associe deux dieux. C’est en tout cas ce que les musulmans nous reprochent, c’est un seul Dieu bien sûr. Enfin, ils nous reprochent d’être des associateurs. Et alors vous, vous dîtes que ce mot associateur en tout cas dans ce verset 193 de la sourate 2

L : C’est fitna, discorde, discension.

O : Derrière, ce dont on se rend compte, c’est que l’on ne lit pas le coran pour ce qui est écrit en fait. On lit le coran pour ce que les commentateurs ont voulu absolument faire croire. Et c’est toute la difficulté qu’on a même par rapport à l’islam, c’est qu’il faut se départir de tous les présupposés qui ont été instillés petit à petit, et je pense que pour les musulmans c’est évidemment encore plus difficile, pour essayer juste simplement voir ce qui se donne à voir, lire le texte pour ce qui est écrit et non pas pour ce co-texte pour les notes de lecture, pour les gloses qui sont entre crochets qui sont légions dans le texte coranique.

G : Donc, c’est cette entreprise de lecture du coran en lui-même que vous poursuivez Leila, et sur laquelle vous allez publier. Je serais tenté de vous parler quand-même un tout petit peu d’autres sources qu’on n’a pas encore invoquées qui seraient les sources grecques du coran.

L : oui ce serait pour tout ce qui est miracle d’embryologie, parce que les musulmans vont vous parler très longuement des miracles du coran comme si dans l’antiquité tardive toutes les civilisations étaient complètement idiotes et n’avaient aucune science et donc en fait les traités d’embryologie du coran sont à relier avec les traités d’embryologie des Galien (Note perso : né en 131 après JC (1)).

O : Galien c’est au second siècle

G : Galien est un célèbre médecin romain

O : Oui voilà, un médecin romain qui décrit les différents stades de formation sur l’embryon, et on va retrouver exactement la même pensée dans le coran. Et les concordistes dont le pionnier a été le converti (Note perso : à l’islam) Maurice Bucaille nous explique que le coran est un texte miraculeux puisqu’on y trouve dedans des pseudo

G : C’est important car ce livre de Maurice Bucaille, moi j’ai eu des musulmans qui l’ont invoqué auprès de moi comme étant une autorité démontrant la vérité de l’islam, et donc en particulier dans le livre « la bible, le coran et la science ».

O : Ce sont les fondements concordisme disant le coran est un texte miraculeux, la preuve, il contient des vérités scientifiques qui étaient impossible de déterminer à l’époque. Et quand on regarde un petit peu le détail des choses soit ce sont des vérités scientifiques qu’il était tout à fait possible de déterminer à l’époque et parfois même ce sont des erreurs scientifiques de l’époque du type les différents stades du développement de l’embryon.

L : L’embryon ne dépend pas que du sperme comme il est marqué.

O : Voilà l’ L’embryon ne dépend pas du sperme, on a oublié l’ovocyte, on y dit que les os se forment avant la chair. Et ça, ce sont les mêmes erreurs que l’on retrouve chez Claude Gallien, c’est le premier type. Et puis ensuite, il y a l’autre type, c’est-à-dire que l’on va « capilotracter » le texte, c’est-à-dire on va vraiment euh

L : délayer

O : on va vraiment délayer, délayer, délayer, faire dire au texte des choses qui n’y sont pas en fait. On va vouloir nous faire croire que le coran décrirait le big bang par exemple, ou le coran dit « n’as-tu pas vu que les fourmis parlent », qu’elles communiquent entre-elles, on va nous dire que c’est la preuve que les fourmis émettent des phéromones, des molécules chimiques, elles ont des antennes qui émettent et des antennes qui reçoivent, et que tout ça, ce n’est qu’au vingtième siècle que l’on l’a découvert. C’est de l’extrapolation pure et simple. Tout ce que cela nous montre, et c’est très intéressant, c’est la psychologie de certains musulmans, de beaucoup de musulmans. C’est-à-dire, qu’ils ne vont pas regarder le contenu du texte, il ne sert pas, ce n’est pas le texte en lui-même qui vient fonder la croyance, c’est la croyance qui veut contraindre le texte à rentrer dans son présupposé. Le présupposé est le coran est un texte miraculeux, donc ce qui est écrit est miraculeux, la preuve en forçant, en forçant, en forçant, on arrive bien à trouver quelque chose. Un autre type de ce genre de miracle, et là c’est triste et ça frise parfois au ridicule, ce sont les miracles dit numériques. Par exemple, vous avez un érudit qui va nous faire un traité sur le nombre 19 dans le coran et nous expliquer que 19 est un nombre magique ou miraculeux dans le sens où si on prend la sourate 19, tous les 19ième mots, il va se passer quelque chose. En fait on se rend compte que cet homme a passé sa vie à triturer le coran dans tous les sens pour y trouver des concordances numériques, et qu’à force, vu que le texte est énorme, il a fini par trouver des concordances numériques comme on en trouverait dans un grand texte comme l’odyssée d’Homère ou l’enfer de Dante, ou même dans un annuaire téléphonique. Dès que le texte est suffisamment vaste, n’importe quel type de concordance numérique on va en trouver. Est-ce pour autant un miracle ? Non, le phénomène que cela révèle c’est la psychologie de la personne qui veut y croire.

G : qui cherche le miracle. Est-ce que, Leila, je reviens à vous, vous vous faites discrètes, mais je voudrais que vous ayez le temps d’exposer vos recherches. Est-ce que vous auriez d’autres exemples à donner à propos des sources qui pourraient intéresser nos auditeurs ?

L : Oui, ce sont les philologues, ce n’est pas moi qui ait trouvé, c’est la sourate 18 qui évoque un voyage d’Alexandre le grand, car dans le coran ils vont parler d’Alexandre le grand sous un autre nom, Dhû-l-Qarnayn, c’est-à-dire celui qui porte des cornes, où il effectue un voyage aux confins su monde où il va construire un mur contre Gog et Magog. Donc, ce texte-là, tous les spécialistes montrent que c’est un texte, une copie d’un texte de commande d’Héraclius où Héraclius s’identifiait un peu à Alexandre le Grand suite à ses victoires contre les partes. Donc il s’identifiait à lui et c’était une commande qu’il a faite en 629. Donc les philologues ont dit que c’est le seul texte coranique, alors là ils sont absolument formels, ils disent que c’est le seul texte coranique qu’on peut certifier qu’il est postérieur à 629, puisque le texte source est de 629.

G : Alors qu’on nous dit dans la légende musulmane que le coran est de 622.

O : Non, non, non, on nous dit dans la légende musulmane que le coran a été révélé entre 610 et 632, et ensuite on va nous expliquer qu’il y a une chronologie de la révélation, si on l’appelle comme ça, c’est-à-dire que telle sourate a été révélé à telle année. Le problème est que cette fameuse sourate dont on parle a censé avoir été révélée non pas en 629 mais pendant la période mecquoise, c’est-à-dire avant 622.

L : Donc là il y a un problème de chronologie.

O : Le problème étant que si on commence à titiller en disant que la chronologie n’est pas bonne, si la chronologie n’est pas bonne alors la tradition qui la raconte n’est pas bonne, si la tradition qui la raconte n’est pas bonne, alors quelle confiance peut-on faire au reste de recueil de la tradition. Et tout s’effondre.

G : Il y a une espèce de tout ou rien au fond chez les tenants de l’islam. Il faut tout tenir où alors il ne reste plus rien.

O : L’islam est un bloc monolithique. C’est pour cela qu’on peut vraiment douter de la possibilité de la réforme de l’islam, c’est-à-dire d’une autre interprétation, d’une désacralisation d’une certaine partie des textes, la contextualisation des textes de violence.

G : C’est la perspective que je voyais possible, on en parlera si vous voulez dans la dernière partie de cette émission. J’aimerais encore vous entendre sur peut-être un ou deux exemples. Le dernier exemple que vous avez produit est tout à fait intéressant.

L : Oui, on peut parler aussi des sept dormants. Toujours dans la sourate 18, ils vont parler des sept dormants et c’est un thème qui a été repris par les dialogues islamo-chrétiens.

G : Oui Louis Massignon a écrit un livre sur les sept dormants.

L : Ce qu’ils oublient de dire c’est que c’étaient vraiment des homélies d’évêques du 6ième siècle, il y a des traces et des sources écrites de ces homélies en araméen où on évoque sept jeunes personnes qui vont se réfugier pour échapper aux persécutions anti-chrétiennes. La seule différence est que dans la version coranique, ils vont évoquer un chien alors que dans la version chrétienne, ils vont évoquer un ange. Alors les philologues se posent la question du comment on passe du chien à l’ange, alors ils disent qu’il y a un texte encore antérieur qui serait un texte source où il y aurait peut-être les deux l’ange et le chien, le chrétien pour développer le thème de la résurrection des corps ne va pas évoquer de chien et la partie musulmane utilise le texte pour son idéologie.

G : alors pourquoi le chien, alors que je crois que le chien est un animal suspect en islam à priori.

O : Je n’ai plus le détail en tête mais j’ai entendu une conférence de Guillaume Dye justement qui expliquait d’où venait ce texte des sept dormants dans l’islam et le coran, et pourquoi le coran a retenu le chien. Il expliquait très bien et montrait les sources exactes et les raisons pour lesquelles il y avait eu cette transformation ( Note perso : voir les 7 dormants d’Ephèse sur youtube  : https://www.youtube.com/watch?v=liED4jn7yNs )

L : Il y a aussi d’autres méthodes car ici on a parlé du fond, on peut regarder aussi au niveau de la forme. Si on regarde la sourate 19, les rimes sont toujours les mêmes, elles se finissent toujours par ya, et puis tout d’un coup il va y avoir une rupture de rime. Donc, au niveau de la forme les spécialistes vont dire là ce n’est pas normal, il se trouve que le fond et la forme vont ensemble parce que quand il y a une rupture de rime, on va trouver quelque chose qui va être complètement dans la doxa islamique, donc on voit que c’est une réécriture, une utilisation de textes au fur et à mesure des siècles.

G : alors justement, beaucoup de locuteurs arabes insistent sur la beauté du coran, sur la beauté de la langue arabe utilisée dans le coran qui serait une preuve par elle-même de l’inspiration divine du coran. Est-ce que vous avez sur ce thème quelque chose à dire ?

O : c’est vrai pour ce qui est de la beauté de la langue, quand on goûte la saveur de la langue arabe, effectivement c’est assez beau. Moi je me souviens de mon arrière-grand-père, c’est une tradition qu’on a dans la famille, il était un grand polyglotte et dont le grand plaisir était la lecture du coran le soir et qu’il goûtait en linguiste la beauté de la langue et de l’écriture. Mais derrière cela correspond à tout ce qu’on vient de dire à savoir le coran est un des textes le plus travaillé qui soit. Déjà il prend ses sources dans des textes de tradition orale qui ont été faits pour être appris par cœur, cantillé, chanté, récité. Certaines prières sont quasiment comme les psaumes en fait. Il y a une tradition de transmission orale dans les textes sources, et ensuite dans le travail de constitution du coran, il y a également toute une entreprise, une élaboration, une amélioration continue du texte. Tout s’explique. Enfin il y a un dernier point, le coran est le premier grand texte de la littérature arabe.

G : Il y a peu de choses écrits antérieurement ?

L : Il n’y a quasiment rien

G : la langue arabe, je prends cet exemple en tant que prêtre et en tant que chrétien, il en est question à la pentecôte parce que le Saint Esprit s’exprime dans toutes les langues des gens qui étaient présents sur la place du cénacle où a lieu la descente du Saint esprit. Chacun les attendait parler dans sa propre langue, et une des dernières citées, c’est arabe.

L : En Langue orale elle existait.

O : Tout le problème est de retrouver ce qu’a pu être une oralité d’y il y a 1400 ans, alors qu’on n’a pas de témoignages écrits pour en attester.

L : Les plus vieilles inscriptions arabes datent de 328 en épigraphie en Jordanie. Donc on trouve des textes en arabe mais c’est souvent mélangé avec du nabatéen ou de l’araméen.

O : La langue arabe écrite s’est constituée à mesure que s’est constitué le coran, c’est-à-dire qu’il y a eu une entreprise d’écriture du coran sur plusieurs siècles qui est concomitante avec celle de l’élaboration de la façon d’écrire l’arabe. C’est-à-dire que vont travailler des calligraphes qui vont inventer des lettres, inventer des accents pour pouvoir séparer les lettres les unes des autres, vont travailler des grammairiens qui vont fixer la langue, un peu comme l’académie française ou l’édit de Villers-Cotterêts.

G : oui il faut une volonté politique pour que la langue puisse porter tous ses fruits, c’est vrai dans l’histoire du français, c’est donc vrai dans l’histoire de l’arabe. Les califes entreprennent la rédaction du livre.

O : les califes entreprennent la rédaction du livre et la constitution, la formalisation, la fixation de la langue écrite et donc derrière la fixation aussi un petit peu de ses formes orales. Le coran étant le premier grand texte de référence, il est celui qui donne la référence de la langue et donc derrière, on y trouve une beauté à cause de ça, il est le maître étalon. Il y a des expressions qu’on dit en arabe dont on trouve la source uniquement dans le coran parce que c’est au moment de l’application du coran que l’expression a été faite comme ça. Et ça va même au point d’avoir fixé le sens des mots, il y énormément de mots dont on a fixé le sens. Je vous avais parlé tout à l’heure d’une importante proportion d’hapax legomenon c’est-à-dire de mots ou de formes qui n’ont qu’une seule occurrence dans le coran. Je crois qu’il y a une forme sur 7 dans le coran qui est un hapax, c’est considérable.

L : 25% je pense d’après Samuel (Dib ?).

G : Cela dénote aussi une langue extrêmement travaillé.

O : pas tant que ça, en fait la plupart des sources du coran était écrit en araméen, venait d’une culture syro-araméenne, et l’interprétation s’est faite non pas dans le milieu de Damas ou dans le milieu Syrien du Mahomet d’origine qui était en Syrie avec les judéo-nazaréens, mais elle s’est faite à Bagdad, à Bagdad avec des arabes et des persans qui avaient complètement perdues les racines araméennes. Et donc ils se sont retrouvés avec un texte qu’ils ne comprenaient plus parce que ce texte comprenait notamment beaucoup de translitérations en alphabet arabe de mots araméens. Et à partir de ce moment-là, ils ont essayé de donner un sens à des choses qui n’en avaient pas.

G : On est très loin du coran incréé

O : Il s’agissait de donner un sens qui n’en avait pas et aussi de donner le sens que l’on voulait.

G : Leila vous avez un exemple.

L : Deux petits exemples, un sérieux et un pas sérieux. Pour l’exemple pas sérieux, la sourate 56, verset 28, ils vont parler des bananiers, donc taalim. Donc sur ce mot là, j’ai fait des recherches avec des professeurs d’arabe, on a fait une recherche dans les sources arabes, ce mot là veut dire acacia. Ça serait d’autant plus logique que des bananes au 6ième siècle en Arabie, j’ai fait une recherche géographique, c’est déjà difficile de faire pousser des oliviers alors c’est d’autant plus difficile avec des bananiers. C’est encore plus vrai que la racine arabe ne désigne pas ce mot là, Il y a un autre mot en arabe avec une racine latine mus pour dire banane, du coup la traduction des bananiers au paradis paraît un peu étrange. Le mot sérieux, c’est concernant le mot furqane qui existe en araméen qui veut dire le salut et qui est le nom de la sourate 25, justement l’équipe Abbasside va traduire par un autre mot, par le mot discernement. En fait dans le coran, il y a le mot salut si on se réfère à la source araméenne mais les traducteurs postérieurs effacent le salut pour parler d’une autre notion théologique qui serait le discernement.

G : si je vous suis bien le salut chrétien, salut que l’homme ne peut pas obtenir par lui-même parce qu’il est la divinisation de l’homme c’est cela le salut, est transformé en un discernement que là l’homme peut tout à fait opérer.

L : Donc il y a un effacement des notions judéo-chrétiennes.

G : Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu du fond de votre thèse sur l’alliance, on est très proche de la thématique du salut avec la thématique de l’alliance. Par exemple dans la parole de la consécration du sang du Christ, « Le sang de l’alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour beaucoup en rémission des péchés », donc l’alliance c’est le salut.

L : Etant donné que la notion de salut a été complètement effacée, escamotée, il y a une d’autres notions qui ont été complètement escamotée, c’est la notion d’Esprit Saint. Dans le coran, il va y avoir 19 fois je crois ruh al-Qudus, c’est-à-dire l’Esprit Saint, mais la traduction va dire Gabriel, donc là aussi, c’est pour on va dire casser, pour faire une transformation.

G : Mais alors quelle traduction, ruh al-Qudus c’est de l’araméen ?

L : En arabe, c’est l’Esprit Saint, mais dans la traduction française, les traducteurs vont marquer Gabriel à côté.

G : Ils ont peur de l’Esprit-Saint alors ?

L : oui, quand ils entendent ruh al-Qudus, pour eux c’est l’ange Gabriel. Alors dans un premier temps, ils ont enlevé un article pour dire l’esprit du saint, donc petit à petit ils effacent l’Esprit Saint. Toutes ces notions d’alliance, d’Esprit Saint et de salut vont être en fait diluées et escamotées par des artéfacts de traduction et des artéfacts de graphologie.

G : Et vous pensez que ces thèmes, on pourrait les retrouver dans la lettre dans le texte du coran. Ça peut être évidemment un instrument considérable pour le dialogue.

L : Oui, Olaf vient d’en retrouver une sourate. Olaf, c’est à toi l’honneur de la lire. C’est la sourate 19.

O : Celle qui nous parle de l’annonciation à la musulmane et de la conception de Jésus : elle mit entre elle et eux un voile, nous lui envoyâmes notre esprit. Et là on glose le texte pour le faire comprendre, notre esprit ce n’est certainement pas l’Esprit Saint puisque la glose dit : c’est l’ange Gabriel qui se présente à elle sous la forme d’un homme parfait.

L : Par contre, dans le texte en arabe on a bien Ruah, donc Ruah c’est l’esprit.

G : on est bien évidemment devant le thème chrétien de la Vierge qui a conçu du Saint Esprit.

L : Oui, pour effacer cette notion judéo-chrétienne, il faut transformer

G : Et pour dire que Dieu est absolument seul et unique, et qu’il n’y a pas d’autre dieu que dieu, et qu’il n’y a pas trois personnes en Dieu.

L : ça, même le père Gallez dit qu’il y a encore des traces de trinité dans certaines sourates.

O : ça à voir je pense avec l’histoire pour le coup, la pensée directive du mouvement qui a donné lieu à l’islam est vigoureusement anti trinitaire, c’est-à-dire que pour elle Jésus n’est pas dieu, le Saint-Esprit n’est pas dieu. Mais quand ils ont agrégé des arabes à leur mouvement, je parle des judéo-nazaréens, ils sont tombés sur des arabes chrétiens, des arabes chrétiens monophysites aussi, et ils ont dû faire copain-copain avec eux, et peut-être mettre un peu d’eau dans leur vin pour ce qui était du statut de Jésus ou accepter que ces arabes-là ne pensent pas comme eux. Et donc on se retrouve comme cela avec des influences composites qui ajoutent encore à la contradiction en fait.

G : Oui c’est très frappant, je n’ai pas le texte en main et je n’avais pas imaginé en parler ce soir, mais il me semble que certains textes du coran et en particulier de la sourate 19 disent la divinité du Christ ou disent que le Christ c’est l’Esprit d’Allah par exemple.

L : Ah oui, c’est la sourate 3 (3,45-47) donc il est le « Kalimat Allah », c’est-à-dire la parole, le verbe de Dieu. Et donc là, ce sont les commentateurs musulmans, les savants musulmans qui ne sont pas d’accord entre eux, il y en a certains qui vont interpréter d’une certaine façon, d’autres

G : C’est énorme le verbe de dieu. J’en ai parlé avec le recteur de la mosquée de Bordeaux, Tareq Oubrou dans un débat public ( http://www.egaliteetreconciliation.fr/Catholiques-et-musulmans-partenaires-ou-adversaires-22928.html ) et cela m’avait beaucoup frappé parce que j’ai trouvé que sa défense était beaucoup moins ferme que je m’y attendais. Je lui ai dit il me semble que dans le coran tel verset affirme quelque chose que nous chrétiens on lit comme la divinité du Christ.

L : D’autant plus que le mot qui est juste avant la kalimatin, ça je l’ai remarqué dans ma thèse, la racine c’est bashar, c’est-à-dire la racine bashar c’est la bonne nouvelle. Donc l’ange annonce la bonne nouvelle de la Parole de Dieu en Marie, voilà ce qui est marqué en arabe : la bonne nouvelle de la Parole de Dieu en Marie.

G : A ce moment-là, on remonte à l’évangile de Jean, au commencement était le Verbe et le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous. Et on est vraiment dans le dogme chrétien. On a l’impression qu’il s’en faut d’un cheveu pour que le coran n’affirme pas de ci ou là en vertu de ses sources antérieures peut-être non assez rabotées la divinité du Christ. Parce que comme il y a des sources antérieures, on ne contrôle pas le texte à la lettre et il y a comme un oubli dans la citation que vous suggérez Leila

L : La bonne nouvelle de la parole de Dieu en toi.

G : mais il me semble que le verset que j’avais trouvé avait aussi l’Esprit de Dieu.

L : Oui, il est les deux, en fait Jésus est à la fois la Parole de Dieu, le Verbe de Dieu et l’Esprit de Dieu. Donc c’est une christologie très particulière.

G : Voilà, dire le Christ est l’Esprit de Dieu, on est très très proche de la trinité.

O : On est très proche de la trinité, tout cela rend compte de ce qu’étaient les judéo-nazaréens. Derrière si on plonge dans l’histoire, si on remonte le fil, on en arrive à l’exacte moment de la divergence entre judéo-chrétiens et judéo-nazaréens. Et derrière il y a des conceptions communes, Marie est vierge, elle a conçu du Saint-Esprit, elle n’est pas mère de dieu en revanche.

G : Alore, Mère de Dieu, J’ai reçu il y a quelques semaines à ce micro le père Humblot qui est un prêtre du prado tout à fait étonnant qui a pris la nationalité iranienne, c’est quand même peu commun un prêtre catholique qui a reçu la nationalité iranienne, et qui disait le problème est que l’expression Mère de Dieu qui remonte au concile d’Ephèse en 431, si elle est exacte pour des grecs et des latins, pose problème pour les orientaux qui n’étaient pas justement à ce concile d’Ephèse. Donc au fond, il préfère dire la mère d’un Fils qui est le Fils de Dieu ou quelque chose comme ça, donc des expressions assez proches.

O : Mais pour revenir à notre affaire, ce terrain commun dont il est question, il est d’une certaine façon encore le terrain commun que l’on peut avoir avec des musulmans et qui forment les vrais bases d’un dialogue fructueux.

G : c’est ça

O : le terrain commun est le constat du monde livré à l’empire du mal qu’on partage avec les musulmans, et il faut discuter de cela avec eux.

G : oui mais on n’a pas le même sens du mal c’est-à-dire que pour un chrétien, il y a cette mystérieuse alchimie de la croix qui transforme le mal, qui transforme la souffrance du Verbe de Dieu en preuve ultime d’amour et en bien suprême. Alors que vous savez que dans le coran, le Christ au dernier moment est remplacé par un autre sur la croix. Le christ ne meure pas sur la croix et donc le sens du mal devient complètement différent.

O : Il y a une question anthropologique mais là-dessus, on peut aller interroger les musulmans également. Il y a une négation du péché originel de la réalité anthropologique et empirique du péché originel dans l’islam. Le péché originel, il n’y a pas besoin pourtant d’être un croyant pour savoir ce que c’est, le péché originel c’est l’inclination au mal qui est au cœur de chaque homme.

G : le mal est plus facile à faire que le bien.

O : Derrière un musulman, même s’il ne croit pas au péché originel, il peut se rendre compte

G : et pourtant le mal est plus facile à faire que le bien, et pourtant le bien est le premier conçu et le premier aimé en chaque homme. En tout homme, il y a une velléité du bien, puisque Saint Augustin lui-même qui était pourtant un pessimiste appelle la bonne volonté qui est à l’origine dans tout homme.

O : On voit aussi que la liberté de l’homme n’est pas totale devant le bien et le mal et que on ne peut pas choisir si librement que ça de faire le bien ou de faire le mal, c’est ce que dit Saint Paul : je fais le mal que je ne veux pas faire.

G : et je ne fais pas le bien que j’aime.

L : Cette citation de Saint Paul est reprise au compte de Abou Bakr dans des hadiths. Dans des hadiths, on retrouve cette citation de Saint Paul mais attribué à Abou Bakr.

O : Derrière il faut aller interroger les musulmans sur le fait que le mal est avant tout en soi, regarde d’abord la poutre qui est dans ton œil avant de voir la paille chez ton voisin. C’est la Parole du Christ, c’est empirique, anthropologique, parce que chez les musulmans, le mal est avant tout est extérieur. L’histoire du coran comme il est déformé dans le coran, ce n’est pas l’homme qui choisit de faire le mal, c’est Satan qui le lui fait faire entièrement, toute la responsabilité en retombe sur Satan et rien sur Adam. Il n’y a pas de péché originel, et derrière cela justifie que le monde pourrait se séparer en deux camps, les bons et les méchants, les musulmans et les non musulmans. C’est l’idée des judéo-nazaréens, les purs et les impurs en fait. Et derrière cette idée est absolument destructrice. Elle porte en elle en germe la justification morale de toutes les persécutions, si je ne suis pas semblable à mon prochain,

G : et je dirai de tous les génocides.

O : et jusqu’au génocide, la justification morale est posée et derrière même le musulman le plus gentil du monde, s’il croit qu’il n’est pas pareil que son voisin, il ne faudra pas grand-chose pour le persuader d’aller persécuter ce voisin. Quand on parlait de réforme de l’islam tout-à-l ’heure, c’est à ce niveau-là qu’il faut aussi porter les choses, mais alors cela impliquerait de transformer de fond en comble cette religion. Et derrière, qu’est-ce que ce serait, tout s’effondrerait.

G : C’est ça, vous me disiez je doute de la capacité de réforme de l’islam, et en même temps, lorsqu’on parle un peu théologie, lorsqu’on aborde tel ou tel verset du coran, on se dit si des spécialistes du coran pouvait discuter avec des théologiens chrétiens, ils se rendraient compte que du point de vue de leur foi, la foi coranique a été incontestablement antérieurement une foi chrétienne ou judéo-chrétienne, avec ce signe extraordinaire de Marie.

O : Ce n’est pas la même Marie, il faut faire attention. La Marie qui donne naissance à Jésus musulman ne peut pas être la même Marie que la Marie qui a donné naissance à Jésus chrétien. Chez nous chrétien, on vénère Marie parce qu’elle est mère de Dieu. Vénérer une Marie qui n’est pas la mère de Dieu, c’est de l’idolâtrie pour les chrétiens. Donc derrière il faut faire attention parce que

G : oui mais la reconnaissance de la virginité de Marie par les musulmans est tout de même comme un préambule à la reconnaissance de la divinité du Christ. Pourquoi le Christ est né d’une mère vierge, pourquoi Mahomet, ce n’est pas du tout le cas ? Tout simplement parce que Mahomet est juste pour eux, un prophète et un homme, tandis que le Christ est plus qu’un homme.

O : Oui moi je vous dirai monsieur l’abbé que devant l’expérience de contact avec des musulmans, je me suis rendu compte hélas, qu’on n’arrive pas à discuter du passé, c’est-à-dire des textes, des conceptions qu’on hérite chacun de nos religions, je n’arrive pas à discuter de ça avec des musulmans parce que pour eux ces choses ne se discutent pas, elles se reçoivent d’un bloc.

G : Oui c’est le caractère incréé du coran, c’est toujours la même chose.

O : on parle du coran, on va dire mais tel commandement du coran est insupportable.

G : Et on passe très vite et horriblement facilement du caractère incréé du coran au caractère incréé de mes préjugés.

O : Mais il faut faire attention parce que, à constater cela, on en viendrait facilement à tomber dans une forme de fatalisme. Ils sont comme çà, ils sont entièrement déterminés par leurs textes, les chrétiens sont comme ça ils sont complètement déterminés par leurs textes, les rousseauistes sont comme ça ils sont déterminés par la lecture de Rousseau,

G : ou les marxistes par celles de Marx

O : à ce moment-là, on n’a plus rien à se dire, on n’a plus qu’à se faire la guerre, et je ne suis pas d’accord avec ça.

G : Il faut bien revenir sur les textes, vous êtes bien d’accord que c’est bien un aspect de la mission que vous vous êtes donnée.

O : Ce sera plus productif et plus efficace avec les musulmans en leur parlant de l’avenir et non pas des textes. On peut parler des textes également, comme je vous dis les textes appartiennent au passé, alors que l’avenir nous intéresse tous, et on peut porter sur l’avenir un regard intéressant.

G : Alors ce serait si vous le voulez la dernière petite partie de cette émission, qu’est-ce qu’on peut faire avec ces études du coran et comment est-ce qu’on peut approcher les musulmans et les aider peut-être à évoluer dans le regard qu’ils portent sur le coran.

O : alors je vous dirai que les études de textes et des commandements sont très intéressantes pour les non-musulmans qui doivent se rendre compte de ce que c’est l’islam. L’islam n’est pas forcément ce qu’on en a dit, cette religion de paix, d’amour, de tendresse presque : non pas tout à fait et même loin de là. Il faut pouvoir mettre son nez dans les textes et comprendre qu’ils fondent chez les musulmans, du moins les musulmans croient que leur foi est fondée dessus, et donc derrière ils conditionnent beaucoup l’islam comme il se présente à nous, mais il ne faut pas s’en arrêter là car on tomberait dans l’attitude fataliste dont je vous ai parlé, il faut comprendre par l’étude historique qu’il y a quelque chose de bien plus profond que les textes eux-mêmes qui est à l’œuvre dans l’islam, cette croyance qui remonte au premier siècle, elle était là sans qu’il y est de coran, sans qu’il y est de hadiths, sans qu’il y est de Sirah en fait.

G : Alors c’est cette croyance dans le retour de Jésus.

O : Alors une croyance dans le retour de Jésus, une attitude de scandale devant le monde livré au mal et l’espérance qu’un jour le monde sera complètement délivré du mal. Et avec ces ingrédients-là qui sont ce que nous chrétiens partageons avec les musulmans, on peut aller discuter avec eux.

G : oui mais est-ce que nous nous partageons cette idée d’un monde entièrement délivré du mal, justement ?

O : Alors interrogeons surtout les chrétiens occidentaux, chez les orientaux, ils ont gardé cela chevillé au corps, mais c’est dans le credo : Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin. Qu’est-ce que ça dit au chrétien aujourd’hui cette partie du credo.

G : ça veut dire qu’on revient au règne de mille ans auquel il est fait allusion dans l’apocalypse, c’est une allusion vraiment brève dans l’apocalypse.

O : Paul je crois et Jean en parle également, il est question d’un règne de mille ans et ensuite le Christ remettra la royauté à son Père, et là enfin la création rentrera dans la gloire. Mais ce sont les chrétiens qu’il faudrait interroger parce qu’on a complètement mis de côté cette dimension eschatologique de la foi chrétienne, on a complètement mis de côté le sens chrétien de l’histoire. Et d’avoir escamoter en quelque sorte cette dimension essentielle de la foi, pour moi la foi marche sur deux jambes : la relation personnelle à Dieu et la relation du monde à Dieu. Et si on enlève cette deuxième jambe, on se casse un peu la figure en fait.

G : Oui Dieu est maître de l’histoire, Dieu conditionne les évènements historiques, et au fond la véritable sagesse, le concile Vatican II l’a rappelé, consiste à observer les signes des temps, c’est-à-dire à essayer de comprendre en quoi ce que nous vivons a quelque chose de providentiel. Malheureusement, Vatican II est arrivé en plein 30 glorieuses, donc on était dans le progressisme le plus échevelé, et les signes des temps étaient systématiquement positifs.

O : Oui, ou du moins, on voulait les lire comme ça.

G : on s’est rendu compte 30 ans plus tard que ce n’était pas tout à fait ça et Gaudium et spes est quand même un des textes les plus vieillis le plus obsolète du concile. Ce texte sur l’église dans le monde de ce temps, et bien, le monde de ce temps, on a déjà changé de temps et en tout cas on a changé d’esprit du temps, on n’est plus dans l’optimisme démentiel des années 60-70.

O : Le concile n’a pas parlé du sens chrétien de l’histoire. En revanche, chez certains théologiens qui ont peut-être trop peu d’influence au concile, on peut penser à Ans Urs von Balthasar par exemple dont je ne suis pas un spécialiste non plus, mais en travaillant avec le Père Edouard Marie Gallez qui est lui-même théologien, on comprend un peu ce qu’est le sens chrétien de l’histoire. L’histoire en fait, elle débute et c’est assez intéressant parce que d’un point de vue administratif où du moins on l’a fait débuter à ce moment-là, à la naissance de Jésus-Christ ou tout du moins à la révélation chrétienne, et elle débute à ce moment-là dans le sens où l’histoire c’est l’affrontement

G : elle débute comme histoire, vous voulez dire, comme aventure ayant un début, un milieu et une fin,

O : voilà exactement. Auparavant on était dans une représentation cyclique. Qu’on soit à Rome, chez les indiens ou chez les chinois, on vivait dans des mythologies cycliques où les choses se répétaient. L’histoire commence quand Jésus-Christ dit que le mal n’est pas une fatalité, on ne porte pas soi-même le fardeau de ses péchés, on peut en être libérer, on ne porte pas le fardeau du mal, on n’est pas comme Pharaon lors de son jugement à lui lors duquel on pèse l’âme, c’est-à-dire tout le poids du mal qu’il a fait de toute sa vie et tout le poids du bien qu’il a fait de toute sa vie d’un côté et de l’autre. Jésus nous dit, vous pouvez être libérer du mal, donc il y a une possibilité d’un nouveau départ. Et c’est la même chose pour une société, une société peut se déployer et peut envisager un destin à travers les siècles en fait.

G : par la foi

O : par la foi, oui. C’est-à-dire qu’elle n’est plus liée à ses représentations cycliques, à ses fonctionnements de cycle. C’est ce que Lévi Strauss a vu de façon empirique chez les sociétés primitives, on va dire premières aujourd’hui, quand il a écrit le livre « horloges et machine à vapeur ». L’horloge, c’est la société primitive où tout se répète tout est stable, et la machine à vapeur, c’est la société moderne et elle n’est pas qu’occidentale, c’est la société et René Girard ne me contredirait pas, c’est la société qui a arrêté de pratiquer les sacrifices, qui n’a plus en elle-même les mécanismes pour contenir le mal à l’intérieur d’elle-même et qui est lancé à toute vapeur sur la frise de l’histoire jusqu’à la fin des temps. Mais pour revenir à ce que serait le sens chrétien de l’histoire, moi je le vois comme la diffusion de la révélation à l’ensemble du monde, et derrière le Christ nous dit que le jugement de la fin des temps, il le dit dans les écritures, ce sera le fait que les hommes à ce moment-là se seront entièrement prononcés dans l’humanité pour ou contre Lui-même. Et donc l’histoire comme on peut la lire à partir de cette constatation-là, ce sont les convulsions entre d’un côté les partisans de la révélation, ceux qui diffusent la révélation, et de l’autre ceux qui n’en veulent pas, ceux qui ne savent pas encore et ceux qui n’en veulent pas. Il viendra un moment où le monde entier se sera déterminé, pour ou contre. On n’en est peut-être pas si loin, mais on n’y est pas encore. Il y a énormément de gens qu’ils soient chrétiens ou non chrétiens ou anti-chrétiens même, qui ne savent pas qui est le Christ et qui ne se sont pas déterminés pour ou contre Lui. Viendra un moment de révélation où les choses se révèleront petit à petit.

G : Est-ce que vous ne croyez pas que cette révélation, là on est vraiment dans la théologie chrétienne et plus dans la théologie musulmane mais peu importe, elle s’effectue après la mort au fond. C’est-à-dire que je suis très frappé du texte de Matthieu 25 sur le jugement dernier, manifestement là il y a une prise de conscience puisque la question que posent les bons et que poseront ensuite les méchants au Christ, c’est mais Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim ou avoir soif. Il me semble que là on a une révélation. Le bien qu’on a fait, on l’a fait toujours dans une forme d’obscurité, le bien n’est pas quelque chose de rationnel, de clair de net de précis, on fait le bien dans une forme de foi qui signifie l’obscurité de notre condition, mais ce don qu’on va faire à l’autre quel qu’il soit, on en ignore la portée réelle, et on en ignore le caractère divinisant. Et là il y a vraiment il me semble la révélation ultime du sens du bien.

O : Ça je vous dirais c’est la dimension personnelle de la foi.

G : et qui se trouve très clairement dans l’évangile. Donc le Christ gère son royaume d’une manière intégralement personnaliste. Alors maintenant vous avez vous, c’est l’aspect théologique de l’œuvre du père Gallez dont vous êtes le porte-parole en quelque sorte, et ça m’intéresse de voir un peu avec vous le sens de cette théologie collective et de cette idée du millénaire de paix qui arriverait sur la terre.

O : Sur les modalités très précises, je suis moins callé que lui, je le suis moins que lui de façon en général c’est sûr.

G : Vous apportez beaucoup à son œuvre par la clarté de vos exposés, lui est un découvreur, lui est un chercheur, et vous vous êtes quelqu’un qui transmet.

O : Moi ce que je comprends de son travail sur les fins dernières du monde, pas les fins dernières personnelles même s’il a aussi travaillé sur ce sujet-là, c’est qu’il ne s’agira pas d’un jugement avec tambour et trompettes et jésus qui va redescendre pour juger physiquement en disant, toi tu vas à droite, toi tu vas à gauche, telle nation tu vas à droite, telle nation tu vas à gauche, le jugement procède de soi et derrière des groupes eux-mêmes. Est-ce que je suis pour ou contre le Christ ? Et j’aurais voulu surtout rapporter ça aux musulmans et à l’islam.

G : Nous renvoyons à une émission ultérieure les élucidations sur ce sujet. Merci beaucoup Olaf de votre présence efficace, merci à Leila Qadr qui a dû nous quitter. Et chers amis auditeurs, je vous dis à dans 15 jours.

Référence bibliographique

Les 3 visages du Coran (Leila Qadr, Arrun Amine Saad Edine), Éd. de Paris (août 2016).

Le grand secret de l’islam (https://legrandsecretdelislam.com/, http://www.livresenfamille.fr/p10724-olaf_le_grand_secret_de_islam_2eme_edition.html, …)

 

Ce que dit vraiment l’histoire de l’islam – partie 1

Cet article retranscrit intégralement un entretien radiophonique tant il est très instructif d’Olaf et de Leila Qadr interrogés sur l’islam par l’abbé Guillaume de Tanouärn. En lisant, vous comprendrez les origines de l’islam et sa formation, pourquoi les musulmans ne boivent pas de vin mais pourront en boire au paradis, quelles sont les différences entre le messianisme musulman et le messianisme chrétien, ceci permet de comprendre certaines de leurs réflexions comme « l’islam est la vraie religion, la preuve est qu’elle a conquis rapidement des empires et développé une grande civilisation ». Vous comprendrez pourquoi les musulmans se battent entre eux dès les origines au nom de leur foi. Ceci permet aussi d’éclaircir en partie la lecture du coran en le resituant dans son contexte d’origine.

Pour le dialogue ci-dessous, G désigne l’intervention de Guillaume de Tanouärn , O de Olaf et L de Leila Qadr.

G : Chers amis bonjour, bienvenu au Libre Journal de Chrétienté, cette émission portera exclusivement sur un seul thème. Le gros avantage de Radio Courtoisie, c’est qu’elle donne le temps à ses intervenants, les intervenants ont pleinement la liberté d’exposer leurs idées, leurs thèses, leurs analyses, leurs recherches. Cette fois j’ai voulu choisir un thème fondamental pour notre avenir à tous qui est celui des origines de l’islam. Thème que nous aborderons, non pas en faisant confiance à la légende comme souvent les orientalistes ont fait confiance à la légende musulmane, thème que nous aborderons du point de vue de la science et de ce que nous pouvons savoir scientifiquement du coran, de la vie de Mahomet et des premiers siècles de l’histoire de l’islam. Ce thème est fondamental pourquoi ? Parce que pour un musulman, le coran apparaît avant tout comme un livre divin, on peut dire par rapport à nous chrétiens qui croyons en la divinité du Christ, qui croyons que Jésus est vrai homme et vrai Dieu, on peut dire que les musulmans croient en quelque sorte en la divinité du coran. Pour eux le coran est un livre incréé (Note personnelle : selon la tradition musulmane qui date de l’an 1019 sous le calife Al Qadir et qui ferme toute recherche sur le coran), c’est l’expression qu’ils utilisent mais qu’est-ce qui est incréé sinon le créateur ? Un livre incréé qui porte une parole que l’on ne peut évidemment pas critiquer puisque c’est la parole même de dieu. Pour un chrétien, la bible est inspirée mais chaque auteur a son tempérament, ses limites et sa manière de s’exprimer. S’il y a quatre évangiles, je prends juste cette exemple très simple, même si nous avons l’expression « parole d’évangile », n’empêche la Parole de l’Evangile est une parole libre sur laquelle on peut réfléchir ne serait-ce qu’en la mettant en perspective avec les textes parallèles des trois évangiles (synoptiques). Donc cette parole libre et librement interprétable, elle a subi évidemment l’assaut de la Science avec un grand S du scientisme et des scientistes qui sont souvent plus petits que la science elle-même, et finalement en deux siècles d’histoire critique, on peut dire que notre Evangile ne s’en tire pas si mal et que son évidence demeure pour tous ceux qui acceptent de lire, je dirai seulement de le lire. Il faudrait que le Coran subisse la même épreuve du feu parce qu’il ne l’a pas subi parce que la plupart des orientalistes s’exprimant à son sujet n’osent pas remettre en cause la légende musulmane. J’ai en face de moi deux personnes qui chacun avec ses talents et sa puissance de travail ont été capables de remettre en cause la légende musulmane sur le coran pour dire ce que scientifiquement on pouvait savoir de ce livre sacré et de ce livre soi-disant incréé. Ce livre incréé dont on s’aperçoit qu’il a des sources et une histoire, et qu’il y a des corans modifiés dont on peut encore lire sur les textes des parchemins les modifications. Tout cela est très important beaucoup plus que les musulmans qui nous écoutent que pour les chrétiens parce que cela permet de relativiser la parole divine et si on la relativise d’essayer enfin de la comprendre, en essayant de comprendre ce qu’on lit.

Ces deux personnes que j’ai en face de moi, je vous les présente, honneur aux dames, Leila Qadr, vous êtes doctorantes, vous préparez une thèse sur l’alliance dans le coran, mais vous avez beaucoup travaillé sur la question des sources coraniques.

L : Les sources du Coran qui sont en intertextualité avec le sous-textes biblique, donc il y a quelques Guillaume Dye qui travaille sur le sujet et des publications récentes sont disponibles actuellement.

G : Donc vous nous donnerez des exemples de citations ou même, c’est encore plus flagrant, d’erreurs de citations au passage d’une langue à une autre, etc. , vous verrez chers amis auditeurs que c’est tout à fait passionnant, en quand vous sortirez de là, vous vous direz effectivement le coran est un livre comme les autres qui a des sources, qui a des origines, qui a une rédaction difficile qui a pris du temps. Et j’ai en face de moi Olaf qui est bien connu des auditeurs de radio Courtoisie pour son petit ouvrage, Olaf a écrit le grand secret de l’islam. Il a véritablement le don pour démocratiser les auteurs qu’il lit et pour les rendre accessibles. Il a un don de vulgarisateur qui est tout à fait remarquable. Nous avons ensemble trois heures, trois heures pour une approche précise d’un sujet qui est culturellement essentiel. Il faut que beaucoup de gens comme vous ait le courage d’aborder le coran d’une manière scientifique. Comme dit Aristote le commencement est plus de la moitié du tout, vous avez fait plus de la moitié du travail, mais il faut encore que beaucoup se lèvent et qu’on fasse connaître aussi des travaux de chercheurs qui sont ensevelis sous leurs recherches. Je pense à cet Allemand Luxenberg qui est un chercheur extrêmement pointu (Note personnelle : voir cet article du père Gallez « Une lecture araméenne du Coran confirmé par le Truc » http://www.lemessieetsonprophete.com/annexes/Luxenberg_s19-24_turc.PDF )

O : Oui, il est moyen-oriental, mais il travaille en Allemagne, il a publié en Allemand.

L : Et ça a été traduit en anglais, il y a une traduction récente en Anglais.

G : vous pouvez citer d’autres noms de chercheurs.

O : Oui le père Edouard-Marie Gallez qui a publié une thèse assez monumentale le messie et son prophète en 2004 dans la collection Studia Arabica (1), lui-même ne fait qu’une forme de synthèse de l’ensemble de l’islamologie scientifique qui s’est développé depuis la fin du 19ième siècle. En particulier on peut retenir Patricia Crone qui a fait un énorme travail sur la Mecque, sur la tradition musulmane elle-même, sur la croyance qu’était celle des proto-musulmans de Mahomet, pourquoi est-ce qu’ils sont allés à Jérusalem par exemple. On peut penser à Manfred Kropp qui est un allemand de … j’ai oublié l’endroit où il était (Note personnelle : de Ludwigshafen)  il a travaillé sur la langue.

L : sur l’araméen notamment parce qu’il y a beaucoup de problèmes par rapport aux traductions du Coran, il met en évidence que ce sont au niveau des traductions que se construit le dogme islamique parce que les scribes et les penseurs qui ont écrit le Coran était de langue maternelle araméenne. Donc ils écrivaient, ils pensaient en araméen tout en utilisant le script de l’arabe.

G : Donc vous nous montrerez des mauvaises traductions de l’araméen à l’arabe qui prouve que l’arabe du coran peut-être une traduction de l’araméen.

L : Voilà, il montre Manfred Kropp que beaucoup d’inscriptions notamment au dogme du rocher peuvent être lues autrement que selon la tradition islamique qui y voit une apologie de Mahomet, lui il voit une apologie de Jésus.

G : Qu’est-ce qu’il faut penser d’un penseur comme Alfred de Prémare par exemple ?

O : C’est lui qu’il faut réciter après Patricia Krone au titre des premières sources que sont celles du père Gallez. C’était un homme remarquable, un grand arabisant, très grand connaisseur du sujet et qui a contribué à mettre au jour des témoignages contemporains de la conquête Arabe non arabes ou plutôt non musulmans. On se rend compte qu’il y a eu tout un travail de destruction par les califes eux-mêmes des témoignages historiques et religieux, c’est-à-dire des textes. On a affaire quand on considère l’histoire musulmane à une forme de trou noir quasiment d’une centaine d’année où on a très peu, très, très peu de documentation. Depuis une trentaine d’années, il y a un bouleversement dans le monde de la recherche, avec les nouvelles technologies, avec la mise en réseau des chercheurs, on retrouve beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses qui ont échappées à cette entreprise de destruction, ce que met en avant Alfred-Louis de Prémare dans un de ses livres « les fondations de l’islam », ce sont ces témoignages qui peuvent venir de coptes, de géorgiens, de chrétiens, de juifs et des témoignages archéologiques également qui nous donnent une toute autre image des débuts de l’islam que ce que la légende musulmane elle-même nous en dit. Laquelle légende au passage a été mise par écrit 200 ans au moins après les faits qu’elle décrits dans un contexte politique, culturel, religieux tout autre que celui du début du 7ième siècle.

Guillaume de Tanouärn : ça, c’est avant tout le travail d’Alfred de Prémare qui permet de l’établir.

O : Oui, il s’appuie sur d’autres chercheurs également, il y a Robert Hoyland qui a publié aux presses de Princeton, un énorme livre de 700 pages qui a fait la recension de quasiment tous ces témoignages. Alfred-Louis de Prémare en a retrouvé d’autres depuis. Le livre d’Alfred Louis Prémare « les fondations de l’islam » date de 2000 et Robert Hoyland c’est 97. Il y a une espèce d’accélérations car à partir du moment où on trouve ces témoignages, on peut commencer à construire des hypothèses nouvelles.

L : Il y a aussi le témoignage de la pierre, il y a aussi les épigraphes qui ramènent des informations très intéressantes. Il y a le dôme du rocher mais aussi les inscriptions, les graffitis que l’on retrouve en Arabie, en Jordanie et en Palestine. Des inscriptions qui montrent que l’islam a une autre histoire, c’est-à-dire que l’on ne parlera de Mahomet qu’à partir de 690, il n’y a aucun témoignage de ce qui s’est passé en 632 sur les graffitis.

G : On y reviendra si vous voulez, il y a un texte grec manuscrit qui parle de l’organisation d’une razzia faite sur Jérusalem avec à sa tête un guerrier arabe, ils sont reçus par l’évêque.

L : Je parlais non pas des manuscrits mais du témoignage de la pierre, le coran et l’islam de la pierre est très différent.

L : Frédéric Imbert a retrouvé en Syrie des loggias coraniques dans lesquelles il n’y a pas du tout allusion au prophète Mahomet mais des allusions et à Moïse et à Jésus, donc un tout autre islam.

G : Justement, on va entrer dans le vif du sujet, le vif du sujet c’est Mahomet, c’est le prophète et des sources que l’on a pour connaître sa vie, car il y a des textes sacrés musulmans autour de la vie de Mahomet, il y a la Sirah, il y a les hadiths, il y a aussi des gloses.

O : des commentaires, des récits historiques, là vous faites allusion à ce qu’on appelle la tradition musulmane jusqu’au Coran lui-même.

G : avec cette tentation du merveilleux, Mahomet qui monte au Ciel.

O : c’est une œuvre de théologie musulmane cette tradition, on se rend compte, et c’est à Patricia Krone que l’on doit ces analyses, que toute cette tradition n’a pas une vocation historique. Elle n’a pas vocation à raconter une histoire. Dans ce sens-là, elle se différencie beaucoup des évangiles par exemple qui ont entre autres une vocation historique.

G : tout à fait il suffit de lire le prologue de Saint Luc.

O : Ces traditions ont une vocation religieuse au sens de ce qu’est devenu l’islam comme religion, c’est-à-dire une vocation politique, normative. Il s’agit de fixer le droit, il s’agit de fixer ce que le calife peut faire, ce que les musulmans doivent faire, ce que les chrétiens doivent faire dans un empire musulman, ce que les juifs doivent faire. On se rend compte que toute cette tradition a obéi aux contraintes qui étaient celles du milieu dans lequel elle est apparue, 200 ans après les faits, on est dans un empire qui est devenu gigantesque qui s’étend de l’Espagne jusqu’à l’Asie centrale avec des peuples différents, des langues différentes, des religions différentes et un calife qui doit gérer tout çà au nom de Dieu, il tire son autorité de la religion, ils vont créer en quelque sorte par un processus qui dure plusieurs centaines d’années une religion qui répond sur mesure à leurs besoins. Dieu nous a choisi, il nous élevé au-dessus des autres pour gouverner le monde en son nom et sauver le monde aussi, on y reviendra un peu plus tard.

G : C’est cela la grande idée de l’islam originaire et que l’on retrouve curieusement chez nos guerriers de l’islam, chez nos djihadistes. Je pense à cette vidéo du tueur de Magnanville, c’est un couple de policiers qui a fait les frais du Djihad. Le tueur a eu le temps de s’enregistrer et d’enregistrer une sorte de prêche d’une quinzaine de minutes chez ses victimes. On a l’impression effectivement que son djihad sauve le monde.

O : Dans ce sens-là c’est une mise en perspective très intéressante, c’est-à-dire que le travail qui est fait sur l’islam actuellement, il peut intéresser les érudits, ce qui s’intéressent à l’histoire. Mais il est brûlant et urgent parce qu’il pose au monde les questions qu’on ne veut pas poser, il pose les questions du sens de l’histoire, il pose les questions du mal, pourquoi est-ce que le monde est livré au mal, il pose des questions de fond que notre société préfère éviter et que beaucoup de chrétiens aussi préfèrent ne pas considérer. Et derrière si on n’est pas en mesure de formuler des réponses à ces questions, les djihadistes finiront par gagner car ils ont, eux, le sens de l’histoire avec eux.

G : S’il n’y a pas de concurrence, ce monopole risque fort d’être sinistre.

O : exactement, d’où l’intérêt du travail historique qui permet de comprendre comment cette vision d’un sens de l’histoire est apparue, comment elle s’est déployée, comment elle a évolué, qui est à l’origine de tout cela en fait.

G : Alors voilà c’est vous qui posez la question et c’est la question que l’on va essayer de se poser avec leila Qadr et vous Olaf. D’abord quels sont les premiers textes et d’où viennent-ils ? est-ce que c’est l’ange Gabriel qui les a révélés à Mahomet, un chamelier qui avait épousé une riche veuve juive, Khadîdja. Est-ce qu’on a les moyens de vérifier quelque chose de cette approche biographique ?

O : Permettez-moi d’abord d’interroger les présupposés de votre question. Le présupposé est que l’islam viendrait d’un texte en lui-même. Mais si on regarde ce qui s’est passé dans l’histoire, on n’a pas de coran avant assez longtemps en fait. Je pense à un témoignage qui date de 642.

G : 642, Pour les auditeurs la date pivot qui est le commencement de l’ère de l’islam c’est 622, c’est l’hégire.

O : L’hégire en 622 selon la tradition musulmane, mais on peut y trouver derrière un fond historique. L’hégire en 622 serait le départ de Mahomet depuis la ville légendaire de la Mecque où il aurait été persécuté vers la ville de Médine où il trouve refuge auprès de juifs dit rabbiniques, et à partir de là il organise une armée qui part petit à petit à la reconquête de la Mecque puis du monde entier. Là on est une fois de plus dans la légende même s’il y a un fond de vérité derrière, on va y revenir. Mais si je parlais de 642, c’est qu’il s’y passe un évènement intéressant dont on a une trace actuellement et une trace qui a échappé à l’entreprise de destruction des documents historiques opérés par les califes, c’est une controverse, une disputatio, un premier exemple de dialogue islamo-chrétien qui a eu lieu entre le patriarche de Damas, Mar Jean et le commandant militaire arabe de Damas et dans cette controverse, l’émir de Damas vient houspiller le patriarche sur les questions religieuses : comment est-ce que Jésus peut-être Dieu, et Jésus quand il était dans le ventre de Marie, qui est-ce qui commandait au ciel et à la terre et le patriarche  répond. Dans cette controverse, il n’est pas question de prophète, il n’est pas question de Mahomet, il n’est pas question de révélation, il n’est pas question de coran. On se rend compte que ces arabes qui ont déferlé sur le monde à partir de 622, plutôt dans les années 630, ils n’étaient pas encore musulmans dans le sens où on les voit aujourd’hui. Ils n’étaient d’ailleurs pas vu comme des musulmans par leurs contemporains. On les appelait fils d’Ismaël, les magrayés, on les appelait aussi les émigrés, ce qui ont fait l’hégire, les mouhajirouns, l’hégire veut dire émigration. Ils étaient vus comme des sortes de chrétiens puisqu’ils croyaient en Jésus. Et ils n’ont pas cherchés dans un premier temps à se distinguer des autres réellement autrement que par le statut politique et le fait qu’ils étaient des soldats qui commandaient aux autres. D’un point de vue religieux, on a des témoignages qui nous disent qu’il n’y avait pas d’entreprise de conversion et que les juifs, les chrétiens et les arabes étaient traités à peu près de la même façon. Jean Bar Penkayé disait cela à la fin du 7ième siècle, il  n’y a pas de différence de traitement entre les juifs et les chrétiens :

L : « Parmi les magrayés, il y a beaucoup de chrétiens, certains sont hérétiques, d’autres pas. », c’est ce qu’il dit.

G : Magrayé qui  signifie ?

L : Magrayé est un mot d’origine araméenne comme l’équivalent de mouhajiroun en arabe, ce qui ont fait l’hégire, et c’est comme ça qu’ils s’appelaient eux-mêmes. On les appelait aussi sarrassen, ceux qui vivent sous la tente. Ce qui ont fait l’hégire, ce sont les émigrés en fait. On se rend compte quand on considère tous ces différents témoignages d’époque qu’on n’a pas encore affaire à des musulmans. Pourtant quand on regarde le coran, c’est un des matériaux les plus intéressants pour les chercheurs, on se rend compte que s’y déploie une pensée nouvelle, ou du moins une pensée qui n’a pas vraiment beaucoup laissé d’autres traces dans l’histoire que dans celle que l’on voit dans le coran. On voit dans le coran s’y déployer une pensée qui est juive, le coran est pétri de référence assez savante à l’histoire juive, à la pensée juive, aux textes juifs et aux codex juifs.

G : on verra cela dans une deuxième partie de l’émission avec Leila Qadr.

G : Laissez-moi quand même préciser, quand je parle d’une pensée juive, il ne s’agit pas d’une pensée rabbinique, c’est une pensée d’un autre courant juif en fait, et un autre courant juif qu’on peut faire remonter aux premiers siècles, aux toutes premières générations de judéo-chrétiens.

G : ce sont des juifs auxquels le Christ a parlé et qui ne se sont pas vraiment convertis au Christ mais sont restés juifs ?

O : c’est difficile de le dire, on n’était pas sur place, qu’ils soient sortis de la communauté judéo-chrétienne, c’est fort probable, il y a une lettre de Saint Jean qui parle déjà d’hérétiques en disant « ils sont sortis de chez nous mais ils n’étaient pas des nôtres ». Mais ce dont on se rend compte c’est qu’ils ont été profondément transformés par les idées de Jésus et par la dénaturation qu’ils en ont faites. Ils ont à partir de là développer le premier projet messianiste politique global de l’histoire.

G : le messianisme est un courant de pensée dans le judaïsme qui précède Jésus.

O : Voilà il y a un messianisme préchrétien mais la venue de Jésus va cristalliser et transformer le messianisme.

G : A la fois Il exauce ce messianisme et à la fois il le contredit. Je vais prendre un exemple qui me frappe toujours beaucoup, au début des actes des apôtres, dans le récit de l’ascension, le Christ va monter au ciel, le moment est extrêmement solennel, ce sont les derniers moments qu’il passe avec ses apôtres qu’il a réunis avec lui. Et il y a quand même un apôtre anonyme, on ne précise pas qui, qui pose la question incroyable : Seigneur c’est maintenant que tu vas rétablir ta royauté en Israël, alors que cet apôtre a vu la passion du Christ, la résurrection du Christ, il attend encore un règne temporel du Christ. Alors même que le Christ est mort et ressuscité, c’est encore à un royaume terrestre qu’il pense cet apôtre.

O : Chrétiennement, on vous répondrait que la révélation chrétienne n’était pas encore terminée à ce moment-là. Il a fallu attendre la mort de Saint Jean pour qu’elle soit close. Et donc il y avait encore beaucoup de choses chez cet apôtre à rendre mâture.

G : Oui, il y avait une résistance des apôtres eux-mêmes par rapport à la parole du Christ.

O : cela rend compte également de ce que chez beaucoup de juifs, on attendait un messie non pas crucifié, souffrant, serviteur qui lave les pieds de ses disciples mais un messie politique, un messie roi, un nouveau roi David, quelqu’un qui viendrait restaurer la gloire d’Israël, lui assurer la suprématie sur ses ennemis, rétablir son indépendance. Effectivement, on peut le lire les textes chez Ezéchiel, chez Isaïe, on peut avoir cette lecture là des prophéties et elle semblait assez naturelle à beaucoup de juifs. Ce qui va changer avec Jésus c’est l’introduction de l’idée de Salut qui est une idée radicalement nouvelle à l’époque au premier siècle. On ne s’en rend plus compte aujourd’hui, on est né dedans, et qu’on soit chrétien ou pas chrétien après 2000 ans de christianisme. C’est cette idée que le monde n’est pas fatalement livré à l’emprise du mal, on l’a tous en nous. Cette idée que nous-même, on n’est pas forcément tenu par le mal qu’on a fait, elle est aussi en nous, elle s’exprime de diverses façons, il n’y a pas forcément besoin d’être chrétien pour la porter. Mais à l’époque du Christ, c’est une révolution, c’est-à-dire que le monde avant le Christ ne pensait pas comme le monde après le Christ ou du moins à mesure que ses idées se sont diffusées.

G : Alors ces judéo-chrétiens dont vous parlez, au fond, ce sont en quelque sorte les descendants de cet apôtre qui a posé cette question.

O : les contemporains

G : Ce sont des gens qui continuent à penser qu’il y a un royaume de dieu terrestre qui se prépare.

O : Il y a un royaume de dieu terrestre qui se prépare et ils mélangent à cette idée-là différentes conceptions juives à l’idée que le salut est arrivé dans le monde, à l’idée que Jésus comme il l’a promis va venir un jour délivrer complètement le monde de l’empire du mal lors de son retour, ce qu’il a promis.

G : Et il y aura mille ans de bonheur.

O : Oui alors après ça, il faudra attendre les différents textes.

G : C’est déjà dans l’apocalypse

O : oui, l’apocalypse ne date pas de l’ascension

G : oui mais tout ça est très lié.

O : le père Gallez qui a étudié tous ces phénomènes pense que la cristallisation de la pensée de ce groupe judéo-chrétien qu’il a appelé judéo-nazaréen à la suite d’autres chercheurs, elle date de sa séparation de la communauté judéo-chrétienne de Jérusalem au moment du siège de Jérusalem entre 66 et 70, la destruction du temple. Donc cela date même d’avant la composition de l’Apocalypse.

L : Et ce retour de Jésus est actuellement attendue dans l’eschatologie musulmane.

G : C’est très important que vous le disiez, moi je l’ai attendu dire par un chauffeur de taxi.

L : J’ai distribué des tracts à la communauté musulmane, ils m’ont pris à partie, ils m’ont dit vous savez, il va arriver un évènement merveilleux, Jésus va revenir, et vous les chrétiens, vous allez pleurer et cela va se passer à Damas. Et donc il y a un retour de Jésus qui est attendu actuellement.

G : Et la guerre sainte en Syrie n’y est pas pour rien, elle est liée à ces croyances.

O : oui elle est totalement liée à ces croyances.

L : Et même le « travail » de Daech va dans ce sens.

G : Je vous avoue, mon chauffeur de taxi m’avait juste dit « vous n’êtes pas journaliste », je lui ai dit que je suis prêtre en trichant un peu. Il dit « Il ne faut pas le dire aux journalistes mais il faudra d’abord exterminer les juifs ». Et ce sont des croyances populaires terribles.

L : et qui mobilisent. Il y a beaucoup de vidéos qui font rêver la communauté musulmane à partir de ce retour eschatologique de Jésus, Jésus musulman, qui va balayer, qui va faire le tri et qui va lutter contre l’antéchrist, lutter contre God et Magod. Toutes ces croyances eschatologues, même si elles ne sont pas dans le coran, elles sont très vivaces dans la conscience musulmane.

G : Ce qu’il faut bien que les auditeurs de radio courtoisie comprennent, c’est qu’il s’agit du noyau dur de l’islam, c’est l’origine de l’islam si je suis bien vos recherches, c’est vraiment l’origine de l’islam. Au départ quand j’avais lu, au moment où il est paru, le texte magistral du Père Gallez, j’avais l’impression que cette idée du jugement par Jésus revenu sur terre était une idée parmi d’autres dans l’islam et au fond d’après ce que vous dîtes, si le coran n’existe pas encore, s’il n’y a pas encore d’écrits, le noyau de la croyance musulmane c’est l’idée d’un retour du Christ à Jérusalem, c’est pour ça d’ailleurs qu’ils voulaient très vite prendre Jérusalem qui était la première cible.

O : Oui, c’est çà même si on saute à grande enjambée toutes les étapes qui amènent à la conquête de Jérusalem, effectivement certains témoignages contemporains à la période de Mahomet, ils le décrivent comme pouvant être plausiblement un prophète au sens juif. Qu’est-ce que c’est qu’un prophète au sens juif ? Quel prophète attendent les juifs qui n’ont pas reconnu le messie ? Ils attendent l’équivalent de Jean le Baptiste qui va venir désigner le messie. Et donc des juifs à l’époque de Mahomet se demandent : et le gars dans le désert là-bas, est-ce que ce ne serait pas le prophète qu’on attend, et pourquoi ils se le demandent, c’est parce que Mahomet annonce la venue du messie. Ça c’est un témoignage très intéressant et un témoignage d’époque.

G : Alors çà pour vous c’est l’origine de la prédication de Mahomet.

O : c’est un signe de la prédication du Mahomet de l’histoire. Le Mahomet de l’histoire annonce le retour du Christ.

G : Faisons un retour en arrière si je suis allé trop vite.

O : Il s’est en fait passé quelques siècles entre les deux et notamment on n’a pas détaillé ce qu’était la pensée eschatologique profonde, ce en quoi croyaient ces judéo-nazaréens.

G : Eschatologie est un gros mot pour les auditeurs, l’eschatologie est tout ce qui concerne les fins dernières, les moments ultimes de la vie humaine et de l’histoire du monde.

O : Voilà je vous le disais ce groupe de judéo-nazaréens a mélangé plusieurs idées, un peu comme une sorte de cocktail détonnant : des traditions juives que le messie serait politique, les idées chrétiennes comme quoi Jésus viendrait délivrer le monde entier du mal lors de son retour, et d’autres idées juives également comme quoi le mal serait assimilé à l’impureté, au non-respect de la loi, et derrière dans une certaine mesure au fait de ne pas être membre du peuple élu, de ne pas être un bon juif en quelque sorte. Et donc ces gens en mélangeant ces idées-là vont se dire Jésus va revenir sauver le monde du mal en exterminant tous ceux qui n’ont pas la bonne religion, en exterminant ou en soumettant tous ceux qui ne sont pas donc des très bons juifs. Et dans leur esprit à eux, les seuls très bons juifs sont ceux qui pensent comme eux bien sûr, ils se voient comme les seuls vrais juifs, les seuls vrais fils d’Israël et en même temps les seuls vrais disciples du messie Jésus qu’ils reconnaissent comme tel.

G : donc pour vous à l’origine de l’islam si je vous comprends bien, il y a un groupe de juifs, vous revenez sur les travaux d’Anna Zacharias par exemple dans les années 50.

O : Oui Anna Zacharias, il envisageait que Mahomet  ait pu être enseigné par un rabbin à la Mecque ; effectivement quand on ouvre le coran, on y voit les signes d’une culture juive assez profonde, mais ce dont on se rend compte aujourd’hui, alors déjà sur le statut de la Mecque à l’époque de Mahomet, il y a beaucoup d’eau qui a coulé sous les ponts depuis Anna Zacharias, on se rend compte que cette ville n’existait pas à l’époque de Mahomet, on y reviendra dans la suite du développement. Ensuite ce qu’on lit quand on fait une exégèse assez sérieuse du texte coranique c’est que la pensée juive qui s’y exprime n’est pas rabbinique, il ne s’agit pas d’un rabbin de la Mecque, il s’agit de quelque chose qui n’existe plus aujourd’hui, un autre courant du judaïsme qui a disparu.

G : alors est-ce qu’il peut y avoir un rapport avec celui que l’on repère dans l’histoire de Mahomet qui s’appelle Waraqua et qui est le prêtre qui aurait marié Mahomet et Kadija.

O : ce prêtre-là est décrit par les traditions musulmanes comme étant un nazaréen. Alors le commentaire musulman veut nous faire croire que nazaréen est égal à chrétiens. Et de fait aujourd’hui les chrétiens sont appelés nazaréens par les musulmans, c’est le fameux « noun » de Nazara qui a marqué les portes des chrétiens qui ont été déportés il y a deux ans. Oui ce prêtre Waraqua est dans la tradition musulmane on va dire la rémanence, car c’est difficile de dire qu’il a eu une existence historique, on a que la tradition musulmane pour nous en parler. Tout ce qu’on peut dire à partir de cette tradition là c’est que cette figure de Waraqua nous dit que dans l’entourage du Mahomet de l’histoire il y avait des nazaréens et des nazaréens très proches de lui, comme vous dîtes c’était même le cousin de sa femme Khadija dans la tradition. Donc on peut même se demander si le Mahomet en question n’a pas été initié dans le nazaréisme judéo-nazaréen, baptisé certainement, il participait peut-être même à des eucharisties avec ces gens.

G : Oui parce ce que s’il y a mariage, il y a aussi les autres sacrements qui peuvent se profiler. Cela pourrait laisser penser que Mahomet a été baptisé alors.

O : Il y a des pères d e l’église qui dénonçaient que les ébionites qui est l’autre nom que l’on a donné aux judéo-nazaréens dans l’histoire, célébraient des eucharisties avec de l’eau.  Et cela nous renvoie ça à l’islam lui-même, c’est-à-dire que la parole de Jésus disant qu’il ne boirait plus du fruit de la vigne avant son retour dans la gloire.

G : Oui, jusqu’à ce que je le boive nouveau dans le royaume de mon père. (Note perso Marc : je ne boirai plus jamais du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai nouveau dans le royaume de Dieu. Mat : je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où j’en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. Luc : je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne, jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu.)

O : Cette parole-là, elle a été interprétée par ces judéo-nazaréens comme quoi il ne faudrait plus boire de vin avant que le Christ ne revienne. Et donc ils célébraient des eucharisties à l’eau, ce qui est dénoncé avec véhémence par des pères de l’église. Et qu’est-ce qu’on voit dans l’islam une interdiction du vin jusqu’à la fin des temps. Et à la fin des temps, on meure, on va au paradis et là on boit du vin. Et ce qu’on comprend aussi quand on étudie l’islam, c’est qu’il y a eu toute une recomposition de cette espérance des judéo-nazaréens que Jésus allait revenir pour sauver le monde. Comme Jésus n’est pas revenu, il a fallu recomposer, retravailler la religion et on a renvoyé le retour de Jésus qui aurait dû arriver incessamment sous peu à la fin des temps et donc le vin qu’on devait boire et bien il faudra attendre la fin des temps pour le boire à nouveau.

G : Alors revenons à la question que je vous ai posé initialement et qui en impliquait beaucoup d’autres et que nous avons essayé de dérouler un certain nombre de questions dans la question. Mais revenons peut-être si vous voulez bien à ce que nous savons aujourd’hui véritablement de la personnalité de Mahomet. Comment est-ce que vous pourriez résumer pour les auditeurs de radio courtoisie ce que nous savons de façon sûre de Mahomet.

O : cela va être très très bref, on sait très peu de choses.

L : Sa biographie a été écrite en 932 d’après une biographie perdue du 7ième siècle.

O : 840 quelque chose comme çà

L : Tabari c’est 932.

O : Oui, Tabari n’est pas le biographe de Mahomet, Tabari écrit la chronique des prophètes et des rois. Les documents sur lesquelles on base la connaissance habituelle que l’on va retrouver comme dans les livres d’histoire du collège par exemple, ce sont les documents de la tradition musulmane eux-mêmes. Et la première mise par écrit d’une biographie qui nous soit parvenue c’est celle de Ibn Hichâm qui écrit au 9ième siècle qui dit se fonder sur la biographie d’un certain Ibn Ishaq qui lui aurait écrit un siècle avant, mais cette biographie de Ibn Ishaq ne nous est jamais parvenue autrement que par la recension et la correction qu’en fait le deuxième biographe. Et donc on a affaire avec ce récit que l’on appelle la Sîrah à quelque chose de très particulier puisque que le document date de 200 ans après les faits dans un contexte comme je l’ai rappelé tout à l’heure où on a détruit tous les documents religieux, tout ce qui pouvait contenir des informations entre temps, et donc quel crédit, quelle confiance on peut faire à cette Sîrah ? D’autant qu’elle détaille des faits qui aux yeux des occidentaux sont complètement invraisemblables. On peut parler du voyage nocturne qui voit Mahomet partir à dos de cheval ailé depuis la Mecque jusqu’à Jérusalem en une nuit, et puis de là s’envoler au ciel et contempler le coran céleste. On est dans la mythologie, et ce genre de miracle, on n’en a jamais vu se produire. Les miracles de guérison par exemple, il en existe de nos jours (note personnelle : surtout Mahomet fait un voyage dans le temps en allant à la mosquée Al-Aqsa qui a été construite bien plus tard, ce qui renforce le côté invraisemblable de ce récit du coran S17/V1 qui cite une mosquée qui n’existait pas lors de sa rédaction censée être terminée en 632), mais des miracles de cheval ailé il n’y en a pas. Peut-être que c’était métaphorique mais ce n’est pas comme ça que le prennent les musulmans. On a donc de sérieuses critiques à émettre quant à l’authenticité de ce document la Sîrah, on peut par le travail historique et la critique en tirer des choses, mais on en tire des choses parce que l’on a retrouvé des documents sur le Mahomet historique et des documents contemporains auxquels on peut faire bien d’avantage confiance. On a parlé tout à l’heure d’Alfred-Louis de Prémare, de Robert Hoyland qui en ont fait des recensions. Et donc qu’est-ce qu’on peut dire du Mahomet de l’histoire, on peut dire qu’il était marchand, qu’il a été chef de guerre, qu’il a été prédicateur, qu’il prêchait le retour imminent du messie Jésus à Jérusalem.

L : et la fin des temps

O : Et la fin des temps à partir de là, on peut dire qu’il s’adressait à des arabes chrétiens et non pas à des arabes polythéistes, ça on a des témoignages qui nous le disent et puis après la lecture du Coran nous le fait comprendre également. On peut dire également et ça c’est dans la chronique du Pseudo-Sébéos qui date de 670 je crois à peu près (Note perso http://remacle.org/bloodwolf/historiens/sebeos/heraclius.htm#_ftnref320 ) qui se rapporte à des évènements qui se seraient passés à Médine que dans la harangue dans le prêche de Mahomet à ces arabes chrétiens, il leur explique que l’élection divine du peuple d’Israël s’étend à eux en temps qu’ils sont fils d’Ismaël et donc cousins des juifs fils d’Isaac, cousins par Abraham en quelque sorte, et que de ce fait la terre promise leur est promise également et qu’il faut qu’ils aillent s’en emparer. Et il les exhorte en fait à partir à la conquête.

G : ça c’est un texte de la fin du 7ième siècle.

O : fin du 7ième siècle, c’est la chronique dite du Pseudo-Sébéos, un évêque Arménien qui nous rapporte une prédication de Mahomet à Médine (non à la Mecque) et qui est très étonnante parce que cette prédication ne va pas du tout dans le sens des traditions musulmanes, des Hadiths, de la Sîrah, Mahomet est censé quasiment donner une nouvelle religion même si les musulmans nous expliquent que c’est la religion primordiale qui a été perdue, que les hommes ont été rappelés à l’ordre par différents prophètes au fil de l’histoire.

G : oui l’idée de rappel

O : Normalement, ce ne devrait être qu’un rappel mais c’est quand même l’ultime révélation, le sceau de la prophétie selon l’islam. Ce dont on se rend compte c’est qu’historiquement le Mahomet de l’histoire ne prêchait pas l’islam, il prêchait autre chose. Il y avait dans cet autre chose le courant majeur de pensée qu’on retrouve dans l’islam et que l’on va détailler, ce fameux messianisme politique global, mais on voit que toutes les espérances étaient tendues vers la conquête de la terre sainte et en particulier de Jérusalem. Et pourquoi ? et là on va en revenir à nos judéo-nazaréens parce qu’il s’agissait d’y reconstruire le temple, le temple des juifs, donc le temple des arabes parce qu’ils sont cousins par Abraham.

G : et alors ce temple est aujourd’hui reconstruit, enfin à travers la mosquée d’Omar justement.

O : Alors vous l’appelez mosquée d’Omar c’est intéressant, déjà et d’une ce n’est pas une mosquée, contrairement à toutes les autres mosquées, elle n’a pas de qibla.

L : Qibla est la direction dans laquelle on se dirige pour prier.

G : Elle n’est pas orientée vers la Mecque

O : ni vers quoi que ce soit

L : et puis il y a un déambulatoire à l’intérieur et elle est faite sur le plan d’une église chrétienne (de forme octogonale) qui existait au 5ième siècle en Palestine, l’église du Kathisma dans la banlieue de Jérusalem.

O : Le dôme du rocher qu’on contemple n’est pas le temple qui a été reconstruit lors de la conquête de Jérusalem par les arabes.

G : Donc mosquée d’Omar et dôme du rocher ?

O : Alors vous allez voir, on l’appelle mosquée d’Omar et il y a beaucoup de commentateurs ou d’islamologues qui ne comprennent pas pourquoi, parce que ce qu’on appelle mosquée d’Omar aujourd’hui qui a pris ce surnom, c’est le dôme du rocher qui a été construit non pas par Omar mais par Abd Al-Malik. Alors une autre mosquée existe à Jérusalem qui s’appelle mosquée d’Omar, ce qui permet de dire aux grincheux, mais non il existe bien une mosquée d’Omar. Mais dans les faits quand Omar le successeur de Mahomet, Mahomet étant mort, on ne sait pas très bien, d’après les calculs de la tradition musulmane, à 632. On a des témoignages qui nous disent qu’il aurait commandé ses troupes à la bataille de gaza en 634. En tout cas il meure dans les années 630, ce sont ses successeurs et l’un d’eux en particulier Omar qui assumant le commandement des troupes arabes prend la ville de Jérusalem par un traité avec l’évêque de Jérusalem Sophrone qui finit par ouvrir les portes après un siège. Comme quoi les musulmans, plutôt à l’époque les proto-musulmans, n’étaient pas vu comme des hérétiques absolus. Et par des témoignages d’époque et plus que contemporain, on sait que les conquérants arabes se sont précipités guidés par des juifs qui les accompagnaient, les fameux judéo-nazaréens, à l’esplanade du temple, laquelle était à l’époque couverte des débris des siècles passés, des ruines du temple romain qu’avaient construit les romains quand ils avaient rasé Jérusalem, créé Ælia Capitolina et transformé la ville. Elle servait de dépotoir l’esplanade du temple. Donc ils déblaient l’esplanade et reconstruisent un temple (de forme cubique).

G : Temple qui est l’actuel mosquée d’Omar

O : non attendez, il y a eu un tremblement de terre en 661. Le temple en question existait encore en 670, un pèlerin franc Arculfe de la région de Bordeaux, l’évêque de Bordeaux je crois même, nous dit dans ses souvenirs de terre sainte, quand il était à Jérusalem, il a contemplé une maison de prière quadrangulaire dont il donne les dimensions, construite en pierre et en bois, qui avait été grossièrement restauré après un sinistre, à priori le tremblement de terre de 661, et c’est ce bâtiment-là qui aurait été le troisième temple à Jérusalem. Et donc il a été détruit par la suite par le calife Abd Al-Malik, cela rentre dans son projet de construction d’une nouvelle religion à partir du legs des judéo-nazaréens et des arabes (C’est le Dôme du Rocher que nous pouvons toujours voir de nos jours, de forme octogonale et non plus cubique, le nom « mosquée d’Omar » sera passé par la tradition à ce bâtiment).

G : Abd Al-Malik, c’est quelle époque ?

O : C’est la fin du 7ième siècle, il prend le pouvoir en 685-686, je crois qu’il meurt en 705. Qu’est-ce qui s’est passé ? les judéo-nazaréens qui avaient formé des prédicateurs pour les faire rentrer avec eux dans le projet de conquête de Jérusalem et de relèvement du temple, ils ont formé par exemple Mahomet, ils ont rencontré un échec cuisant à Jérusalem à savoir qu’ils pensaient faire revenir le messie à Jérusalem en reconstruisant le temple, en croyant en cela à la parole de Jésus qui disait « détruisez ce temple et en trois jours je le relèverai ».  Ils s’étaient dits si nous reconstruisons nous-même le temple, Jésus va revenir, si la bonne religion est rétablie, Jésus va revenir, et il va prendre la tête.

G : c’est l’interprétation de cette énigme que l’on retrouve dans Saint Jean « Détruisez ce temple et en trois jours je le rebâtirai » ?

O : çà a à voir avec l’analyse qu’il faut faire du scandale du tremblement, du cataclysme qu’a représenté la destruction du temple (en 70) pour tous les juifs de l’époque. Pour les judéo-chrétiens aussi à l’époque, cela les a forcés à comprendre quel était le sens de tout ça. Mais également pour ces judéo-nazaréens, eux attendaient le retour de Jésus imminent, et ils ont vu dans la destruction du temple un signe divin. Le signe divin c’est Dieu châtie les mauvais juifs, les mauvais judéo-chrétiens, les mauvais juifs pharisiens, les mauvais juifs chefs du temple pour leur impureté parce qu’ils se sont opposés aux commandements de Dieu. Nous qui avons la bonne recette, nous savons donc nous allons fuir Jérusalem, ils vont s’installer en exil, et de là, ils disent Jésus va revenir puisqu’il a dit qu’il relèverait le temple en trois jours, mais Jésus ne revient pas. Et les années passent, et ils se disent que pour faire revenir Jésus peut-être qu’il faudrait reprendre les choses en main, et ils vont se mettre à croire qu’ils sont eux-mêmes les instruments du salut. Ça c’est une étape importante dans l’évolution du messianisme, c’est-à-dire au début on compte sur Jésus pour faire le boulot c’est-à-dire revenir, prendre la tête des armées, éradiquer les méchants du monde entier ou les soumettre. Mais petit à petit, on en vient à se dire que si on l’aidait ça se ferait encore plus vite. Et ça aussi c’est une lecture de prophétie, on peut penser à Daniel, le projet va se transformer en l’idée de revenir reprendre Jérusalem, rétablir le temple, rétablir la bonne religion dans toute la pureté rituelle nécessaire avec des vrais prêtres, pas avec des prêtres corrompus comme les hasmonéens., des vrais bons sacrifices faits dans les règles de l’art par de vrais bons juifs en odeur de sainteté auprès de Dieu. Et là, à ce moment-là, le messie va revenir, cela est encore la prophétie de Daniel, et va prendre la tête des armées et éradiqué tous les méchants du monde, at à ce moment-là, le monde connaîtra enfin la paix et la félicité puisque tous les méchants auront été chassés, expulsés, tués ou soumis.

G : çà c’est pour vous l’origine des convictions d’Abd Al-Malik.

O : C’est l’origine même des convictions des djihadistes d’aujourd’hui, il s’agit de sauver le monde, de s’inscrire dans le sens de l’histoire et de répondre à ce scandale sans fin du mal qui est à l’œuvre dans le monde, du monde qui est soumis au mal, qu’est-ce qu’on peut faire face à ça ? Jésus dit moi je vous en libèrerai à la fin des temps, puis je vous en libèrerai personnellement, vous chacun tout de suite. Ce que les judéo-nazaréens en ont retenu, c’est que quand Jésus reviendra, il mettra fin à l’empire du mal sur le monde. Cela oriente complètement l’histoire, ça donne un sens à l’histoire. Mais cette volonté de trouver un sens à l’histoire, on la retrouve depuis chez les révolutionnaires par exemple en 93 ou en 89, il y a des gens qui ont le sens de l’histoire, Che Guevara a le sens de l’histoire, les pilgrims fathers qui débarquent en Amérique au 17ième siècle ont le sens de l’histoire, ils vont recréer Israël et ainsi de suite.

G : c’est ce qui rend l’islamisme au fond particulièrement dangereux car c’est une conception de l’histoire qui doit leur donner la victoire.

O : Comme je vous le disais, tout le monde entier vit dans ces idées-là, alors les gens sont plus ou moins messianistes, si vous prenez la pensée d’un Vincent Peillon, d’une Najat Belkacem ou de l’inter LGBT, ils ont le sens de l’histoire avec eux, et d’une certaine façon, chez les plus enragés, s’il faut aller jusqu’au bout pour sauver le monde et s’il faut casser quelques œufs pour faire l’omelette, on les cassera. Et un autre projet qui va par exemple dans le sens de l’histoire c’est celui de l’idéologie ambiante qui est de construire un monde de paix entre tous par le multiculturalisme, le vivre ensemble, la cohabitation heureuse de toutes les communautés. On va faire la paix, et ce sera la fin de l’histoire en fait et on aura le monde de paix et de félicité, il n’y aura plus de mal dans le monde. On y croit très fort à ce projet, et on y croit tellement fort qu’on est prêt à sacrifier des vies humaines pour ce faire. Par exemple, on a des politiques qui nous expliquent que tant pis, il y aura des morts, il y aura des attentats mais on ne va pas remettre en cause le vivre ensemble. Tant pis il y aura des morts et attentats mais on ne fermera pas les mosquées qui nous dérangent.

G : Là on a bien compris quel était le cœur doctrinal de l’islam et en quoi consistait même l’islam avant le coran, car pour vous le coran intervient plus tard.

O : on peut distinguer plusieurs phases. On peut parler d’un proto-islam qui va des judéo-nazaréens jusqu’à l’alliance avec les arabes, jusqu’à la conquête de Jérusalem et la construction du temple, c’est-à-dire c’est le moment où les croyants pensent que Jésus va revenir sur terre maintenant, qu’il va prendre la tête des armées et va libérer physiquement le monde du mal. Et ensuite arrive une autre phase, on peut l’appeler le primo-islam, ce n’est pas encore l’islam. J’ai fait un schéma dans mon livre qui reprend ces étapes, Je détaille tout cela. Je dis aux auditeurs qu’ils peuvent librement télécharger et lire librement mon livre à partir depuis le site internet legrandsecretdelislam.com.

G : Et librement, cela veut dire gratuitement je crois.

O : on l’a publié et rédigé dans ce sens-là avec le père Gallez, le but étant qu’il soit diffusé le plus largement possible. C’est une œuvre presque de salut public. Donc il va y avoir après l’échec de la tentative de faire revenir le messie une profonde crise chez les croyants, ils vont garder cette conviction que Dieu les a choisis, élevés au-dessus des autres, qu’ils sont les descendants d’Ismaël et qu’ils ont une destinée particulière.

G : Et leurs victoires militaires le leur montrent, le leur atteste en quelque sorte.

O : Voilà, ils le lisent comme un signe. Et effectivement, ils sont dans une entreprise de conquête fabuleuse, fabuleuse où en quelques années ils culbutent les deux plus grands empires de la région, l’empire byzantin et l’empire perse.

G : ils s’étaient épuisés dans une guerre l’un contre l’autre.

O : Voilà, tout cela peut s’expliquer avec des raisons tactiques et stratégiques, stratégiques au point de vue de l’épuisement, tactiques parce que les arabes qui les rejoignent étaient pour la plupart par exemple des supplétifs de l’armée byzantine, ils formaient les contingents de cavalerie légère de l’armée byzantine. Et puis, quittant l’armée byzantine, et d’une l’armée se retrouve sans cavalerie légère et de deux l’armée qui s’y oppose, celle des cavaliers arabes, s’en retrouve renforcée. Avec des facteurs comme ça plus d’autres dont on parle moins qui sont des épidémies de peste qui ont décimé les endroits les plus peuplés, mais qui ont épargnés les zones de désert où s’étaient regroupées l’armée de Mahomet et des proto-musulmans à Médine. On peut comprendre que cette conquête ait pu être aussi fulgurante, il y a aussi derrière un regard rétrospectif qui est posé sur ces conquêtes par les commentateurs musulmans, on peut penser à Ibn Tamiya au 13ième ou 14ième siècle qui explique que la conquête s’est faite parce que tous les peuples applaudissaient des deux mains et se convertissaient gaillardement à l’islam. Comme on l’a dit, les conquérants n’étaient pas encore musulmans, ils ne portaient pas ce nom-là, ils s’appelaient autrement, et ils ne cherchaient pas à convertir les populations, mais simplement à remplacer leur maître. Quand ils arrivent en Egypte par exemple, province de l’empire byzantin, ils vont voir les égyptiens en leur proposant de virer les byzantins et de prendre leur place en leur faisant payer moins d’impôts tout simplement. Ça n’est que cent ans plus tard, qu’on serrera la vis et que la religion ayant évolué et commençant de s’imposer, viendront s’imposer des règles de dhimmitude où on fera payer des impôts spécifiques aux chrétiens et aux juifs, ou on les humiliera, on les empêchera de pratiquer leur religion comme auparavant et on les incitera à se convertir à l’islam. La bascule démographique, il faut attendre le 12ième ou le 13ième siècle, peut-être le 11ième, j’avais lu un ouvrage de démographe là-dessus, pour voir l’empire musulman devenir musulman. Ce qu’on appelle l’islam avec un grand i, la grande ère civilisationnelle qui va de l’Espagne à l’Asie centrale, et puis s’est encore étendu quand les ottomans ont pris la tête de l’islam, cette grande ère civilisationnelle était dans son immense majorité chrétienne et un peu juive aussi à l’époque de Mahomet, et elle l’est restée jusqu’au 12ième, 13ième siècle. Ça n’est que à partir de ce moment-là qu’il y a eu davantage de musulmans que de chrétiens.

G : ça c’est une question que j’ai essayée de poser à beaucoup de chercheurs qui ne m’ont jamais répondu.

O : il y a des ouvrages de démographes là-dessus, on les trouve notamment aux éditions Studia Arabica, mais ce qui est intéressant à considérer aussi c’est que le regard rétrospectif posé par les musulmans aujourd’hui sur ce temps-là n’est pas du tout le même. Eux, iIs voudraient voir une entreprise de conversion massive de chrétiens, de juifs, de païens heureux d’accueillir la nouvelle révélation. C’est comme ça qu’ils veulent voir l’islam. Parce qu’en fait qu’est-ce qui se passe pendant ce temps-là du primo islam dont je vous parlais, c’est une recomposition un peu pénible, cela se fait sur fond de guerre civile, c’est-à-dire que les arabes s’étripent entre eux pour savoir qui sera légitime pour régner au nom de Dieu. Ils n’ont pas renoncé à l’idée que dieu les avait choisis et élevés au-dessus des autres pour former les armées au moment du retour du Christ. Et ils se disent que puisque Jésus ne revient pas, il n’y a pas besoin qu’il revienne même, dieu nous envoie un signe, il nous a choisi nous pour faire le travail de Jésus. Donc il va y avoir une forme d’appropriation de ce qu’ils pensaient être le rôle de Jésus et ça on en voit un signe très très fort dans le mot, le titre de calife que prend Omar, le successeur de Mahomet, commence à se faire appeler calife. Et calife ne veut pas dire successeur de Mahomet comme les commentateurs tardifs de l’islam lui ont donné ce sens, mais il veut dire initialement lieutenant ou gérant sous-entendu de dieu. Et c’est le titre même du messie, dans l’esprit des proto musulmans et des musulmans, il est un homme qui est envoyé par dieu comme son lieutenant pour commander ses armées. Que le chef des arabes prenne ce titre, cela nous montre qu’il y a une appropriation du rôle du messie.

G : il y a un changement religieux considérable

O : Le changement religieux se fait dans cette phase d’appropriation. Il va y avoir au fil de cette guerre civile une forme de bouillonnement créatif, un jeu de concurrence entre factions arabes, entre factions moi je suis partisan du calife, partisan de telle famille, opposant. On en a des traces aujourd’hui, on nous raconte l’opposition des chiites, des sunnites, des Kharidjites par exemple qui datent des tous premier temps de l’islam. Pendant les cinquante ans qui suivent l’échec de la tentative de faire revenir le messie à Jérusalem, apparaissent les différents concepts qui vont fonder l’islam, c’est-à-dire le concept de prophétie, dieu aurait parlé à une personne en particulier pour lui apporter le message comme quoi les arabes auraient été élevés au-dessus des autres peuples pour sauver le monde entier. Cela va se retrouver dans un livre, il va falloir commencer à constituer un livre qui va devenir le coran, il va falloir un lieu d’origine, un lieu saint d’origine à cette religion nouvelle en formation. Ça va être la Mecque, il va y avoir un des opposants au Calife qui va dire, moi j’ai le lieu d’origine, c’est à la Mecque que cela se passe, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’arrive le calife Abd Al-Malik qui lui va avoir le génie de non pas inventer un nouveau concept pour se mettre au-dessus des autres mais de les rendre tous à son compte, et comme c’est le plus fort, il va mettre tout le monde au pas. Etant le plus fort, il va se dire il y a quelque chose en moi de messianique, il va presque se prendre pour le messie lui-même et il va poser les bases de l’islam. Il prend le titre de calife, mais c’est lui notamment qui constitue le recueil quasi final, Leila vous en parlera.

G : Il prend le titre de calife contre le gendre de Mahomet, non ? Est-ce qu’il n’y a pas là l’origine de la rupture entre sunnites et chiites ?

O : Dans la tradition musulmane, elle est antérieure encore, c’est à la succession du calife Ali que va se faire la rupture qu’on dit être celle entre les chiites et les sunnites, les chiites sont les partisans du calife Ali qui est le gendre de Mahomet et son cousin (Note personnelle : Mahomet a épousé sa fille selon leur tradition !) qui défendent une conception héréditaire et religieuse du nouveau courant des arabes en formation, ils estiment qu’il faut un chef religieux, un iman, et qui plus est un chef qui soit de la famille du premier chef, de Mahomet pour conduire les croyants, tandis que chez ceux qui deviendront par la suite les sunnites, ce serait un anachronisme de parler de sunnite comme de chiites à cette époque-là, ce sont les partisans du chef militaire.

G : le chef militaire c’est Omar alors ?

O : Omar meurt assassiné en 644, lui succède le calife Othman qui mourra aussi assassiné en 652, lui succède après Ali qui mourra assassiné en 656 je crois, je ne suis plus sûr. Dans la tradition musulmane Ali est le quatrième calife car il y a un personnage un peu énigmatique qui s’appelle Abou Bakr dont on n’a pas de traces en dehors des traditions musulmanes, qui aurait été un éphémère Calife entre Mahomet et Omar, lequel est le père d’Aïcha qui aura un rôle par la suite dans la constitution du Coran.

G : et serait la dernière épouse de Mahomet.

O : l’épouse préférée de Mahomet. Mais cet Abou Bakr n’a pas porté le titre de calife. Les traditions musulmanes nous disent que si, mais on n’a aucune preuve extérieure, aucune source historique alors que Omar, on sait par ailleurs qu’il a porté le titre de calife, il est appelé comme ça par les commentateurs non musulmans contemporains. Si on parlait Abd El-Malik, ce personnage est très intéressant, la plupart des islamologues pensent que c’est sous son règne qu’aurait été constitué le recueil final du rasm du coran.

L : Guillaume Dye, un philologue, dit la même chose, que c’est sous Abd El-Malik qu’aurait eu lieu cette constitution de ce rasm. Le rasm est le squelette consonantique. Il faut rentrer un peu dans les détails de la langue, c’est-à-dire que le coran n’est pas « voyellisé », et n’est pas « diacritiqué ». En fait si on apprend un peu l’Arabe, on voit que dans les textes anciens, les codex il va n’y avoir que quinze signes différents, quinze graphèmes différents qui doivent représentaient une centaine de phonèmes. On dit que l’écriture est défective : c’est-à-dire un signe visuel comme une petite courbe peut désigner cinq lettre différentes. Ces signes diacritiques ne vont être mis qu’au cours des siècles et donc les spécialistes de la constitution du coran disent que cela a mis trois siècles avant d’être complètement fixé, « diacritiqué ».

G : Est-ce que les versets sataniques, ces versets dont on ne connait pas le sens, est-ce que les versets sataniques ne sont-ils pas justement des reliquats de ces signes.

O : Pourquoi est-ce qu’on appelle ces versets sataniques, parce que la tradition musulmane qui date de 200 ans après les faits, attendons-nous, cette authentique tradition nous dit que ces versets sont sataniques parce que le présupposé est que le coran vient de dieu. Avec ce présupposé que le coran vient de dieu, on se retrouve quand on a le recueil qu’a constitué Abd El-Malik, mais à cette époque-là on ne dit pas que le coran vient de dieu encore, qu’il est la parole incréée à la virgule près de dieu, ça c’est à partir de 847 que ce sera dit et dicté par le calife Muttawakkil, auparavant on est encore en train de débattre sur la nature du coran, c’est une sorte de catéchisme en fait.

L : Il y a eu deux courants qui y étaient opposés. Les mu’tazilites n’étaient pas du tout d’accord.

O : Cette idée que le coran est le verbe incréé de dieu à la virgule près et à l’accent près diacritique qui n’existait pas à l’époque de Mahomet, c’est une idée tardive. Au temps des conquêtes arabes, alors il n’y avait pas de coran, quand on a commencé d’en constituer un à la fin du 7ième siècle et puis après on a travaillé dessus, le coran était vu comme un texte qui établissait les arabes comme les nouveaux seigneurs du monde et puis petit à petit les musulmans quand l’islam s’est ouvert à l’universel avec la prise de pouvoir des abbassides. Mais il s’agissait davantage d’une forme de catéchèse donnée par dieu que de la parole incréée de dieu. Il y a eu derrière pour arriver à cette parole incréée de dieu toute une construction théologique, parce que dans cette idée qu’il fallait que les arabes soient les seigneurs, il fallait aussi que leur religion soit l’ultime religion. Et donc il fallait que leur texte soit parfait, absolument parfait. Donc il y a toute une entreprise, une construction subtile qui vient se faire au fil des siècles, le texte est ainsi peaufiné. Une fois qu’on a dit que le texte venait de dieu à la virgule près, qu’est-ce qu’on fait avec les parties du texte qui n’obéissent pas à ce commandement nouveau, à ce concept nouveau. C’est comme ça qu’a été inventé l’histoire des versets sataniques, les versets sataniques si on les lit, on y voit un sarcasme de prédicateur qui prend à partie la superstition des arabes locaux à qui il s’adresse, d’ailleurs les arabes sont toujours aussi superstitieux aujourd’hui qu’ils l’étaient à l’époque de Mahomet, si vous connaissez un peu les pays arabes, vous verrez que la superstition à laquelle s’adresse le prédicateur dans le coran, l’auteur qui parle dans le coran dans des versets sataniques, elle est toujours d’actualité d’aujourd’hui.

G Ces versets sataniques sont une critique de la superstition.

O : Oui, il vient leur reprocher leurs superstitions, ils peuvent être chrétiens et continuer d’avoir une petite vénération pour les trois divinités al-Lat, al-Uzza et Manat qui étaient vénérés un peu partout dans le Moyen Orient comme je ne sais pas comme par exemple un gaulois chrétien toucherait du bois par exemple. Ce sont des superstitions et on y voit le prédicateur se répandre en sarcasme en disant mais regardez-vous qui vous dites, j’imagine chrétiens, vous continuez d’être superstitieux. Mais le problème est que si on le lit comme ça, ce n’est plus la parole incréée de dieu. Donc la seule façon pour le commentateur tardif de dire que c’est la parole incréée de dieu c’est de dire que c’est inspiré par satan.

G : Ce sont des versets qui vont contre la doxa musulmane du coran incréé c’est tout.

O : Si on les lit tels quels, on y lit le sarcasme d’un prédicateur. Est-ce que dieu fait du sarcasme en fait ?

G : Cela montre ce qu’est le coran finalement, un recueil de prédications.

O : Oui, c’est ça. Le coran a été constitué à partir des textes arabes dont disposaient les arabes, on va dire dans la phase qui suit la guerre civile qui suit la prise de Jérusalem, dans la deuxième moitié du 7ième siècle. Qu’est-ce qu’ils avaient à l’époque comme texte en arabe, sachant qu’à l’époque l’arabe n’était pas une langue écrite. Ils avaient des brouillons de prédications qui ont pu appartenir à Mahomet ou à d’autres prédicateurs et des instructions de prédications faits par les judéo-nazaréens. Ils ont réalisé une sélection de ces brouillons là et on le voit très bien d’ailleurs, tous ces passages où la personne qui parle dans le coran dit « dis ça », « réponds ça » à telle objection. Qui parle là ? C’est l’instructeur judéo-nazaréen qui vient dire à son prédicateur, quand on te dit ça, tu dis ça.

L : Dans le coran, on ne sait jamais qui parle parce qu’il y a un changement permanent de pronom personnel et on ne peut jamais dire qui est le locuteur, d’autant plus qu’il n’y a pas de ponctuation. La séparation des sourates est faites beaucoup plus tard, on peut changer sans arrêt de locuteur, ça va être dieu qui parle, après on va dire que c’est Moïse qui parle, après on va dire que c’est Mohamet qui parle, mais c’est toujours « il,tu ». On a l’impression que ceux sont des textes mis bout à bout et la séparation se fait parfois de façon étrange.

O : A la fois, on ne sait pas mais une fois qu’on a travaillé sur l’histoire comme on a pu le faire avec le père Gallez, avec d’autres chercheurs, donc on sait qu’il y avait des judéo-nazaréens, qu’ils ont formés des prédicateurs pour aller embrigader des arabes, on peut reprendre le coran et le lire sans le co-texte, sans le sens forcé que veulent y mettre les musulmans et les commentateurs musulmans, et se rendre compte que l’histoire originel dont on parle maintenant, elle y est encore écrite.

G : ça c’est redoutable

L : Et on sent bien quand on lit le coran, qu’il y a quelque chose d’artificiel.

O : C’est la fin de mon petit bouquin, j’ai écrit un petit bouquin de vulgarisation de toutes ces recherches.

G : on peut rappeler le titre « Le grand secret de l’islam » et on peut rappeler qu’il est à la disposition de tous et le télécharger gratuitement ( https://legrandsecretdelislam.com/ )

O : Il est aussi disponible en librairie, c’est indiqué sur mon site. Ce que j’ai voulu faire à la fin de ce petit bouquin, c’est un chapitre où après avoir raconté l’histoire comme je le raconte là, où on va plus loin, on va jusque la cristallisation de l’islam au 11ième siècle à peu près. Là, on reprend le coran pour y découvrir qu’on y retrouve cette histoire cachée en fait, ce grand secret e l’islam comme je l’ai appelé dans l’ouvrage.

G : ce grand secret est contenu dans le coran en fait.

O : il est à peu près contenu dans le coran et quand on a les versets, on a une lecture musulmane qui a à peu près le sens de l’interprétation majoritaire chez les musulmans qui va nous dire là c’est parce que Mahomet était à la Mecque en train de faire ci, là c’est après une bataille

L : Il y a des commentaires en bas de page.

O : Oui, il y a énormément de commentaires et de notes qui permettent de lire le coran. Le premier de ces commentaires étant la bibliographie de Mahomet lui-même, la sîrah, l’écrit légendaire qui date de 200 ans après les faits. Mais à partir du travail historique, on peut tout à fait essayer de comprendre ce qu’étaient les feuillets originaux. A tel moment par exemple le prédicateur nazaréen ou arabe dit « Attention, il y a les bons juifs qui sont les amis des arabes, ce sont les juifs nazaréens, cela ceux sont de bonnes gens, et il y a des mauvais juifs qui sont des juifs rabbiniques. Pourquoi ils sont mauvais, parce qu’ils ont par exemple recouvert leur écriture, ce sont des koufars (recouvreurs), dans le commentaire tardif musulman on dit ce sont des mécréants, mais les koufars ce sont les mauvais juifs qui ont recouvert la Torah avec les talmuds et qui ont donc institués de nouveaux textes écrits de main d’hommes au même rang que les écritures sacrées, sacrilège absolu pour les judéo-nazaréens.

G : Oui c’est le talmud qui est critiqué.

O : C’est le talmud qui est critiqué mais alors dans la pensée musulmane classique, dans les commentaires musulmans, ce n’est pas possible d’avoir des bons juifs amis des arabes que sont les judéo-nazaréens et d’autre part des mauvais juifs qui seraient les rabbiniques.

G : En fait les judéo-nazaréens ont disparus.

O : les judéo-nazaréens ont disparu, on a voulu les faire disparaître jusqu’à leur nom même. C’est-à-dire que quand ils sont nommés dans le coran en tant que nasara nazaréens, et bien on a voulu faire croire qu’il s’agirait de chrétiens. Il y a eu comme ça tout un glissement de sens dans l’histoire et dans le commentaire des musulmans, et on a inventé petit à petit une nouvelle histoire qui visait à occulter l’histoire originelle, donner une légitimité nouvelle à la conviction messianiste des arabes, cette conviction que dieu les avait choisis, enfin devenu conviction des musulmans, cette conviction que dieu les avait choisis pour établir sa loi sur toute la terre et en expulser le mal, cette conviction qu’ils ont d’être les sauveurs du monde en fait. Et puis également l’autre objectif que les califes ont donné à l’entreprise d’écriture de l’islam, c’est la légitimation de leur pouvoir, de leur autorité despotique en fait. Vu qu’ils calquaient leur autorité sur le modèle qu’ils prétendaient être celui de Mahomet, bon, il y a beaucoup de choses dans la conduite de Mahomet telle qu’elle est décrite dans la tradition légendaire, telle que Mahomet se présente à Médine, dont on peut se demander si ce ne sont pas les califes même qui ont imposé aux traditionnistes de relater l’histoire dans le sens qui les arrangeait. Et on a même des témoignages de commentateurs musulmans qui nous expliquent cela. On va encore parler d’Ibn Tamiya qui écrit quand même quelques siècles après au 12ième ou 13ième siècle, il relate dans des chroniques historiques des moments où le calife convoque un traditionniste en lui disant : je cherche une histoire de Mahomet authentique où Mahomet aurait fait exécuter, assassiner un caricaturiste, un poète, un opposant, est-ce que tu peux me trouver ça ? Le gars revient le lendemain, il lui a trouvé une histoire authentique avec une chaîne de transmission orale en béton, un isnad des plus solides donc. Et le calife le gratifie de mille dinars. Et cette histoire part dans la sîrah après, dans l’histoire de Mahomet où on va nous expliquer que Mahomet à Médine a fait exécuter un opposant dans telle, telle condition. Alors quel crédit on peut donner à la sîrah ? On voit que le fait qu’elle a été écrite dans un contexte de politique, de despotisme absolu du calife, fait qu’on ne peut avoir aucune confiance dans l’historicité de ce document. On est vraiment là dans le cadre d’une construction légendaire.

G : de construction politique où le calife a besoin par exemple de devoir justifier

O : la taille de son harem par exemple, et on voit que plus on s’éloigne dans le temps, plus les hadiths agrandissent la taille du harem, et c’est très difficile d’y voir clair. Derrière, beaucoup de musulmans viennent nous voir en disant non Mahomet n’avait pas treize femmes, il en avait onze.

G : juste pour détendre l’atmosphère, je ne sais pas si c’est de la gaudriole ou pas, mais enfin ! Quand on pense que le successeur de Mahomet n’est pas son fils mais son gendre, peut-être qu’il n’a pas eu tant de femmes que ça car finalement, il n’a pas eu tant d’enfants que ça. Il n’a pas de descendant mâle.

O : La tradition lui donne deux fils garçons mais morts en bas âge.

G : La tradition a quand même pensé à ce détail.

O : Mais alors la tradition en question si on s’éloigne assez loin dans le temps, Mahomet va avoir alors je ne sais plus, c’est de l’ordre d’une trentaine de femmes, il doit avoir une trentaine d’épouses légitimes plus les captives. Et la tradition nous dit également qu’il était capable de les honorer toutes en une matinée. Mais qu’il n’a pas eu d’enfants malgré cette vigueur légendaire. Et que les seuls enfants qu’il a eus sont les quatre filles qu’il a eu de sa femme Khadija, sa première femme. Voyez là on est face à une construction légendaire à partir de laquelle on essaie de trouver un fond de réalité.

G : Et le fond de réalité, ce sont quand-même les quatre filles

O : les quatre filles car elles ont existé, à commencer par Fatima qui a eu une postérité justement. Mais les enfants morts en bas âge et ses trente, ou dix ou quinze selon les traditions ou vingt-cinq épouses, qu’est-ce qu’on peut en dire d’autre qu’elles correspondent en fait à la volonté des califes au moment où la sîrah est parue où les hadiths qui ont permis de faire la sîrah ont été écrits, la volonté des califes d’avoir une justification à leur propre conduite. Pareillement, on peut encore aller plus loin, on peut se demander si, vous connaissez certainement l’histoire d’Aïcha, son épouse préférée.

G : Alors Aïcha c’est le problème de pédophilie.

G : épousée à l’âge de six ans, mariage consommé à l’âge de neuf, est-ce que ça concerne vraiment Mahomet ou est-ce que ça concerne le calife qui a commandé, surveillé la publication des hadiths qui parlent de ça. On peut se poser la question, derrière on peut aussi trouver des motifs politiques, c’est que Aïcha a été après importante dans la constitution du sunnisme, on a pu douter de sa fidélité, elle a été très attaquée notamment par les chiites, par ceux qui sont devenus les chiites, en en faisant l’épouse de Mahomet à un âge très jeune, à ce moment-là on désamorce les critiques en disant qu’il n’a pas pu avoir d’autres influences chez Aïcha que celle de Mahomet. Donc là, on est dans des espèces de construction tardive desquelles on essaie de tirer un sens mais c’est très compliqué, il faut se rendre à l’évidence qu’on ne pourra jamais avoir un niveau de détail aussi important sur la vie de Mahomet et cette époque-là que ce que les traditions musulmanes en disent.

L : ce que je voudrais ajouter c’est que Mahomet qui n’ait pas de père et n’ait pas de fils, c’est quand-même étonnant par rapport à la généalogie. Par exemple, si on prend la généalogie de Jésus, la première chose qu’on va dire dans les évangiles, c’est d’expliquer la généalogie de façon précise.

G : Et Mahomet n’a pas de père connu.

L : il est orphelin rapidement, mais la tradition musulmane connaît son père, connaît son ascendance, et son père s’appelle Abdallah et son grand-père s’appelle Abdallah, esclave d’Allah, Allah veut dire le dieu unique.

L : C’est un prénom chrétien

O : Prénom chrétien qui plus est ou serviteur de dieu si on veut. Hors ces deux personnes là dans la tradition qui nous explique qu’elles ont existées sont censés avoir été des polythéistes habitant à la Mecque.

G : polythéiste et serviteur de dieu ça ne marche pas.

O : Qu’est-ce que c’est qu’un polythéiste qui connaît le concept du dieu unique. C’est complètement incompatible, j’en ai déjà parlé avec des musulmans, ils s’en sortent sans comprendre en fait le sujet. Ils ne comprennent pas que c’est complètement incompatible, que cela révèle une contradiction fondamentale, quand ces gens ont créé une légende polythéiste de la Mecque parce qu’il fallait créer un environnement vierge dans lequel la révélation en arabe pour les arabes aurait été reçu, ils ne sont pas rendu compte de ce qu’ils faisaient. Ils ont fabriqué des choses incohérentes.

G : le temps passe et on arrive à la fin de la première partie de cette émission, je voudrais que vous disiez quelques mots sur la reprise bien connue des sourates par ordre de grandeur, la recomposition du coran où on a reclassé les sourates par ordre de grandeur.

L : oui ne n’est pas arrangé par ordre chronologique mais par ordre de taille numérique.

G : Et ça c’est tardif, c’est évidemment une recomposition tardive.

L : oui parce qu’il existe d’autres chronologies, il n’y a pas qu’un seul coran avec la même chronologie. Il y a la chronologie d’El Hazar qui n’est pas la même, et il y en a d’autres.

O : il y a eu dans la constitution du coran, l’ordonnancement des chapitres, enfin des sourates et puis même l’ordonnancement des versets, la volonté de maquiller, de cacher ce qui autrement se donnerait à lire. Je pense en cela aux travaux de Jean-Jacques Walter qui a travaillé à une thèse sur l’étude informatisée du coran par la théorie des codes. Il pense que le coran est un ensemble de petits morceaux qu’on a ré-agrégeait. Enfin on va dir qu’il y avait des textes initiaux qu’on a découpé et qu’on a copié, collé en fait.

G : Comment il le prouve ?

O : par l’informatique, il a travaillé à ce qu’il a appelé la théorie des codes qui est une théorie employée en cryptographie depuis les années 40, par les mathématiques d’un niveau assez avancé, on peut montrer des convergences ou des proximités de codes, de textes. On s’en est beaucoup servi pour casser des codes. Mais sur des textes, avec cette théorie-là, on peut montrer qu’un texte a un auteur unique, plusieurs auteurs, on peut montrer des similarités entre un morceau de texte et un autre.

G : même s’ils ne se trouvent pas au même endroit du recueil.

O : Voilà, alors derrière c’est une méthode extrêmement complexe, il a fait travailler deux ou trois doctorants en mathématique, il doit y avoir peut-être deux milles personnes dans le monde qui comprennent ce qu’est la théorie des codes, certainement pas moi quoi ! Et pour faire sa thèse par exemple, à chaque fois qu’il pose une question du type par exemple toutes les thématiques qui se rapportent à Marie ont le même auteur dans le coran ? Il faut deux thésards en mathématique avec plus de 10 ans d’étude en math très avancée pour travailler pendant deux mois pour écrire un code informatique, faire tourner des simulateurs et là on a la réponse. C’est un travail assez complexe.

(https://www.youtube.com/watch?v=k5pF5seXGIM)

L : Manfred Kropp qui travaille sur des méthodes de linguistique a montré qu’au dôme du rocher, il y avait un agglomérat de sourates qui étaient dispersées dans le coran, c’était sur Jésus mais en fait dans le dôme du rocher, ces agglomérats sont placés autrement et ça donne un texte totalement cohérent. Dans la disposition dans le coran, elle est plus ou moins aléatoire et une fois qu’ils sont mis dans le dôme du rocher, ce sont des citations sur Jésus, cela donne un texte qui a un poids théologique.

http://www.sam-network.org/video/islam-la-tradition-ecrite-versus-tradition-orale?curation=2176.3 (conférence Kropp)

http://ingiagzennay.free.fr/2005.10.11.KROPP.pdf

Louis-Marie de Prémare : http://www.lemessieetsonprophete.com

Résumé de ses ouvrages pour hyper-pressés  : Cette étude universitaire met en lumière l’enracinement insolite de l’islam dans la religion hébraïque et dans le christianisme.
Pour ce faire, il faut remonter jusqu’aux courants messianistes apparus au IIe siècle avant notre ère : ceux-ci préparaient lointainement la mouvance idéologique politico-religieuse qui s’est formée après l’an 70 en opposition à la révélation chrétienne – tout en dérivant de celle-ci. Également très opposée au judaïsme rabbinique, cette mouvance post-chrétienne des « judéo-nazaréens » reconnaissait Jésus comme Messie mais non comme Sauveur (c’est-à-dire comme Celui qui vient visiter son peuple).
Ceci avait peu été mis en lumière en amont de l’Islam. Au regard de l’histoire, Mahomet apparaît au VIIe siècle non comme annonçant une nouvelle religion, mais comme le chef militaire au service de cette mouvance qui avait déjà eu une influence discrète mais profonde dans le monde au cours des six siècles précédents.

Déclaration du prince Louis de Bourbon descendant direct de Saint Louis

 

À l’occasion de la fête de Saint Louis, le 25 août, le prince Louis de Bourbon, descendant direct de Louis XIV et de Saint Louis, a adressé à la France un communiqué officiel.

Déclaration de Monseigneur le duc d’Anjou

jeudi 25 août 2016.

 Mes chers compatriotes,

La date du 25 août, fête de la Saint-Louis, mon aïeul et mon saint patron et aussi le modèle largement reconnu de la sagesse en politique, m’offre l’occasion de m’exprimer.

Je n’ai pas voulu le faire au moment où les dramatiques événements de l’été se sont produits car ma voix aurait peu apporté à ce qui fut dit alors. La compassion devant les victimes s’imposait et continue à s’imposer car les conséquences de ces attaques barbares sont loin d’être terminées ; les encouragements aux forces de sécurité et de secours ou aux équipes de soins s’imposaient elles-aussi et s’imposent encore devant l’ampleur du mal. Mais au-delà ? Que pouvait-on dire devant l’horreur des actes commis ? Les assassinats aussi monstrueux que lâches, d’êtres innocents, n’ont jamais aucune justification et les commettre au nom d’une religion encore moins. Fanatisme et politique n’ont jamais fait bon ménage. L’histoire nous le rappelle.

Or c’est justement au nom de l’histoire, mais sans nostalgie et dans un souci d’avenir meilleur, que je peux apporter quelque chose, au moment où la France, mon pays, subit une grave crise. Il me semble que les seuls remèdes politiques habituels ne suffiront pas à conjurer les dégâts et la profondeur du mal. Vu avec le recul des siècles et surtout l’expérience que cela donne, le mal qui atteint la France me parait double.

  • Il y a d’abord une guerre de civilisation, déclarée par un ennemi plus ou moins visible et insidieux, et que désormais les gouvernants semblent enfin désigner par son nom
  • mais, surtout, une très profonde et grave crise morale ou d’identité, sorte de cancer de l’intérieur qui nous affaiblit tout autant, peut-être même davantage, que l’ennemi désigné.

De la guerre qui est menée à la France, à l’Europe, à la Chrétienté, que dire ? Accepter de mettre un nom sur les choses et donc les qualifier est déjà le meilleur moyen pour combattre. L’ennemi identifié, Il s’agit de concevoir et de mettre en œuvre une politique étrangère et une politique intérieure qui répondent aux intérêts de la France et de l’Europe chrétienne dont nous sommes solidaires. Il s’agit ensuite d’avoir une stratégie et une tactique. Je ne doute pas que l’une et l’autre soient à la portée de nos gouvernants quels qu’ils fussent, s’ils acceptent de se remettre en cause, de se donner les moyens de la lutte et de faire confiance aux spécialistes. Faire parler la raison plus que le sentiment et l’idéologie. La France a toujours su mener les combats, ses forces armées sont reconnues par tous et partout, et le pays entier trouvera l’énergie nécessaire pour les soutenir. Déjà, force est de constater que de saines réactions ont commencé à apparaître.

La crise morale est plus grave. Les causes internes sont toujours plus complexes à combattre que les ennemis déclarés. Elles le sont notamment parce que elles ont souvent des origines plus profondes, plus lointaines. Mais l’histoire dont par ma naissance je suis en quelque sorte le représentant comme héritier et successeur des souverains qui, patiemment, siècle après siècle, ont façonné la France, l’histoire montre que les crises de conscience ne sont pas insurmontables. C’est même souvent de l’épreuve et de la rupture avec des habitudes passées qui endorment plus qu’elles ne font progresser, que la France s’est constituée.
Dès l’origine ! Épreuves et rupture, avec Clovis qui fait passer la Gaule du rang de province romaine à celui de royaume libre et autonome ; épreuves et rupture avec la renaissance carolingienne ; puis avec le renouveau de la souveraineté au XIIIe siècle, celui de Bouvines et de Saint Louis ; et je continue avec le renouveau d’après la guerre de Cent ans qui avait pourtant laissé la France exsangue et quasi à la merci d’une dynastie étrangère. Que dire de la Renaissance qui a suivi le désastre de Pavie, de celle d’après les Guerres de Religion ou encore du sursaut admirable de tout le pays dans les premières années du XVIIIe siècle alors que Louis XIV devait faire face à une Europe une nouvelle fois coalisée. Oui, il y a un ressort très français qui veut que notre pays même malmené, même quasiment abattu, ne capitule pas.

Ces sursauts proviennent de la nature très particulière de la France. Ce n’est pas un état comme les autres. Le pouvoir ne s’y confond pas avec la force. La France a toujours reposé sur ses familles, sur des communautés d’intérêt, sur un état de droit mis en place alors que l’Europe connaissait encore régime féodal et droit du plus fort. Si la France présente cette spécificité cela lui vient de ses origines. Clovis, ne fut pas seulement le premier des rois, mais ce fut surtout le premier des rois chrétiens. Ainsi dès l’aube de la civilisation française il y avait, venant couronner au sens propre comme figuré le pouvoir, une transcendance. Politique et mystique allaient de pair. Jamais le roi ne fut un monarque tout puissant. La royauté française a toujours été vécue comme un service, imposant des devoirs garantis par Dieu. Au-dessus du roi il y avait toujours la nécessité de conserver les préceptes de l’évangile qui sont aussi ceux du droit naturel : respect de la personne humaine, respect de la famille. La France a mérité le titre de «Fille aînée de l’Église », parce que plus que toute autre nation, elle a su mettre ses devoirs avant ses droits. Elle a puisé dans la religion une éthique qui donnait à la politique une autre dimension. Ainsi, elle devint un modèle.

Certes cela a pris des contours bien différents selon les âges, mais le principe a toujours subsisté ; certes il y a eu parfois de mauvaises politiques mais justement reconnues comme telles. Mais l’histoire nous enseigne aussi qu’il y a des limites à ne pas franchir, des principes non négociables : la souveraineté de l’état, le primat du bien commun contre les intérêts particuliers, les libertés notamment collectives pour garantir les particularismes hérités de l’histoire des lieux, etc.

L’histoire nous apprend aussi et surtout qu’un peuple est grand quand il a des motifs de partager une vision commune de sa destinée c’est-à-dire de son avenir ; de donner de lui-même pour des causes qui le dépassent mais qui le font entrer dans l’histoire. Tel est bien ce qui a produit les grands artistes, les grands savants, les grands capitaines et les conquérants ; les gloires nationales que nos livres, nos mémoires, nos chansons exaltaient. Durant longtemps, de l’épopée des grognards de l’Empire au «debout les morts ! » de la Guerre de 14-18, les régimes nouveaux ont continué à évoquer ce récit national. La mystique de la Patrie avait su remplacer l’amour pour le Roi et la Couronne.

Mais qu’en est-il actuellement ? Quelle «mystique » est-elle offerte aux jeunes depuis deux ou trois générations ? Celle du consumérisme et du matérialisme ; celle de la culture de la mort ; celle du jeu et du moindre effort, celle de la toute-puissance de l’argent. Depuis des décennies ont été élevés au rang de nouvelles valeurs l’individualisme, l’abandon de la notion de service et de sacrifice, le relativisme, l’immanence et, comble, la négation des épisodes glorieux de notre histoire dont il faudrait s’excuser ! Tout cela a détruit peu à peu les fondements de la société qui n’a plus su intégrer ceux qui frappaient à sa porte et qui, surtout, a ôté tout souhait et désir de s’intégrer à la France devenue plus un contre-modèle qu’un modèle.

Il me semble que la cause première de ce triste état des lieux est avant tout l’abandon des repères notamment religieux par notre pays c’est-à-dire ces limites sans lesquelles les libertés ne sont plus que des licences dangereuses tant pour l’homme que pour la société. Ainsi, en un peu plus de deux siècles a été porté profondément atteinte à notre identité, française et chrétienne. Les repères perdus, l’avenir est difficile à construire !

Aussi, nourrie de bonnes intentions comme le prétendent ses partisans, la laïcité républicaine n’en est pas moins un leurre. Elle nous coupe en réalité de nos racines séculaires et le vide idéologique laisse la place à toutes les idéologies mortifères.
Les jeunes ont besoin de grandeur, besoin d’espérance. Une société qui désespère et désenchante sa jeunesse n’a plus sa place. Il faut revenir de cet esprit d’abandon. Il faut retrouver enthousiasme, désir de se dépasser et, surtout, volonté. Retrouver la ferveur de Bouvines et de Patay, celle que montrent les champions sportifs prenant exemple sur les saints ou les militaires.

Offrir des perspectives qui présentent leur part de gratuité et de grandeur. Ces occasions ne manquent pourtant pas aujourd’hui où les combats à mener sont nombreux : ceux pour redonner à la vie humaine sa place avec ses multiples facettes depuis l’éthique oubliée dans les états riches jusqu’aux problèmes de malnutrition dans les pays pauvres ; ceux pour rendre notre planète plus durable après qu’elle a été souvent saccagée par l’inconscience de plusieurs générations ; ceux pour faire accéder le plus grand nombre à l’instruction sans laquelle il n’y a pas d’échanges possibles entre les hommes. Savoir se parler et pouvoir se comprendre !

Redonner le goût du bien commun et se souvenir que la France est d’abord une communauté forte de son identité façonnée par ses racines gréco-latines et chrétiennes. Heureusement, bon nombre de jeunes l’ont retrouvé d’eux-mêmes dépassant les faux maîtres qui les trompaient plus qu’ils ne les formaient. Depuis plusieurs années on les voit veiller sur leur pays ; retrouver les fondamentaux de la philosophie notamment politique, renouer avec les valeurs du don, de la gratuité sans lesquelles il n’y pas de bien commun possible. On les voit surtout retrouver le sens de la famille et de la vie sur lequel ils assoient leurs perspectives d’avenir. Le monde appartient aux jeunes et à ceux qui donnent du sens à leur vie. L’histoire de France nous l’enseigne.

J’ai voulu le rappeler car, en invoquant l’aide de Saint-Louis, mon aïeul, mais aussi celle de tous les saints et saintes de France, si nombreux, et en n’oubliant pas le dernier d’entre eux, le père Hamel, mort en martyr pour sa Foi, je crois plus que jamais en mon pays et en son avenir.

Louis de Bourbon, duc d’Anjou

Secrétariat de Monseigneur le duc d’Anjou,
Contact presse 06 28 94 89 88

Mel : anjoubourboncontact@laposte.net

Merci Monseigneur pour cette déclaration à lire et à relire qui nous réconforte car nous avons l’impression d’être écrasé par cette machine révolutionnaire et anarchique qui veut la mort de la France Catholique, de son histoire, de son âme et en toute finalité une seconde mort du Christ, le Seul Sauveur en le mettant au placard des légendes.

Burkini : l’hypocrisie de la république

La France a connu l’été le plus sanglant depuis la guerre 40-45. L’islam s’est montré très agressif : attentat de Nice ; une mère de famille de 46 ans et ses trois filles, âgées de 8 à 14 ans, agressées à l’arme blanche par un homme de 37 ans et blessées grièvement pour deux d’entre elles  le 19 juillet 2016 dans un camp de vacances de Garde-Colombe (Hautes-Alpes) à cause de leur tenue de vacances décontractée ; le père Hamel égorgé sous des incantations musulmanes pendant la messe ; un chinois tué à Aubervilliers, meurtre qui fait suite à une série d’attaques de chinois supposés détenir de l’argent liquide, attaques qui ne sont que l’imitation des razzias opérés par Mahomet et ses successeurs. Il faut ainsi respecter la liberté de religion !

Suite à cette série meurtrière estivale, j’avais pensé que les musulmans seraient restés discrets tout au moins pour quelques semaines et se faire oublier. Et bien non : dans leur inconscient issu de la lecture coranique et des exploits de Mahomet relatés dans la Sirah, il n’y a pas de honte à tuer le non musulman et même le musulman qui n’est pas assez fidèle au coran. L’islam politique après avoir ensanglanté la France et attaqué femmes et enfants n’hésite pas à jouer la provocation avec le burkini avec le consentement de la majorité des musulmans dont le maire de Londres ; tout ceci sous la bienveillance de la république qui en reste comme toujours aux effets de manche pour lutter contre l’islam politique. Saisi par la Ligue des droits de l’homme (LDH) et le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), le Conseil d’Etat a tranché, vendredi 26 août, invalidant formellement les deux ordonnances du tribunal de Nice qui interdisent le burkini (mot formé par le contraction de burka et bikini). Bien sûr les droits de l’homme sont invoqués, ces droits de l’homme ou plutôt des voyous servent à supprimer de toute conscience européenne ce qui peut rappeler les pratiques catholiques, ainsi les droits des minorités hostiles au catholicisme sont mis en avant depuis la révolution.

Après l’islamisation de la viande par certains abattoirs qui ne font pratiquement plus que du hallal même pour les consommateurs non musulmans pour simplifier la chaîne de production, la motivation principale des musulmans est l’islamisation de tous les lieux publics y compris les plages. D’ailleurs un homme d’affaire algérien Rachid Nekkaz, rembourse les amendes des femmes en burkini verbalisées en France. Il dénonce les arrêtés anti-burkini y voyant une réduction des droits fondamentaux des femmes musulmanes en France : il envoie les femmes en avant-garde des bataillons islamistes. Avant de s’occuper de la France, il pourrait s’occuper de la corruption étatique en Algérie qui fait des dégâts terribles.

Paradoxalement cette tenue qui est une sorte de prison ambulante a été interdite au Maroc car le port est jugé trop intégriste. Pourtant, les musulmans d’origine nord africaine et plutôt modérés que je connais sont contre cette interdiction en France. Ceci montre bien la volonté conquérante des musulmans dits modérés de soumettre la France aux dictats de l’islam. Le burkini, tenue jugée intégriste en terre d’islam, est encouragé par ces mêmes musulmans en terre non musulmane pour conquérir les plages de France et les islamiser. Les femmes françaises non musulmanes ne veulent pas retourner dans les criques où des femmes sont en burkini car elles s’y sentent étrangères et non respectées : le burkini est une arme facile de conquête des plages.

Le religieuses catholiques mettent une tenue semblable mais elles sont majeures et portent définitivement l’habit après une longue période de discernement et sans la surveillance oppressive de leur famille ; surtout elles ne vont pas s’allonger à la plage. Si les femmes musulmanes étaient si libres de porter cette tenue inconfortable dans le sable sous le soleil de plomb comme elles le prétendent, pourquoi leur commanditaire se promène-t-il en slip de bain ? Il n’y a que la femme qui doit se vêtir comme une momie ? Si elles cherchaient à mettre une tenue décente en réaction aux nudistes ou aux seins nus exhibés malgré les risques de cancer, ces musulmanes mettraient un maillot léger, un short ou pantalon court avec un foulard et surtout leur homme ne se mettrait pas en slip de bain juste à côté. Arrêtons l’hypocrisie.

Bien sûr la république avec sa religion de la laïcité et des droits de l’homme a autant d’arguments pour le voile que contre et en reste aux effets de manches. Pourtant le voile islamique est clairement un élément de conquête des esprits : une femme isolée parmi des musulmanes portant le voile finira par le porter pour avoir la paix et éviter les remontrances et regards méprisants des hommes. La république a eu moins de scrupules avec les catholiques pendant le génocide vendéen, les meurtres de religieux et de paysans et ses lois de 1905 qui ont affaibli la transmission de la foi. Pendant ces vaines polémiques sur le voile qui ne concernent que la partie visible de l’iceberg où les politiques font semblant de lutter contre l’islamisme, l’islamisation des consciences progresse peu à peu enfonçant notre pays dans la soumission aux ennemis du catholicisme que sont la république maçonnique et l’islam. L’immigration musulmane continue dans l’ombre, les rebelles et opposants au régime de Damas, proches de l’état islamique,  sont chassés et risquent d’arriver en France revendiquer leurs droits. On comprend alors mieux pourquoi ces deux idéologies se supportent malgré leur incompatibilité qui n’est qu’apparente car elle n’existent toutes les deux que pour lutter contre la Vérité qui est le Christ.

Une chose est sûre : il ne faut rien attendre de la république. La prière du chapelet, l’angélus et la pratique des sacrements sont certainement le seul remède car ces actes sont humbles et amènent au Christ : LE SEUL ROI ET LE SEUL SAUVEUR. Pour le reste, faisons simplement ce qui est à notre portée. Le jour de la reconquête arrivera comme en Espagne après l’invasion musulmane.

Pourquoi la République ne lutte-t-elle pas contre l’islam ?

Résumé
La république  veut contrôler et maîtriser toutes les religions en les mettant sous sa tutelle à égalité. La république tient pour l’instant ses promesses d’arbitre et de défenseur des droits de l’homme.
Ceci est son utopie et sa gloire afin de devenir le modèle universel. Les droits de l’homme pervertissent l’amour en droit.
La France est devenu un laboratoire grandeur nature pour la réalisation de ses ambitions.
Mettre fin à l’expansion de l’islam serait l’échec de la république et signerait sa mort prochaine.
En opposition, le catholicisme n’est ni une religion de conquête ou de révolte, ni une idéologie de fraternité avec l’ennemi qui organiserait par paresse et lâcheté un suicide collectif face à une nouvelle république islamisée. Le musulman pratique la taqiya c’est à dire  le mensonge sur sa foi en attendant d’être le plus fort pour imposer le contenu réel de sa foi ; au contraire le catholicisme est l’Amour de l’ennemi en vue de son salut éternel, il n’a pas peur d’annoncer le Christ sauveur jusqu’au martyr. Ne pas se défendre de la mort quand c’est possible est un suicide.

 La croix du Christ nous invite à Aimer nos ennemis musulmans. Le Christ a grandi dans une nation juive, cependant Jeanne d’Arc a montré la nécessité d’une France avec une vocation catholique.

La république repose sur les droits de l’homme qui déifie l’individu : l’homme refondé est dieu. Pour « libérer » l’individu de tout dogme, la république se met au-dessus de toutes les religions les reléguant dans le domaine privé : elle se définit ainsi comme pouvoir laïque.

Il est à noter que la laïcité est tout autre chose car elle a pour but de distinguer le pouvoir spirituel du pouvoir temporel. Dans la laïcité républicaine, il n’y a plus de pouvoir spirituel relégué à la sphère privée. Par exemple les religions ont été écartées des comités d’éthique. Donc le pouvoir républicain fait également office de pouvoir spirituel à travers les droits de l’homme. Il n’y a donc plus séparation mais concentration des pouvoirs : la république se définit comme laïque mais est dans les faits anti-laïque. Les termes républicains « liberté », « égalité », « fraternité » sont aussi des contresens car basés sur l’idéologie utopiste et non sur la réalité concrète.

L’islam va à l’encontre des droits de l’homme car elle ne considère pas comme pleinement homme les non musulmans, ce sont des sous-hommes (voir article apres-les-attentats-du-bataclan-rien-ne-change-sur-le-fond). Cette religion a pour but l’islamisation de la terre entière quel qu’en soit les moyens quitte à éliminer les personnes ne voulant pas se convertir ou à les mettre momentanément en «dhimmitude» pour asseoir sa puissance conquérante.

Pourquoi donc la république ne lutte-t-elle donc pas contre cette religion et même la protège ou mieux l’encourage ?

Ce laxisme de la république peut être circonstanciel afin de lutter contre le vrai ennemi qu’est le catholicisme qui est seul capable de lui faire opposition intellectuellement et historiquement par son incarnation historique dans la vie publique.

Essentiellement, par essence idéologique sur le modèle égalitaire, la république veut mettre une religion au même niveau que le catholicisme par la discrimination positive et promeut l’islamisation de la France : programme scolaire  du collège qui parle un peu plus de l’islam que de la religion catholique le démontre alors que ce devrait être l’inverse. A chaque lendemain d’attentat, il est réclamé plus de mosquées, plus d’imans qui seraient modérés afin de rattraper le retard par rapport aux catholiques en France. Une contrevérité car s’il existe des imans modérés pour diminuer les attentats, cela prouve que l’islam est fondamentalement violent dans ses gènes car il a besoin d’être modéré. Les catholiques dit intégristes n’appellent pas à la violence aveugle contre femmes et enfants mais à l’annonce du Christ à tous les échelons de la société ou à un combat armé soumis à des règles de conduite inspirées de l’amour de l’ennemi quand le pays est envahi comme Sainte Jeanne d’Arc l’a conduit.

Cette logique égalitaire positionne la république au-dessus des religions et les enferme dans son idéologie des droits de l’homme destinée à les maîtriser et les contrôler : le président Hollande reçoit les ministres des cultes après l’égorgement rituel du père Jacques Hamel pendant la messe. Quel décalage entre ces crimes et les actes censés y mettre fin : aucune critique de l’islam n’est même permise car la république est là pour protéger la liberté de culte et de croyance, surtout pour les non catholiques ! La politique de la république permettrait de gérer ces dérives sectaires de l’islam comme elle l’aurait fait dans sa mythologie de la révolution envers les dérives catholiques. Les « femen » ont profané la cathédrale Notre-Dame de Paris en l’envahissant les seins nus devant les nouvelles cloches, elles sont relaxées. Un boucher au chômage met des lardons devant une mosquée, il est condamné à 6 mois avec sursis : un exemple parmi tant d’autres de discrimination positive pour mettre à égalité artificiellement les religions tout mettant la république au dessus par ses lois et sa justice de plus en plus inspirées des droits de l’homme et non de l’amour du prochain et des dix commandements, la preuve est la création du tribunal européen des droits de l’homme.

Pour sauver les apparences, une république « islamisée » peut être envisagée à force de compromis avec cette islamisation artificiellement importée, ceci ne dérangerait pas outre mesure la franc-maçonnerie tant quelle contrôle l’état et les administrations. Les droits de l’homme s’assoupliraient à destination des musulmans comme on le constate aujourd’hui avec l’abattage hallal en contradiction avec les normes sanitaires. Valls a dit qu’il ne pouvait rien contre des millénaires de tradition. Par contre il lui est tout à fait normal de détruire la famille traditionnelle, cellule de base de l’église catholique : dénaturation du mariage en l’ouvrant aux couples homosexuels, autorisation puis simplification des mesures de divorces, éducation des jeunes à une sexualité débridée et passagère, droit à l’avortement sans le consentement des parents, etc.  Le droit de certaines minorités destructrices de la France chrétienne a depuis fait son chemin : toutes ces mesures paraissaient impensable à la population avant la guerre 40-45.  Le droit à la polygamie est déjà largement toléré, le droit à une charia allégée est mis dans les esprits avec le voile, le ramadân et son ramdam, la nourriture hallal, les mosquées, les accoutrements musulmans pour homme, la pression sur les femmes, les « incivismes » pour chasser les non musulmans de quartiers. L’élite musulmane peut se fondre dans le rite franc-maçon basé sur le déisme ou le grand architecte très proche du dieu musulman lui aussi impersonnel et distant. Certaines parties de la charia inadmissibles dans la culture chrétienne comme battre sa femme ou l’interdiction de se convertir à une autre religion seraient  adaptées selon la nouvelle utopie d’un islam de France chère à messieurs Sarkozy et Valls, mais pour combien de temps ? Rappelons-nous que la légalisation de l’avortement, de la contraception par médicaments ou le mariage homosexuel étaient impensable avant la guerre 40-45, aujourd’hui ils sont devenus des droits.

Le coran de conquête ne fait que réitérer la révolution française fondée elle aussi sur la terreur qui a mis au pas tout le peuple de France y compris la Bretagne et la Vendée plus organisées. Le droit à la conquête contre l’oppresseur catholique est le droit fondamental dès la genèse de la république française. L’islamisation de la France est depuis les années Giscard d’actualité et se confortera d’ici une génération ou deux, cependant elle n’atteint pas le pouvoir ou le cœur de la république :  tuer un prêtre n’est pas un crime contre la république contrairement aux élucubrations de Monsieur Valls, c’est un fait passager mais récurrent de son histoire. La république n’ira pas jusqu’à anéantir les chrétiens car elle a besoin d’eux : on ne peut tuer le réel.

Il faut l’avouer : pour l’instant la république tient ses promesses. Cependant si la république devenait islamique, les francs-maçons auraient échoué même si les apparences seraient sauvegardées car ils ne contrôleraient plus toutes les religions, la France deviendrait non pas une fille mais une des femmes de l’islam.

La conviction de la république dès sa conception est d’établir le nouveau modèle universel. Elle se prend pour le sauveur du monde avec ses droits de l’homme issus d’hérésies chrétiennes. La cause principale de ce laisser-faire envers le terrorisme issu du terreau musulman est l’orgueil et la suffisance de la république.  Elle est certes dépassée par ces attentats mais ne change pas sa politique d’islamisation car elle se renierait. Elle se croit supérieure aux 2000 ans d’histoire du christianisme qui ont vu les croisades lancées pour protéger les pèlerins et les chrétiens du Moyen Orient opprimés, égorgés, pris en otage, rançonnés ou mis en esclavage y compris sexuel suite aux conquêtes musulmanes et ottomanes. Par ses positions idéologiques et utopistes, la république croit éviter l’histoire de toutes ces minorités opprimées par l’islam depuis son origine (lire le dossier « Etre minoritaires en terre d’islam » de la Nouvelle Revue d’Histoire la-nrh.fr). L’islam a une très bonne expérience pour mettre un peuple en minorité chez lui en quelques décennies et l’exploiter. L’islamisation de la France est d’autant plus facile que l’idéologie des droits de l’homme lutte contre le cœur du catholicisme  que sont les familles monogames stables, les plus petites églises. Les droits de l’homme pervertissent l’amour en droit et détournent ainsi les esprits du Dieu d’Amour se faisant proche. Avec toutes les dérives sociétales un boulevard s’ouvre devant l’islam. La république veut-elle utiliser l’islam pour en finir avec le catholicisme ? Je ne crois pas, ce n’est pas son intérêt car elle perdrait sa crédibilité d’arbitrage des religions, elle utilise l’islam pour mettre en place un nouvel ordre moral et de justice dominant les religions qui seraient la cause de toutes les guerres et les malheurs de ce monde. Sa gloire et son utopie est d’établir un monde de paix. Le prix à payer de cet orgueil et de cette suffisance sont les morts civils et la « jizyah » avec nos impôts pour accueillir les musulmans et payer la note de ce nouvel ordre sécuritaire, sacrifices nécessaires à l’instauration d’un nouveau monde de paix derrière les caméras et les fusils comme tous les totalitarismes.

Dans le laboratoire grandeur nature franco-européen des droits de l’homme, il est inévitable d’avoir de gros échecs. L’islamisation non contrôlée comme expliqué ci-dessus en est un. Ce chef d’entreprise décapité dans la Drôme, ces jeunes torturés aux organes génitaux dans le Bataclan (1), cette femme avec ses trois filles agressées dans un VVF au couteau, des personnes de tout âge tués au hasard par des voitures et maintenant par un camion, etc. Je ne met pas le prêtre Hamel parmi les victimes des droits de l’homme car il est un martyr de sa foi. Dans une certaine mesure, les journalistes de Charlie Hebdo sont des martyrs de leur lutte contre tout dogme religieux.

Dans ce laboratoire des droits de l’homme, ces victimes sont nécessaires à la mise en pratique des droits de l’homme, comme l’ont été dans le passé les millions de victimes liées à la révolution ou par la démesure de la république comme avec Napoléon, puis les dizaines de millions de victimes issus de l’incompétence de la république comme en 14-18 ou en 40-45.

Aussi, malgré les marches blanches de fraternité, les discours vite oubliés des dirigeants, ces actes barbares sont relativisés et aucune mesure sérieuse n’est prise : pas d’expulsion, pas d’emprisonnement, pas de remise en cause des droits de l’homme pourtant nécessaire en cas de guerre, car la guerre est déclarée uniquement dans les discours. La guerre sur le territoire serait un échec de l’idéologie des droits de l’homme censé contrôler les religions. Quand la république fait la guerre, elle le fait très mal en tuant par erreur 120 civils en Syrie car elle ne veut pas collaborer avec les renseignements des services de Bachar Al Assad qui ne respecte pas les droits de l’homme par pragmatisme et non par idéologie comme en Arabie Saoudite ou au Qatar, nos nouveaux amis porteurs de pétro-dollars.

Echouer à dominer l’islam comme elle l’a réussi avec le catholicisme serait l’échec total de l’utopie républicaine de contrôler de toutes les religions.  Voilà pourquoi la république ne lutte pas efficacement contre l’islamisation : elle veut transformer l’islam, la France doit englober des catholiques et des musulmans selon sa stratégie et sous son idéologie. En mettant en avant plusieurs religions, elle neutralise leur message. En prolongeant le raisonnement, faire échec à l’expansion de l’islam en France signerait l’arrêt de son modèle d’arbitre et la fin de la république qui n’aurait plus de raison d’exister. Les lois contre nature tirées des droits de l’homme comme le mariage homosexuel, l’exploitation inhumaine des femmes indiennes par la gestation pour autrui, la procréation médicalement assistée, l’avortement encouragé et promu comme une libération de la femme, les contraceptions chimiques imposés subtilement aux femmes, l’immigration économique artificielle de peuples venant profiter des avantages sans y avoir contribué (les ouvriers de la dernière heure à la mode républicaine), etc., participent à cette idéologie englobant les religions pour les détruire dans leur fond. La république doit absolument adaptée toutes les religions à son modèle sinon ce serait son échec.

En contre-modèle de la république, le catholicisme n’est pas une religion de conquête ou de révolte mais d’annonce d’une civilisation d’amour, elle éduque les jeunes à la responsabilité sexuelle, encourage la famille stable et protectrice pour les enfants, incite à avoir une vie basée sur la contemplation, la spiritualité et le don de soi, en résumé tout ce qui a formé la France en 1800 ans jusque la révolution mais tout ce que rejette les courants idéologiques actuelles.

Pour calmer les catholiques face aux attentats, des marches blanches de fraternité sont organisées. On est tous frères quel que soit sa foi, il n’est plus demander d’aimer son ennemi et de lui annoncer le Christ sauveur pour son salut éternel jusqu’au martyr mais d’être tous frères. Par facilité et lâcheté, l’Amour de l’ennemi est perverti en fraternité entre les confessions. La religion de la fraternité républicaine est en marche. Certains de nos prêtres et évêques la prêchent même pendant l’homélie, ensuite le credo combattu par l’islam est récité ! Il nous est demandé non plus de témoigner du Christ mort et ressuscité, de raconter la belle histoire de France depuis son évangélisation par Sainte Marie-Madeleine mais d’être des frères et de tuer les générations futures ou de les mettre en « dhimmitude ». Les attentats ne sont que la partie visible de l’iceberg, la majorité des musulmans sont plus pragmatiques. Ils pratiquent la taqiya et cachent une partie de leur foi en attendant d’être les plus forts pour imposer la charia.  C’est un suicide organisé par générations interposées, les futures générations paieront nos reniements. Bien des familles vivant en banlieue ont commencé à payer la note. C’est malheureusement une conséquence logique de notre perte de foi. Les chrétiens du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord sous le joug islamique depuis 1400 ans sont disparus dans bien des pays. Le catholicisme a la vocation de l’annonce jusqu’au martyr du Christ mort et ressuscité pour sauver les hommes de leurs péchés. Elle est aussi une religion qui inspire la défense quand les chrétiens sont agressées pour sauvegarder le bien commun et se défendre de manière proportionnée (Luc 22,36). Jésus n’a pas demandé de sacrifier ses enfants, d’abandonner le pouvoir politique au seul pouvoir économique, de supprimer les frontières.  Dans le catéchisme le suicide est un grave péché d’autant plus s’il est collectif : ne pas se défendre quand c’est possible est un suicide.

Essayons de garder la paix, la confiance et l’espoir, nous aurons certainement droit à notre république islamique sauf à considérer un sursaut de foi dans le pays où les églises seraient pleines. Mais avec nombre d’évêques euthanasiés par les droits de l’homme prêchant l’islamisation de la France par l’immigration, la guerre n’est pas gagnée. Les jeunes sentent et s’aperçoivent que ce n’est pas la vraie foi et qu’on les trompe : foi et raison vont de pair a écrit Benoit XVI. La Sainte Vierge nous invite à cultiver notre foi, revenir aux textes saints, contempler les mystères de Dieu à travers la prière du rosaire, jeuner, adorer le Saint Sacrement et surtout à se confesser et participer à la Sainte Messe. Sur ces points par l’intervention miraculeuse de la Sainte Vierge et de son pape Saint Jean Paul II,  les responsables ecclésiastiques ont conservé la véritable foi catholique malgré les attaques de mai 1968. L’Eglise Catholique aurait déjà pu disparaître dans les années 70-80. La Sainte Vierge nous invite à recevoir et vivre l’Amour du Christ dans les sacrements.  Nous évangéliser et Evangéliser nos ennemis musulmans en leur annonçant le Christ Sauveur de nos péchés par le Croix  ne consistent pas à une marche blanche de fraternité où le musulman est conforté dans sa foi de conquérant messianique car il croit que le coran est l’aboutissement des textes saints et des évangiles, « le beau modèle du prophète Mahomet » supplantant le Christ. Inviter les musulmans à venir à la Sainte Eucharistie sans leur proposer notre foi est aussi une mascarade médiatique de cette célébration de la nouvelle religion de frères et du vivre ensemble.  Aimons en Vérité nos ennemis musulmans sans compromission, le compromis est l’arme de Satan, leur proposer le salut en les questionnant sur leurs nombreuses contradictions. Voir par exemple les conseils et l’ouvrage de l’abbé Pagès sur son site islam et vérité. Une véritable évangélisation ne peut se faire sans une communauté chrétienne unie, sans même un état catholique pour l’éducation de nos enfants qui distinguerait les ordres naturels et surnaturels c’est-à-dire temporels et spirituels .  La mission de Sainte Jeanne d’Arc a montré clairement la nécessité d’une nation catholique d’autant plus que le Christ est né dans une nation à culture juive même si la Palestine était contrôlée militairement par Rome. Voici notre combat, menons le avec nos limites et la grâce de Dieu, nous ne pouvons faire plus, nous ne sommes pas Dieu.

(1) http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-enq/r3922-t2.asp
M. T. P. Après l’assaut, nous étions avec des collègues au niveau du passage Saint-Pierre-Amelot lorsque j’ai vu sortir un enquêteur en pleurs qui est allé vomir. Il nous a dit ce qu’il avait vu. Je ne connaissais pas ce collègue, mais il avait été tellement choqué que c’est sorti naturellement.
M. Alain Marsaud. Les actes de tortures se sont passés au deuxième étage ?

M. T. P. Des corps n’ont pas été présentés aux familles parce qu’il y a eu des gens décapités, des gens égorgés, des gens qui ont été éviscérés. Il y a des femmes qui ont pris des coups de couteau au niveau des appareils génitaux.

Attentats : Hollande est venu recueillir les cendres de Jeanne d’Arc sur le bûcher.

Ce mardi 26 juillet 2016, monsieur Hollande est venu recueillir à Rouen les fruits de sa politique et celle de tous ses prédécesseurs depuis la révolution française : une haine et une lutte systématique contre le pouvoir catholique traduite ici par un attentat. Sainte Jeanne est venu rétablir le « tenant lieu » du Christ en faisant sacrer Charles VII. Après un procès politique aux ordres des anglais, elle est condamnée au bûcher pour sorcellerie dans le but de rendre illégitime le sacre de Charles VII. Elle sera brulée vive à Rouen le 30 mai 1431 excepté son cœur qui a dû être jeté en train de battre dans la Seine. Comment ne pas penser à cet événement avec cette tuerie organisée non plus par les anglais mais par un état islamique ennemi dans une Eglise française pendant la messe : du jamais vu. Le cœur du catholicisme est encore mis sur le bûcher mais il ne se consumera toujours pas. Continuer la lecture de Attentats : Hollande est venu recueillir les cendres de Jeanne d’Arc sur le bûcher.

Pourquoi ces traités de Maastricht et Lisbonne sont-ils anti-européens ?

Au moment du référendum en 1992, j’ai pris la peine de lire ce fameux traité de Maastricht. Je me suis rendu compte par ses nombreux articles que c’est un traité économique de libre échange au service de la finance et non des peuples européens. Mais que viennent faire ces directives économiques dans un traité politique avec une place prédominante de la banque centrale ? Ce traité est avant tout économique alors que l’économie est une science non exacte et en pleine évolution. Les pratiques économiques peuvent varier selon les époques et les peuples, alors pourquoi les graver dans le marbre d’une constitution ? Continuer la lecture de Pourquoi ces traités de Maastricht et Lisbonne sont-ils anti-européens ?

Brexit à l’anti-Europe : Un Grand Merci à Sainte Jeanne d’Arc et aux anglais

Matin du samedi 17 mars 1431, huitième interrogatoire non public dans la prison de Jeanne :

LA FONTAINE. – Dieu hait-il les Anglais ?
JEANNE. – De l’amour ou haine que Dieu a pour les Anglais, ou de ce que Dieu fera à leurs âmes, je ne sais rien. Mais je sais qu’ils seront boutés hors de France, excepté ceux qui y mourront ; et que Dieu enverra victoire aux Français, et contre les Anglais.

Avec cette réponse pleine de simplicité et de foi, Sainte Jeanne d’Arc ne pouvait connaître la pertinence prophétique et historique de ses propos. Grâce à elle et à Dieu, les anglais ont été boutés hors de France. En 1531, soit exactement un siècle après, Henri VIII rompt avec Le pape Clément VII. Le roi d’Angleterre est à fois chef de l’Eglise et chef de la nation. La France a pu ainsi rester Catholique et respecter la séparation des pouvoirs politique et religieux, sinon nous serions anglicans.

Aujourd’hui grâce aux anglais, commence la fin de cette Europe anti-chrétienne qui est dans le prolongement de l’idéologie matérialiste communiste. Continuer la lecture de Brexit à l’anti-Europe : Un Grand Merci à Sainte Jeanne d’Arc et aux anglais

Avortement : principale arme de la lutte contre la civilisation de l’Amour.

Merci à Jacques Bompart qui a organisé ce mardi 31 mai 2016 avec « Le Salon Beige » (http://lesalonbeige.blogs.com) et le soutien de Jean-Frédéric Poisson une journée parlementaire pour la vie. Ce sont les deux derniers députés résistants à l’idéologie de mort et de destruction de notre culture et de notre religion.

Quelle est cette idéologie que l’on veut nous imposer aujourd’hui ? Continuer la lecture de Avortement : principale arme de la lutte contre la civilisation de l’Amour.

Islam : religion de paix et d’amour ? Qu’en Conclure ?

Pour être précis dans l’analyse de l’islam et montrer la manipulation des phrases de propagande islamique du type « ce n’est pas cela l’islam », « l’islam est une religion de paix, d’amour ou du vivre ensemble », commençons par l’analyse des versets du coran, livre de référence de cette doctrine sur lequel tout musulman doit se conformer.

Préalable :
Le coran a beaucoup de versets contradictoires au niveau du sens, si vous citez un verset gênant à un musulman, il peut ainsi citer un autre passage selon l’interlocuteur ou les circonstances du moment ou encore dira que c’est un problème de traduction. Continuer la lecture de Islam : religion de paix et d’amour ? Qu’en Conclure ?