La république réduite à l’impuissance sous le diktat de la communication des droits de l’homme

L’idéologie individualiste des droits de l’homme, éloignée des réalités spirituelles et humaines, en est réduite à privilégier la communication au détriment de la gestion réelle des crises. La république ne règle pas les crises mais gère sa communication idéologique en se servant des crises.

En préliminaire, cet article ne vise pas à incriminer les politiques en personne mais à montrer l’incapacité structurelle de la république basée et organisée sur l’idéologie des droits de l’homme, et non sur la réalité d’un pouvoir inspiré par le bien commun et l’action de l’Esprit de notre Dieu incarné en Jésus-Christ. Par contre les crimes contre l’humanité des enfants à naître ne peuvent être excusés par la structure idéologique de la république et sont à imputer à la conscience de chacun.

La gestion du corona virus est une des illustrations de cette incapacité qui va amener à paralyser notre pays comme les autres pays de l’Ouest européen menant la même politique. Le 18 février, l’État français fournit 17 tonnes de matériel médical à la Chine dont une quantité importante de masques. Macron envoie les stocks stratégiques de matériel en Chine alors que cette épidémie est en Italie aux portes de la France depuis trois semaines. Il devient pour une journée le sauveur du monde, « homme fait Dieu tout puissant » selon la spiritualité gnostique des droits de l’homme faisant fi des réalités, c’est à dire l’inversion exacte de l’incarnation du Fils, « Dieu tout Amour fait homme ».

Mi-février, on ne contrôle toujours pas les passagers à risque dans les aéroports, ceci serait un aveu de faiblesse pour la république toute puissante des droits de l’homme. Les gens rentrent d’Asie sans être mis à l’écart en quarantaine. De même quand les cas se multiplient en Italie, les touristes et hommes d’affaires peuvent aller et venir sans aucun contrôle ni traçabilité au nom du mondialisme des droits individuels.

Le salon de l’agriculture est fermé le dernier jour le 29 février pour démontrer la fermeté de l’action gouvernementale. Pourquoi n’avoir pas fermé dès le début? Afin de travailler la communication et l’image bien sûr. Pourquoi ne fermer que le dernier jour? La communication en est encore la finalité pour donner l’impression d’une maîtrise de la situation. Mais là où il faudrait agir, on n’agit pas car les frontières ne doivent plus exister, la république protège dorénavant le monde. La communication va dans ce sens, d’ailleurs trois jours avant la fermeture du salon, on laisse des milliers de Turinois proche du « cluster » d’infection venir en fanfare à un match de football tout en demandant aux artisans et agriculteurs de se priver d’une journée de salon importante car ils doivent concéder des sacrifices pour exposer à ce salon. Si fermeture était nécessaire, ce serait dès le début diminuant ainsi les frais de déplacement et de réservation d’emplacements par les artisans. Le 22 février les personnes rentrent encore d’Asie sans aucune précaution de mise à l’écart, j’en suis témoin. Des dizaines d’incohérences issues d’une gestion de la communication de la crise et non de la crise elle-même peuvent être repérées. On ne parle pas de zone d’infection mais de « cluster », langage issu de l’informatique. Ce vocabulaire obscur bascule dans le virtuel, le virus ne circule plus avec les personnes mais d’une manière virtuelle comme dans les réseaux informatiques. Les soignants dans les hôpitaux et maisons de retraite ne peuvent avoir de masques car ils sont en Chine aussi une communication oppressante est lancée pour annoncer que désormais les masques sont réquisitionnés grâce à l’action du président. On laisse le coronavirus circuler selon l’idéologie mondialiste. Pour pallier aux insuffisances d’une gestion de crise dictée par la communication des droits de l’homme éloignée des réalités, une psychose abrutissante est créée alors qu’une gestion réelle de la crise serait suffisante sans communication du matin au soir. Ceci n’empêcherait pas le Corona virus de circuler dans cette économie mondialisée et polluante mais le ralentirait, laisserait du temps pour la mise au point d’un vaccin à destination du personnel de santé et permettrait d’arriver aux beaux jours plus favorables à l’organisme. Une gestion préventive basée sur les faits et non une idéologie entraînerait une communication sereine sans exagération car les priorités seraient respectées, et on n’aurait pas à compenser par une communication stressante, maladive et infernale.

Comme d’habitude la république marche sur la tête, elle ne gère pas la crise mais communique en se servant de la crise. La communication basée sur l’idéologie religieuse des droits de l’homme passe devant la gestion de crise alors que des mesures efficaces et non idéologiques devraient devancer la communication. Bientôt, on va nous interdire de communier, pourtant vrai remède éprouvé depuis 2000 ans contre le coronavirus spirituel. Une analyse de ce type pourrait être faite sur le chômage, les délocalisations, les retraites, les violences, l’islamisation, la guerre 14-18, la politique sociale du 19ième siècle, la révolution.  Concernant les retraites, écouter sur radio courtoisie l’excellente émission de Thierry Delcourt Libre journal des Amitiés française du 1 mars 2020 avec Joseph Thouvenel, secrétaire général de la CFTC.

En conclusion, voici un remède pour lutter contre le coronavirus : manger de l’ail, du citron, du gingembre et du miel. On m’a dit qu’un prêtre a donné ce remède au Canada dans les années 1980 en prophétisant une maladie des poumons et du cœur. Ce remède ne peut faire de tort et renforcera vos défenses. Enlever le germe vert de l’ail si vous le mangez cru. Si vous êtes malade, faites-vous une potion avec une demi gousse d’ail avant de dormir avec le citron, le gingembre et le miel de bonne qualité.

Lettre à l’intention des musulmans.

DIEU, LE CORAN, L’ASSOCIATION

Résumé en fin d’article.

Lettre aux musulmans dédiée à Dieu Le PERE

Les musulmans se revendiquent du pur monothéisme et accusent les chrétiens d’associer Jésus et Marie à Dieu (5.116; 5.73; 6.101 ; …) s’opposant ainsi au christianisme (4.48; 6.20-24) qui serait souillé de polythéisme (9.31). L’islam voue même les chrétiens à l’enfer (5.73; 9.17; 48.6; 98.1-6; …) alors que les chrétiens ont toujours professé un seul Dieu dans leur credo : « Je crois en un seul Dieu ». Qu’en est-il dans l’analyse des versets de la bible et du Coran ?

 

La révélation en Jésus-Christ

Nous vivons dans un monde fini connaissant le péché car nous nous sommes coupés de Dieu. Dans ce monde, Dieu, Sagesse infinie, Amour éternel, créateur de notre monde a parlé aux hommes, s’est laissé découvrir à travers les prophètes et l’histoire du peuple hébreu (He 1.1). Tous les livres du monde ne pourront jamais dévoiler toute la pensée et la perfection divine qui est infinie et éternelle par essence. Mais le Verbe de Dieu, dans sa perfection, sa liberté et sa sagesse a choisi de se faire connaître auprès de sa créature déchue en s’incarnant en homme créé dès l’origine à l’image de Dieu. Et par cet acte sublime, il restaure la dignité de l’homme. Pour éclairer définitivement les hommes et montrer son Amour et sa Justice infinie, il s’est incarné en homme nommé Jésus, « Dieu Sauve », par qui la révélation peut s’exprimer pleinement aux hommes car il a uni sa nature divine à notre nature humaine (Jn 1). Il est le seul qui aie dit « Je Suis » (Jn 8,12,24,28 ;13,19), titre réservé à Dieu (Ex 3,14) : « En vérité, en vérité, Je vous le dis, avant qu’Abraham fût, Je Suis » (Jn 8,58), ou encore « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jn 14,6). Par ce titre, Jésus a dévoilé sa double nature humaine et divine. C’est pour cela que les juifs l’ont crucifié car auteur du blasphème suprême : « Tu es donc le Fils de Dieu » (Lc 2,70). Il donne la vie éternelle (Jn 4,14), purifie (Lc 5,13), pardonne les pécheurs en tant que Dieu (Lc 5,20-21), est la Parole de Vérité qui rend libre (8,31-33,36). Le Verbe de Dieu se laisse découvrir et aimer sans limite en respectant notre liberté et selon notre mesure.

Les chrétiens, éclairés par l’Esprit-Saint, ont été amenés à découvrir à travers la vie de Jésus que Dieu est Un, est l’Unique en une seule nature spirituelle, union et communion du Dieu Père, Fils et Saint-Esprit se glorifiant mutuellement dans un échange d’Amour éternel et parfait. « A vin nouveau, outres neuves » (Mc 2,22) ; à révélation nouvelle, vocabulaire nouveau : dans la continuité des écritures de la Bible avant Jésus-Christ, Ancien Testament, dans lesquelles on trouve déjà des allusions à la Parole de Dieu et au Saint Esprit, il a fallu chercher le vocabulaire pour exprimer pleinement cette révélation que Jésus nous livre par Sa Vie à la fois humaine et divine, Fils et Verbe de Dieu. Même dans son imperfection, ce vocabulaire comme « personne » issu du droit romain dont la foi chrétienne a enrichi le sens, « nature », « engendrer », « procéder », « tri-unité » permet de rentrer dans le Mystère de Dieu sans l’enfermer. Qui peut dire en étant cloué sur une croix « Tout est accompli » (Jn 19,30; Mt 5,17; Lc 4,21) sinon Le Créateur, Verbe de Dieu, engendré par Le Père (Jn 1), ou encore « Je vous donne un commandement nouveau ; vous aimer les uns les autres ; comme Je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. » (Jn 14,14) sinon le Principe de l’Amour, Dieu lui-même ?

 

Les traces de La Parole de Dieu dans le Coran

Certaines sources du coran proviennent des ébionites, appartenant à un courant hérétique judéo-nazaréen, qui nient la divinité du Christ (messie) et qui s’étaient réfugiés dans la Syrie actuelle après la destruction de Jérusalem. Aussi des expressions chrétiennes transparaissent dans le Coran comme Fils de Marie, Parole de Dieu ou Parole de Vérité. Le Coran affirme que Jésus est la Parole de Dieu (3.45 ;4.171 ;19.34) tout en niant en même temps que Jésus soit Dieu (4.171). Ce faisant, la divinité de la Parole est niée, le Coran retire de Dieu sa Parole : l’islam ne mutile pas ainsi Dieu ? (St Jean-Damascène)

 

Le Coran et Dieu sont-ils associés ?

Comme palliatif, les musulmans croient que le Coran est la Parole de Dieu. Pas de Coran, pas de parole de Dieu, pas d’islam : le coran est devenu indissociable de Dieu pour les musulmans. Le Coran, créé ou incréé, est associé à Dieu pour l’éternité et devient un relais indispensable entre Dieu et les hommes car il est sa parole. Or prétendre que la pensée de Dieu envers les hommes est dans un unique livre aussi parfait soit-il est diviniser un livre en l’associant à la perfection de Dieu. L’islam réduit à un livre la pensée de Dieu pour l’humanité : ce Dieu peut-il être « grand » ? Le Verbe de Dieu s’est fait homme car l’homme a été créé dès l’origine à l’image de Dieu, donc Dieu en unissant sa nature divine avec notre nature humaine peut parfaitement porter la Parole de Dieu, au contraire d’un livre qui ne peut qu’être imparfait car il n’est pas à son image. En mutilant Dieu de sa Parole et en niant la divinité du Christ, l’islam est obligé de verser dans l’association du Coran à Dieu pour se justifier et simplement exister.

En niant la divinité de la Parole de Dieu, DIEU NE SE SUFFIT PLUS à LUI-MEME, il a besoin d’un associé comme le Coran pour parler à l’homme créé pourtant à l’image de Dieu.

De plus, il est écrit dans le Coran que Dieu a insufflé son souffle de vie (21.91,15.29) et Esprit (32.9,38.72, 5.110). Pourtant l’islam dans sa doctrine ne professe pas Dieu Saint Esprit. N’est-ce pas une nouvelle mutilation de Dieu en ne Le confessant pas Saint-Esprit ?

 

Mahomet et Dieu sont-ils associés ?

Un livre étant insuffisant et avec un Dieu sans Esprit divin, l’islam a besoin d’un messager pour donner un esprit et rendre vivant le livre : mais n’est-ce pas le propre de Dieu de ne dépendre de personne pour exister ? Pour le musulman, Mohammed est l’« excellent modèle » (33.21) et personnifie ce messager. Dans l’islam, la terre entière devrait devenir musulmane, il serait donc modèle pour tous les hommes. Mohammed devient le second associé de Dieu alors que son comportement est très critiquable : polygamie encouragée, esclavagisme, rafles (8.41), massacres (8.67/68), inceste avec Zaynab la femme de son fils adoptif (33.37-38 ;Ibn Kathir), épouses à « labourer » (2.223) que l’on peut battre (4.34), esclaves sexuelles, milkelimen en Arabe,  issues de butins (4.3 ; 23.1-6 ;33.52 ;70.29-30 ;Bokhari 8.77,600), sort à peine plus enviable pour les épouses « toutes celles dont vous jouirez » (4.24), Mahomet a eu 13 épouses et 23 « milkelimen » (Ibn  Kathir), prise de possession des   infidèles (33.26 ;8.41,69; 16.71; 30.28; 48.19,20), la sourate 66 sert à justifier la liaison de Mahomet avec une esclave copte Marie. Toutes ces pratiques sont décrites sous une apparence de justice près de 600 ans après Jésus-Christ et même après Clovis. Le coran reconnaît cependant que ce modèle est pécheur (48,2) et il faut reconnaître que de très nombreux inconnus sont de plus beaux modèles que Mahomet : pourquoi donc le suivre les yeux fermés ? parce que Dieu l’aurait commandé ? Donc Il est bien son associé : « Ceux qui offensent Allah et son messager, Allah les maudit ici-bas, comme dans l’au-delà … » (33.57). Aucun pardon n’est possible pour l’éternité à ceux qui l’offensent alors qu’il n’est pas irréprochable. Au contraire, Jésus-Christ, qui n’a pas péché, pardonne à ceux qui l’ont offensé à l’exception du péché contre l’Esprit Saint (Mt 12,31-32 ; Lc 12,8 ; Mc 3,28-30).

Obéir au messager revient à obéir à Allah (4.80) et le prophète a plus de droit sur les croyants qu’ils en ont sur eux-mêmes (33.6), n’est-ce pas de l’idolâtrie ? L’islam recrée ainsi des dieux inférieurs ou demi-divinités indispensables à l’action de Dieu. Ainsi Allah est le meilleur des créateurs (23.14 ;37.125) et non Le Créateur. La profession de foi musulmane est « il n’y a point de divinité en dehors d’Allah et Mohammed est l’Envoyé d’Allah » (Lâ ilâha illa Allah, Mohammed rasûlu Allah). Cette chahadah ne dit pas « je crois en un seul Dieu » mais « il n’y a point de divinité en dehors de Dieu » ou « il n’y a que Dieu qui soit Dieu», ce qui montre une foi qui ne professe pas Dieu directement mais s’oppose aux supposés associateurs. La chahadah ne projette pas le priant vers Dieu mais vers ses adversaires. C’est une profession de foi sur la défensive ou l’attaque qui associe Mahomet à l’action divine en remplacement de l’Esprit-Saint. D’ailleurs les musulmans ne s’y sont pas trompés car ils ont essayé de justifier dans la Sîra que Mohammed avait été annoncé par Jésus-Christ comme le paraclet ou l’Esprit Saint en reprenant les versets de Jean 15,23-26 ;16,1 et en traduisant paraclet par al Muhamanna, ce qui est évidemment absurde car les apôtres ont reçu l’Esprit-Saint annoncé dans ces versets dès la Pentecôte soit plus de 500 ans avant la naissance de Mohammed (Ac 2). De plus  Jean spécifie bien que le paraclet est l’Esprit de Vérité qui vient du Père, ce qui est évidemment contradictoire à la croyance islamique : la Sirah évacue cette nuance importante en remplaçant Père par Dieu. (cf www.lemessieetsonprophete.com/annexes/s.61,6_ahmad.htm pour l’exégèse de ces textes).

 

La révélation Dieu, Père Fils et Saint Esprit nous montre la nature de Dieu et nous faire rentrer dans sa Vie

En mutilant Dieu de sa Parole et de son Esprit, l’islam n’est-il pas obligé d’associer le coran et son messager à Dieu et de créer non pas une trinité mais une triade ? L’homme qui devient musulman par la récitation de la Chahâdah confie toute son existence à un envoyé pris comme modèle suprême qui est un homme pécheur. Le chrétien, lui, confie son existence et son salut à Jésus-Christ, Fils de Dieu et Sauveur. Le soleil est à la fois lumière, chaleur et combustion, de même Dieu est à la fois Père et à la fois Fils et à la fois Saint Esprit. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit ont chacun leurs particularités dans une même nature, ils sont liberté d’union et sont le même Dieu Amour : pas de Père sans le Fils et le Saint Esprit, Pas de Fils sans le Père et le Saint Esprit, pas de Saint Esprit sans le Père et le Fils : tout est relation, les trois sont Un. Le Père, le Fils, le Saint Esprit par leur union sont chacun pleinement le seul Dieu et vice versa Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit. Jésus dit « Je suis dans le Père et le Père est en Moi » (Jn 14,11). L’homme et la femme sont créés à son image sans être Dieu et appelés à s’unir et former une famille à l’image de Dieu. Ils sont appelés à s’unir grâce à l’Esprit Saint. Dieu n’a pas besoin d’associés pour se révéler, Jésus n’a pas écrit ou dicté un livre. Sa révélation est sa vie, accomplissement parfait de la Parole de Dieu en union à son humanité image de Dieu pour libérer l’homme de l’esclavage du péché et apporter l’assurance du salut éternel à ceux qui l’accueillent en pleine liberté. Par Amour pour ses créatures afin qu’elles soient restaurées à Son image, Il nous appelle à participer librement à sa vie divine au sein de notre humanité, Il nous commande de L’annoncer par son Esprit : « Jésus, s’étant approché, leur adressa ces paroles: « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » » Mathieu 28,18-20. Point besoin de Mahomet, l’Esprit est envoyé à jamais.

Les évangélistes ont écrit sous l’inspiration de l’Esprit Saint. Dieu se révèle par Lui-même, Le Christ nous annonce une bonne nouvelle : nous sommes invités à participer, à communier à sa vie divine. Y répondrons-nous ? La foi n’est-elle pas avant tout une réponse à Dieu dans la confiance ?

 

« Bien que présenté comme le pur monothéisme, l’islam ne peut renoncer à un seul élément de cette triade : sans Allah, pas de Coran ni de Mahomet ; sans Mahomet, pas de Coran ni d’Allah ; et sans le Coran, Allah n’a pas envoyé Mahomet et Mahomet n’est pas son envoyé. L’islam repose sur la foi en une trinité, aussi vrai que rien ne peut se passer d’une structure trinitaire. Tout ce qui existe, qu’il le sache ou non, qu’il le veuille ou non, rend ainsi gloire au vrai Dieu qui est la Sainte Trinité, le vrai Dieu combattu par l’islam !  Les musulmans ne sont-ils pas de vrais “associateurs” en croyant en la triade : Allah, Mahomet et le Coran ? » (Père Pagès).Au contraire, Dieu révélé par Jésus, Père, Fils et Saint Esprit en une même nature, est le Dieu qui se suffit à Lui-même et qui se donne par Amour car Il est Amour.

 

Citations :

Saint Jean Damascène, né en Syrie dans les débuts de l’islam, côtoie les musulmans et fonde sa critique de l’islam en reprenant leur doctrine qui est basé sur le Christ, Parole de Dieu :

« A nouveau nous leur répondons : « Puisque que vous affirmez que le Christ est la Parole et l’Esprit de Dieu, comment donc pouvez-vous nous taxer d’associateurs ? Car la Parole et l’Esprit sont inséparables de celui en qui tout cela a son origine. Si donc, la parole est en Dieu, il est évident qu’elle est Dieu également. Si d’autre part, elle est en dehors de Dieu, alors Dieu, d’après vous, est sans Parole et sans Esprit. Ainsi donc en essayant de ne pas mettre d’associés auprès de Dieu, vous avez mutilé Dieu. Car il eût été avantageux pour vous de dire que Dieu a un associé, plutôt que de le mutiler et de le présenter de la même manière qu’on le ferait pour une pierre, du bois ou tout autre objet inanimé. C’est ainsi que vous nous appelez « Associateurs » ; à tort : nous par contre vous appelons « Mutilateurs » (koptas) de Dieu. »
Cette argumentation est une véritable preuve par l’absurde.
Cette citation qui date du 6ième– début 7ième siècle montre que Jésus est la parole de Dieu dès les débuts de l’islam car son argumentaire face aux musulmans est basé dessus. Cette argumentation est une véritable preuve par l’absurde.

 

He 1.1 « Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par un Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, par qui il a fait les siècles ».

Coran 5.116 : “Et lorsqu’Allah dit à Jésus  «Ô Jésus, fils de Marie, est-ce toi qui as dit aux gens: «Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors d’Allah?» Il dira: «Gloire et pureté à Toi! Il ne m’appartient pas de déclarer ce que je n’ai pas le droit de dire! Si je l’avais dit, Tu l’aurais su, certes. Tu sais ce qu’il y a en moi, et je ne sais pas ce qu’il y a en Toi. Tu es, en vérité, le grand connaisseur de tout ce qui est inconnu. ”

  • Dans ce verset, la description de la Trinité est erronée car Marie est une divinité qui y remplace L’Esprit-Saint de la Trinité Chrétienne. Ceci montre que le Coran a comme source des apocryphes, ici l’« Evangile selon les hébreux » : “Le sauveur a dit : Il y a un instant, ma Mère qui est l’Esprit Saint, m’a enlevé par un de mes cheveux et m’a transporté sur la grande montagne du Thabor.” (cité par Origène Sur l’év. de Jean, Homélie 2, 12).

Cette erreur parmi tant d’autres comme les nombreuses erreurs grammaticales ne montre-t-elle pas que le Coran est écrit par des hommes ?

Coran 3.45 : « (Rappelle-toi) quand les Anges dirent : « Ô Marie, voilà qu’Allah t’annonce une Parole de Sa part : son nom sera « Al-Masïh », « Issã », fils de Marie, illustre ici-bas comme dans l’au-delà, et l’un des rapprochés d’Allah. » »

  • C’est Jésus, Parole de Dieu, qui est annoncé à Marie ; « une parole de Sa part » est Son Verbe et non un simple message : le nom de la Parole (« son nom ») sera « Issã ». Si c’était un simple message, on aurait : « Allah t’annonce que son nom sera ». C’est une trace de prédications originels où Jésus est Parole de Dieu. Cette interprétation est confirmée par 4.171 et 19.34.

 

Coran : 4.171 : « Ô gens du Livre (Chrétiens), n’exagérez pas dans votre religion, et ne dites d’Allah que la vérité. Le messie Jésus, fils de Marie, n’est qu’un messager d’Allah, Sa Parole qu’Il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Allah et en ses messagers. Et ne dites pas « trois ». Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Allah n’est qu’un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C’est à Lui qu’appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre et Allah suffit comme protecteur.

  • Le messager est la Parole de Dieu (Sa parole). Il est bien Sa faculté de parler et non un message, d’autant plus que la seule Parole donnée dans le texte est « messager d’Allah ». Il est aussi à noter qu’il est écrit Souffle de vie venant de Lui, ce qui montre que ce n’est pas une création de Dieu mais bien un Souffle d’origine divine, l’Esprit-Saint. Ce sont bien des restes d’expressions d’origine chrétienne qui ont été repris par les auteurs du Coran.

 

Coran 19.34 : « Tel est Issa (Jésus), fils de Marie : parole de vérité, dont ils doutent »

  • La parole de vérité ne peut être que celle de Dieu.

 

Coran 5.110 : « Et quand Allah dira: « Ô Jésus, fils de Marie, rappelle-toi Mon bienfait sur toi et sur ta mère quand Je te fortifiais du Saint-Esprit. Au berceau tu parlais aux gens, tout comme en ton âge mûr. Je t’enseignais le Livre, la Sagesse, la Thora et l’Evangile! Tu fabriquais de l’argile comme une forme d’oiseau par Ma permission; puis tu soufflais dedans. Alors par Ma permission, elle devenait oiseau. Et tu guérissais par Ma permission, l’aveugle-né et le lépreux. Et par Ma permission, tu faisais revivre les morts. Je te protégeais contre les Enfants d’Israël pendant que tu leur apportais les preuves. Mais ceux d’entre eux qui ne croyaient pas dirent : « Ceci n’est que de la magie évidente ». »

  • « Jésus parle dans son berceau » : ce fait merveilleux est issu de l’évangile arabe de l’enfance ou évangile syriaque de l’enfance (5ième siècle environ), de même pour le fait magique de l’argile transformé en oiseau dont on retrouve aussi la source dans l’apocryphe « Evangile de l’enfance de Thomas » (3ième siècle). D’ailleurs, le Coran s’en défend en disant que ce n’est de la magie que pour les incroyants. De même guérir ou faire revivre les morts par la permission et non par un élan de l’Esprit dans un certain contexte de foi ressemble à de la magie.

 

Coran 21.91 : « Et celle (la Vierge Marie) qui avait préservé sa chasteté ! Nous insufflâmes en elle un souffle (de vie) venant de Nous et fîmes d’elle ainsi que de son fils, un signe (miracle) pour l’univers. »

Coran 32,9 : « puis Il lui donna sa forme parfaite et lui insuffla de Son Esprit. Et il vous a assigné l’ouïe, les yeux et le cœur. Que vous êtes peu reconnaissants ! »

Coran 38.72 : « Quand Je l’aurai bien formé et lui aurai insufflé de Mon Esprit, jetez-vous devant lui, prosternés. »

Exode 3,14 : « Dieu dit à Moïse :  » Je suis celui qui est.  » Et il dit : « Voici ce que tu diras aux Israélites : “JE SUIS” m’a envoyé vers vous. » »

Jn 8,12 : « De nouveau Jésus leur adressa la parole et dit « Je suis la lumière du monde. Qui me suis ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de vie » »

Jn 8,24 : « Je vous ai donc dit que vous mourrez dans vos péchés. Car si vous ne croyez pas que Je Suis, vous mourrez dans vos péchés. »

Jn 8,28-29 : « Jésus leur déclara : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS, et que je ne fais rien de moi-même ; ce que je dis là, je le dis comme le Père me l’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. »

Jn 13,19 : Je vous dis ces choses dès maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez que moi, JE SUIS.

Prologue de Jean 1,1-18 et sa structure 

(a) Logos et les Arches (Principe premier)
(Jn 1,1-2)
AU COMMENCEMENT était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu.
  (d’) L’Incarnation : le Logos devient chair
(Jn 1,14)
Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
(b) La création par le Logos et le péché
(Jn 1:3-5)
C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;
la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.
  (c’) Le Baptiste a témoigné (Jn 1,15)
Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »
  La filiation divine
(Jn 1,11-13)
Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.
Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom.
Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu.
 
(c) Le baptiste témoigne de la lumière (Jn 1,6-8)
Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean.
Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.
  (b’) La loi de Moïse et la grâce de la nouvelle création (Jn 1,16-17)
Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ;
car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
(d) L’Incarnation : la vraie Lumière dans le monde (Jn 1,9-10)
Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde.
Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu.
  (a’) le Fils Unique dans le sein du Père (Jn 1,18)
Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.

Jn 16-27 : «  Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.
Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.
D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »
Jude – non pas Judas l’Iscariote – lui demanda : « Seigneur, que se passe-t-il ? Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ? »
Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. »

 

Exemples de références à la Trinité dans l’Ancien Testament :

Genèse 1, 1-3 : « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide, les ténèbres couvraient l’abîme, et le Souffle de Dieu planait au-dessus des eaux. » ; Gn 1:26 :« Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. « » ; Gn 3,22 (Singuler et pluriel) et Gn 18,1-2 (Seigneur sous forme de trois hôtes)

Is 48,16 : « Approchez-vous de moi, écoutez ceci : depuis le commencement, je n’ai jamais parlé en secret ; depuis le temps où cela s’est passé, Je suis là. Et maintenant, le Seigneur Dieu, avec son esprit, m’envoie. »

Psaume 2,7-8 : « Je proclame le décret du Seigneur ! Il m’a dit : « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. Demande, et je te donne en héritage les nations, pour domaine la terre tout entière. » » et Ps 32,6 ;109,1.

Annonce Jésus : Esaïe 9.5 ; Michée 5.1,3 ; Zacharie 12.10 ; Malachie 3.1

 

Résumé :

Le christianisme est la religion du Dieu Vivant révélé en Jésus qui signifie « Dieu Sauve » (CEM).  Il n’est pas la religion du livre comme les musulmans voudraient le faire dire aux chrétiens afin de mettre le christianisme au niveau du Coran et gagner en crédibilité. Ils ont renommé Jésus en Issa pour lui enlever son caractère divin de Sauveur et l’abaisser au rang de Mahomet. L’islam en niant la divinité du Christ mutile Dieu en enlevant sa parole. De ce fait ils sont obligés d’associer le Coran à Dieu comme sa parole.  Même logique avec l’Esprit Saint :  en niant sa divinité, ils sont obligés d’associer Mahomet à Dieu dans leur profession de foi pour donner un esprit et une vie au coran. Dans l’islam Dieu ne se suffit plus à lui-même ! Le seul Dieu Père, Fils et Saint Esprit, parfaite unité divine en trois personnes de même nature n’a pas besoin d’associés et nous invite à communier à Sa Vie divine. Le coran traite les chrétiens d’associateurs et les voue au pire des châtiments qu’est l’enfer éternel mais les musulmans où vont-ils en associant le coran et Mahomet à Dieu ?

 Remerciements

Le tableau est repris du cours par correspondance « Parcours Islam » donné par l’EIDM, European Institute for Dialog and Mission, sous l’autorité de Monseigneur Dominique Rey ; formation par correspondance que j’invite à suivre car il permet par la même occasion de s’approprier de notre foi chrétienne : www.eid-mission.org, adresse électronique  : contact@eid-mission.org. )

A l’abbé Pagès, site islam et vérité qui a écrit un livre de référence pour évangéliser les musulmans : 1501 questions à poser aux musulmans, éditions DMM dans lequel il expose également clairement la foi Catholique.

 

L’arme de la tolérance contre la Vérité

ou comment avoir la liberté de mentir

Vous avez très certainement remarqué que si votre interlocuteur n’est pas de votre avis, il vous rétorquera : « oui mais il faut être tolérant, chacun a le droit de penser comme il veut ». Alors qu’on ne demande pas de penser comme on veut mais de prendre en considération certaines vérités qui ont fait leurs preuves et qui sont nécessaires au fondement de la société.

Pourtant est ce que vous seriez tolérant si votre enfant agissait mal ou était dans l’erreur ? Certainement pas. Vous chercheriez à être pédagogique, persuasif ou faire valoir votre autorité mais vous ne chercheriez certainement pas à montrer de la tolérance. La tolérance n’a-t-elle pas été érigée au rang de valeur pour permettre d’exprimer le mensonge avec autorité tout en se cachant derrière le droit à la tolérance, ce qui serait le même mécanisme utilisé avec l’ « anti-racisme » qui permet de justifier l’injustifiable. On ne parle de tolérance en politique qu’à partir de 1598 à l’édit de Nantes qui était une concession à l’erreur du protestantisme dans le but de le « supporter ». La tolérance du latin « tolerare » (supporter) n’était certainement pas une valeur mais un moindre mal : la mal ou le mensonge sont supportés. Aujourd’hui, la tolérance n’est plus le fait de supporter un mal mais consiste à ne plus rechercher une vérité commune, elle oblige à  tolérer le mensonge, chacun pense ainsi ce qu’il veut. Bien sûr, les personnes sont libres de ne pas accepter la vérité mais elles n’ont pas à ériger le mensonge en vérité comme votre adolescent est libre de se révolter mais il n’a pas à entraîner ses frères et sœurs dans son délire de jeune.

Dans la parabole du fils prodigue, le père laisse partir son fils sans pour autant tolérer ses actes tout en continuant à l’aimer. Il fera plutôt preuve en l’attendant d’une vertu qui est la patience et ne lui pardonnera qu’au moment de sa repentance. Dieu nous a fait individuellement libre de choisir entre la vérité et le mensonge, le bien ou le mal ; mais la société, à l’exemple de Marie et Joseph éduquant Jésus, se doit de protéger les plus faibles face au mal et non pas à les y exposer continuellement comme avec la pornographie, la violence communautaire dans les cités, la promotion de l’homosexualité et de l’avortement auprès des jeunes à l’école, la jouissance sans entrave qui réduit l’homme et la femme à un objet de désir et suscite une société sans retenue et sans élégance. En conséquence, des présentateurs de médias s’émeuvent et jouent les bien-pensants en ventant les mérites de l’hashtag « balance ton porc » où les abus sexuels sont dénoncés : « Dieu se rit de ceux qui maudissent les conséquences des causes qu’ils chérissent. » écrit Bossuet. La tolérance érigée en vertu amène ces situations où on crie au loup après l’avoir laissé rentrer dans la bergerie.

Mais d’où vient donc cette pseudo vertu de la tolérance dans la république ? Nous comprenons l’imposture lorsque nous apprenons que c’est Voltaire, le maître de l’intolérance qui a écrit le « traité sur la tolérance » . En effet, Voltaire écrivait à d’Alembert, 12/11/1757 : « Fanatiques papistes, fanatiques calvinistes, tous sont pétris de la même m…. détrempée de sang corrompu », « il faudrait les leur couper pour les empêcher d’écrire » au sujet des pasteurs helvétiques dans ses Questions sur l’encyclopédie, et bien d’autres citations (*) d’intolérance qui ne sont pas des figures de style de Voltaire qui n’hésitait pas à faire emprisonner ses adversaires comme le jeune écrivain protestant La Beaumelle (**). Voltaire avait sa nièce comme maîtresse, était le prince du mensonge et a érigé une des plus grosses fortunes de France grâce à son intelligence, son immoralité et son manque de scrupules tout étant radin (***). Il ne voulait pas scolariser le peuple alors qu’il y avait des écoles paroissiales dans la majorité des villages sans toutefois l’obligation d’y aller : « Plus il y aura d’hommes qui n’auront que leur bras pour toute fortune, plus les terres seront mises en valeur », « tous les paysans ne seront pas riches, et il ne faut pas qu’ils le soient. On a besoin d’hommes qui n’aient que leurs bras et de la bonne volonté. », « il faut absolument qu’il y ait des pauvres ».

Ce Voltaire se prétend le libérateur de l’humanité ou plutôt d’une minorité, la majorité étant considérée comme des sous-hommes : « … la populace… est en tout pays uniquement occupée du travail des mains ; l’esprit d’une nation réside toujours dans le petit nombre, qui fait travailler le grand, est nourri par lui et le gouverne ». Cet ordre des choses étant admis, il ne faut pas perdre son temps selon lui à éduquer la populace. Pour quoi faire ? « Je crois que nous ne nous entendons pas sur l’article du peuple, que vous croyez digne d’être instruit. J’entends par peuple la populace, qui n’a que ses bras pour vivre… Il me paraît essentiel qu’il y ait des gueux ignorants… Ce n’est pas le manœuvre qu’il faut instruire, c’est le bon bourgeois, c’est l’habitant des villes », écrit-il à son ami Damilaville le 1er avril 1766. L’argument servira d’ailleurs à justifier de se débarrasser des jésuites, incorrigibles éducateurs du peuple. En 1776, il dit  : « Ce monde-ci, il faut que j’en convienne, est un composé de fripons, de fanatiques et d’imbéciles, parmi lesquels il y a un petit troupeau séparé qu’on appelle la bonne compagnie ; ce petit troupeau étant riche, bien élevé, instruit, poli, est comme la fleur du genre humain ; c’est pour lui que les plaisirs honnêtes sont faits ; c’est pour lui que les plus grands hommes ont travaillé… ». Sur le mépris du peuple par Voltaire, lire « Naissance du sous-homme au cœur des lumières Les races, les femmes, le peuple », édition Xavier Martin.

Avec une telle pensée qui bestialise le peuple (Voltaire à Mme de Choiseul, 5octobre 1770 : « des chevaux appelés hommes » ou à Mme Denis, 24 juillet 1750 « des animaux qu’on appelle hommes qui vivent … avec d’autres animaux domestiques »  ), Voltaire n’a pu qu’instrumentaliser la tolérance.

Marion Sigaut dans son livre « Voltaire une imposture au service des puissants » démontre entre autres que l’affaire Calas était une simple affaire de meurtre familial, affaire que Voltaire a politisée pour faire croire que Jean Calas aurait été condamné par la justice par fanatisme catholique parce qu’il était protestant. Le dossier juridique de l’affaire Calas est maintenant intégralement consultable par internet dans les archives de Toulouse. Voltaire s’est intéressé à cette affaire uniquement dans le but de politiser le procès de Calas et s’est servi de cette affaire pour écrire son « traité sur la tolérance » (****). Ce traité a reçu dernièrement renfort de publicité médiatique suite aux attentats islamistes en janvier 2015, publicité bien orchestrée à destination des français pour tolérer l’islam et non pas aux musulmans qui n’ont cure de Voltaire avec raison. Mentir fut le système de Voltaire : « Il faut mentir comme un diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours. Mentez, mes amis, mentez, je vous le rendrai un jour. » Lettre à Thiriot, 21 octobre 1736.

Voltaire s’érigeait en prince de la liberté de mentir à tel point que la société d’aujourd’hui lui ressemble tant ses idées ont été érigées en principe par la République : La tolérance est utilisée pour ériger le mensonge ou laisser croire ce que l’on a envie et ainsi lutter contre la Vérité.

La tolérance est aussi utilisée depuis longtemps par l’islam : “Pas de contrainte en matière de religion” (sourate La Vache c’est-à-dire 2,256), verset très flou qui peut aussi signifier “[Pour le croyant, il ne doit y avoir] pas de cause de trouble dans le culte”. La tolérance est ainsi utilisée par les musulmans quand ils sont en minorité afin que leur religion soit tolérée, mais leurs versets violents et de contrainte prennent vite le dessus lorsqu’ils deviennent majoritaires ou en position de force. Cela commence avec les prières de rue qui sont des manifestations de force, le halal, les contraintes, « incivilités », commerces saccagés dans certaines banlieues qui deviennent un peu à la fois « terre d’islam ». Alors que le chrétien ne mettra pas la tolérance en avant mais la recherche de la Vérité.  Le résultat est que la tolérance républicaine a été reçue chez les musulmans comme un encouragement à leur combat. La tolérance est aussi utilisée dans l’islam pour ne pas contraindre les juifs et les chrétiens à devenir musulmans, mais bien de les soumettre, la domination politique islamique devant s’exercer particulièrement par un impôt spécial qu’ils devront payer et qui leur vaudra d’être « tolérés » c’est-à-dire supportés comme un mal.

En conclusion, la république et l’islam ont la même « mécanique » de pensée vis-à-vis de la tolérance érigée en vertu. Est-ce le fruit du hasard ou une posture intellectuelle face à la Vérité ? Avec la tolérance, la vérité est renversée !

(*) Voltaire n’a jamais dit : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout (on trouve parfois jusqu’à la mort) pour que vous puissiez le dire ».
La seule version connue de cette citation est de l’écrivain anglaise Evelyn Beatrice Hall, « I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it. », The Friends of Voltaire, 1906. (Je désapprouve ce que vous dites, mais je défendrai jusqu’à la mort votre droit de le dire)  Pour clore l’histoire de cette fausse citation, Charles Wirz, conservateur de l’Institut et Musée Voltaire de Genève, rappelait en 1994, que Miss Evelyn Beatrice Hall, qui a placé, à tort, entre guillemets cette citation dans deux ouvrages qu’elle a consacrés à l’auteur de Candide, a reconnu expressément que la citation en question n’en est pas une dans une lettre du 9 mai 1939, laquelle a été publiée en 1943 dans le tome LVIII (58), sous le titre Voltaire never said it (Voltaire n’a jamais dit cela) (pp. 534-535) de la revue Modern language notes, the Johns Hopkins Press, 1943, Baltimore.

(**) Voltaire fut impitoyable pour l’honnête critique littéraire Elie Fréron, qui jamais n’eut la bassesse de transiger sur ce qui lui semblait essentiel : rendre compte de la qualité des œuvres dont il rédigeait des analyses. Voltaire ne lui épargna rien : calomnies, libelles injurieux, cabales ordurières, diffamations publiques ou lettres de dénonciation auprès des autorités (auxquelles il communiquait l’adresse de ce monsieur…) Il réussit à faire interdire plusieurs fois « L’année littéraire » et même embastiller son directeur, pourtant chargé de famille et ne vivant que de sa plume. Comme il avait usé ses fonds de culotte sur les mêmes bancs que quelques très hauts personnage (le maréchal-duc de Richelieu, les frères d’Argenson, tous deux ministres, avaient été avec lui à Louis-le-Grand), obtenir une lette de cachet pour un importun était pour lui un jeu d’enfant. Il en usa plusieurs fois pour faire embastiller La Beaumelle, qui eut l’outrecuidance de critiquer un de ses livres. Jamais Voltaire ne pardonna à ce valeureux jeune homme, qu’il poursuivit de sa haine jusqu’au tombeau et dont il réussit à faire pilonner un des livres.

(***) Voltaire se promène avec le président magistrat de Brosse qui lui avait vendu son domaine de Tournay en viager. Il lui demande du bois pour se chauffer l’hiver, Le président lui présente un bûcheron. Il fait affaire, reçoit 32 stères bois c’est à dire un mois de travail et se chauffe avec. Le bûcheron envoie la facture au président de Brosse qui ne comprend pas et le renvoie vers Voltaire. Voltaire n’a jamais voulu payer, cela a été jusqu’au tribunal. Voltaire a écrit jusqu’au conseil des ministres pour obtenir justice et a calomnié par écrit le président de Brosse qui n’en pouvait plus. Voltaire a perdu mais le président de Brosse a finalement payé mais il a demandé à Voltaire de donner la somme équivalente à une œuvre. Pour ceci, Voltaire a empêché le président de Brosse de rentrer à l’académie française par vengeance !!!

(****) La tolérance va à l’encontre de tout ordre lié à l’universel. Elle est fondée sur le nominalisme où l’existence ne repose pas sur des caractéristiques universelles, ce qui va à l’encontre des découvertes scientifiques et du droit naturel qui sont universels. Voir theopedie.com « qu’est que le nominalisme ? » (http://theopedie.com/Qu-est-ce-que-le-nominalisme.html). Dans le nominalisme, les choses n’existent que par les mots dont on se sert pour les qualifier, il réduit l’homme à un ensemble de sensations niant toute essence divine, il aboutit au relativisme le plus absolu. Ainsi aujourd’hui la politique est dirigée par les émotions. Bien sûr, personne n’a la vérité et une écoute de l’autre est nécessaire. Mais l’écoute et la prise en considération des avis contraires n’est pas de la tolérance mais la découverte progressive de la vérité. Par notre raison, l’histoire et les événements, la vie de Jésus-Christ, les enseignements de tous les sages, une vérité commune est à découvrir dans l’intérêt de tous. La tolérance n’aboutit pas à la Liberté car la Liberté ne peut reposer que sur la vérité sinon elle n’est qu’un leurre ou une idéologie. On ne peut pas aller à l’encontre des lois naturelles. Pour envoyer une fusée sur la lune, les lois naturelles doivent être respectées. La liberté ne peut être gagnée qu’en respectant le droit naturel découvert dès l’antiquité chez les philosophes, en acceptant des limites et en ne se prenant pas pour Dieu (Genèse 3, 5 « mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. ») : c’est ce que les idéologues n’acceptent pas.
Sur le droit naturel, lire « Le Droit Naturel » de Philippe Pichot-Bravard, docteur en droit.
 » Fondée sur la raison commune à tous les hommes, la loi naturelle est la base de la collaboration entre tous les hommes de bonne volonté quelles que soient leurs convictions religieuses« , 2009, Commission théologique internationale, « A la recherche d’une éthique universelle ».

L’Europe fédérale : une chimère fasciste de toute puissance au mépris de Dieu

Résumé article :
L’Europe Fédérale est issue d’une idéologie fasciste qui détruit la diversité de l’Europe alors que cette diversité a fait sa richesse avec comme ciment le Christianisme. Les collaborateurs Pierre Laval, 1er ministre de Vichy, et le premier journaliste français partisan d’Hitler, Hubert Beuve-Méry,  devenu le premier directeur du journal « Le Monde » étaient de fervents partisans d’une Europe fédérale. La France n’est pas un pays où tout le monde peut se servir. C’est une patrie qui a pour vocation de rayonner dans l’Europe et le monde car Elle est fille ainée de l’Eglise.

Article

Vous connaissez sans doute l’histoire de la tour de Babel décrite dans la bible, « babel » signifiant « porte du ciel ». Une tour faites sans Dieu ayant pour objet de surpasser Dieu. « Ils dirent :  » Allons ! bâtissons-nous une ville, avec une tour dont le sommet soit dans les cieux. Faisons-nous un nom, pour ne pas être disséminés sur toute la surface de la terre.  » » (Genèse 11,4)

L’Europe fédéraliste est cette tour de Babel qui nie l’existence de Dieu, méprise l’enseignement de Dieu au point de faire un droit le meurtre de bébés dans le ventre de leur mère : Tu ne tueras pas ton prochain ou « Tu ne commettras pas de meurtre » (exode 20,13) et tu aimeras ton prochain comme toi-même (Matthieu 22,39). Qui peut être plus proche que l’être dans le ventre de sa mère ? Les mères sont les secondes victimes après leur enfant de ce droit, alors qu’elles devraient être protégées.

Cette Europe de Maastricht nie la diversité des peuples pour en faire un peuple homogène de consommateurs au service de la marchandisation de tout le corps social, y compris les bébés conçus sur mesure.

L’Europe s’est construite et a prospéré en se basant sur la diversité des peuples européens avec une stimulation créatrice entre ces pays pour le meilleur et pour le pire, peuples divers avec comme ciment le christianisme. Et l’Europe fédérale veut tout uniformiser que pour le pire cette fois, c’est-à-dire sans Dieu. L’islam importé artificiellement pour détruire le catholicisme n’est pas avant tout une religion mais une organisation politique qui se met au-dessus de Dieu et instrumentalise Dieu dans le but d’avoir un peuple soumis au pouvoir politique. Sa genèse et son histoire nous le montre à travers les califats qui ont donné naissance à ce corpus totalitaire. Nous sommes face à deux totalitarisme qui peuvent se rencontrer, l’un matérialiste où le tout économique prime, l’autre religieux où la religion instrumentalisée soumet le peuple à une oligarchie.

Le catholicisme a développé la Liberté profonde de l’homme à la rencontre de Dieu fait homme qui ne peut être enfermé dans un livre tel le coran, homme spirituel qui est libre et ne se met pas arbitrairement au service de l’autorité temporelle. Les premiers chrétiens persécutés en sont le signe.

Vous pouvez dire que cette analyse est une construction intellectuelle. Certes mais les faits sont là.

Ainsi, aujourd’hui la grande menace est le totalitarisme islamique comme hier c’était le fascisme national socialiste et matérialiste d’Hitler ou le communisme, quoi que le communisme soit toujours bien présent avec une gauche revancharde avec des islamistes révolutionnaires qui se marient bien avec le communisme au plan politique, les musulmans votent d’ailleurs majoritairement à gauche, hier Monsieur Hollande puis Monsieur Mélenchon (Roubaix et Tourcoing) et demain Monsieur Macron.

La gauche sert les intérêts du mondialisme matérialiste en faisant fi des particularismes culturels et en voulant mélanger à tout prix les identités pour créer un nouveau peuple hors sol bien asservi au consumérisme matérialiste.

Les collaborationnistes d’hier sont les mêmes qu’aujourd’hui c’est-à-dire ceux qui sont dans la lignée idéologique de l’Europe fédérale qui est la tour de Babel nivelant tous les pays au plus bas.

Ainsi, les collaborationnistes comme Laval voulaient une grande Europe Fédérale. (Voir son discours ci-dessous qui par certaines tirades ressemble à celui de Monsieur Macron).

De même « Le Monde » a eu comme premier directeur un journaliste, Hubert Beuve-Méry, qui a été le premier collaborateur de l’Allemagne Nazi. (cf annexe 2 ci-dessous un extrait de la Revue de presse spéciale présidentielles 2017 de P. Jovanovic – P-Y. Rougeyron). Nous comprenons ainsi pourquoi le Monde est un journal collaborationniste.

La France n’est pas un pays où tout le monde se sert comme en ce moment où Monsieur Macron brade notre agriculture, nos villages et nos entreprises à l’exemple d’Alsthom énergie et demain bradera le savoir-faire militaire.

La France est un pays qui a pour vocation de rayonner dans l’Europe et le monde car Elle est fille ainée de l’Eglise.

ANNEXE 1 : Pierre Laval, discours radiodiffusé du 22 juin 1942.

Je veux vous parler, aujourd’hui, avec simplicité et avec une grande franchise. Nous vivons des moments difficiles, nous aurons encore à subir des privations. Ce moment durera autant que durera la guerre et quelque temps après (…). De cette guerre, surgira inévitablement une nouvelle Europe (…)

Pour construire cette Europe, l’Allemagne est en train de livrer des combats gigantesques. Elle doit avec d’autres consentir d’immenses sacrifices et elle ne ménage pas le sang de sa jeunesse : pour la jeter dans la bataille, elle va la chercher à l’usine et aux champs. Je souhaite la victoire allemande parce que, sans elle, le bolchevisme demain s’installerait partout. Ouvriers de France ! C’est pour la libération des prisonniers que vous allez travailler en Allemagne !

C’est pour notre pays que vous irez en grand nombre ! C’est pour permettre à la France de trouver sa place dans la nouvelle Europe que vous répondrez à mon appel !

Cette guerre, je l’ai déjà dit, n’est pas une guerre comme les autres. C’est une révolution d’où doit surgir un monde nouveau. Vous n’avez rien à redouter, mais tout à espérer du régime qui s’instituera chez nous. Une République plus jeune, plus humaine, plus forte doit naître, le socialisme s’instaurera partout en Europe, et la forme qu’il trouvera en France sera dessinée par notre caractère national.

Français, un grand soldat, dont toute la vie est un exemple de sacrifices et de discipline, préside aux destinées de notre patrie. Je vous parle ce soir en son nom. Le Maréchal vous dirait que la France n’a jamais laissé l’Histoire se faire sans elle et qu’on ne remonte des abîmes du malheur que par les sentiers du courage.

ANNEXE 2 : P. Jovanovic – P-Y. Rougeyron : Revue de presse spéciale présidentielles 2017

Le journal Le Monde a été créé par un journaliste qui a été le premier collaborationniste, Français Hubert Beuve-Méry. Dans la revue nationale des sciences politiques de janvier 1933, il écrit la première ode au nazisme en langue française :  « je souhaite la victoire d’Hitler pour une grande Europe Fédérale. », voir ouvrage de Bernard Bruneteau « l’Europe nouvelle d’Hitler».

L’organe collaborationiste « Le Temps » saisi par les résistants et les autorités du général De Gaulle changé par De Gaulle en « Le monde » sans changer le personnel avec Beuve-Méry  qui s’est fait oublier pendant la guerre.

Détails tirés de Wikipédia : En octobre 1944 , Hubert Beuve-Méry est rédacteur en chef de l’hebdomadaire Temps présent quand il est appelé par le général de Gaulle à créer, avec l’aide du gouvernement français, un quotidien de référence pour remplacer le quotidien Le Temps[] qui, victime de l’ordonnance du 30 septembre 1944 sur les titres ayant paru sous l’occupation française par l’Allemagne, a vu ses locaux situés 5 rue des Italiens réquisitionnés et son matériel saisi. C’est ainsi que naît Le Monde, bénéficiaire de cette confiscation, dont le premier numéro sort le 18 décembre 1944 (daté du 19), dont il est le directeur. Il a également fondé Le Monde diplomatique en 1954.

Urgent : les Etats Unis déclarent la guerre à la Syrie au risque d’une troisième guerre mondiale

Les faits :

« L’agence de presse britannique Reuters a ainsi rapporté que le 4 avril, l’armée gouvernementale syrienne aurait lancé une attaque aérienne contre la ville de Khan Cheikhoun, dans la province d’Idleb, en utilisant des munitions contenant du « gaz toxique ». Selon Reuters, le raid aurait été mené par des « avions appartenant à la Russie ou au gouvernement syrien ». » Source Sputnik

Questions sans réponses :

  • Pourquoi Bachar al-Assad aurait-il utilisé des armes chimiques alors qu’il gagnait la guerre en Syrie face à AL Nosra (*) et l’état islamique Daech ?
  • La libération d’Alep par l’armée syrienne s’est faite sans arme chimique et avec beaucoup plus de subtilité militaire dans la gestion des civils pris en otage dans cette guerre contrairement à ce qui se passe actuellement à Mossoul avec la coalition US. Alors pourquoi Bachar Al Assad aurait-il utilisé maintenant des armes chimiques alors qu’il s’est révélé fin tacticien et très patient dans la bataille d’Alep qui a duré près de 5 ans ?
  • Si Bachar Al Assad utilisait des armes chimiques, alors l’attaque américaine de la base syrienne de Shayrat où sont censés décollés les avions avec ces armes aurait dû provoqué une explosion de quelques bombes chimiques prêts à ‘utilisation et répandre le gaz sarin. Au contraire, il n’y a pas eu d’intoxication et personne ne portait de masques à gaz sur cette base.

Attaque chimique : Par qui et comment ?

  • Selon l’organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), En 2014 les armes chimiques et leurs vecteurs ont été évacués de Syrie et détruits.
  • En août 2014, la destruction en Méditerranée des armes chimiques les plus mortelles possédées par Damas avait été annoncée. Dans un communiqué, le président Barack Obama avait lui-même assuré que les armes avaient été détruites par « des professionnels civils et militaires en utilisant un mécanisme américain unique en son genre ».
  • Les témoignages fournis par les Casques blancs (**) qui se sont retrouvés à un moment très opportun à l’épicentre des événements, posent également question. Sur les images de ces « sauveteurs » on voit un cratère formé par un obus alors que, comme l’affirme l’expert militaire Viktor Litovkine, les bombes aériennes chargées de substances chimiques explosent généralement à proximité du sol et ne laissent pas de cratères. Et si jamais une telle bombe (de minimum 250 kg) explosait au sol, le cratère serait bien plus large que celui qu’on voit sur les images diffusées par Reuters.(source Sputnik). Il est également étrange qu’aucun éclat de bombe n’ait été retrouvé depuis 24 heures, ce qui aurait pu permettre de faire la lumière sur l’origine de l’obus.

  • Attaque chimique : Par qui et comment ? aucune réponse vérifiée et prouvée à ce jour à cette question.

A qui Profite le crime ?

  • Cette attaque à l’arme chimique met un frein à l’avancée de Bachar al Assad face aux rebelles et ne lui profite pas ni au peuple syrien.
  • L’administration américaine convainc Donald Trump d’attaquer la Syrie à l’aide de photos sur cette attaque.
  • Ce 6 avril, Emmanuel Macron, successeur politique de François Hollande, plaide pour une intervention militaire en Syrie après l’attaque chimique. François Hollande avait aussi prévu d’attaquer la Syrie le samedi 31 Août 2013 avec des rafales prêts à décoller.
  • Ce jeudi 6 avril au soir, Trump lance 59 missiles en Syrie en représailles à l’attaque chimique présumée. « L’aéroport a été presque totalement détruit: le tarmac, le dépôt de fuel et le bâtiment de la défense aérienne ont été pulvérisés », a indiqué à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) basé à Londres et étrangement bien renseigné sur cette opération.
  • La Grande-Bretagne soutient pleinement les frappes américaines contre une base aérienne en Syrie, a déclaré un porte-parole du gouvernement britannique ce vendredi 7 avril. (lien Agence Reuters et casques blancs).

Nous le voyons les conclusions d’accusation contre Bachar Al-Assad par les instances internationales et les médias à leurs ordres sont hâtives et servent des intérêts diaboliques dépassant le peuple Syrien. L’histoire se répète, après le Koweït, l’Iraq et la Lybie, la coalition sunnite et anglo-saxonne avec en toile de fond Israël mettent le chaos dans la Syrie, avec le danger de déclencher une troisième guerre mondiale, qui est heureusement peu probable vu le sang froid de Monsieur Poutine.

Question finale : Depuis Pompidou, dans le but d’affaiblir notre richesse économique, spirituelle et culturelle, n’est-ce pas ce même chaos qui est diffusé subtilement en France par les Etats Unis avec maintenant ce quinquennat catastrophique d’Hollande aidé par Emmanuel Macron durant sa campagne électorale et ces 5 années de gouvernement ?

* AL Nosra est renommé en 2016 Front Fatah al-Cham ou  Al-Qaïda en Syrie puis Hayat Tahrir al-Cham en 2017. « Al-Nosra tire sur les civils qui tentent de quitter Alep » : https://www.youtube.com/watch?v=NbNhZV26KWQ)

** Casques blancs : Créés en 2013 par James le Mesurier, un ancien officier britannique reconvertit dans le mercenariat, dont la société est basée à Dubai (Qatar). Leur vice-président, Abdulraman Al-Mawwas reçu par François Hollande, a indiqué que le groupe reçoit ses financements des États-Unis, de l’Angleterre, de la Hollande, de l’Allemagne et du Danemark. Une liste de généreux donateurs, de gouvernements qui ont, comme le rappelle Vanessa Beeley, « publiquement pris position et investi en faveur d’un changement de régime en Syrie ». Sur le financement casques blancs :« Je suis fier d’affirmer que nous leur accordons environ 32 millions de livres sterling (plus de 35 millions d’euros) de financement comme partie d’un paquet plus grand de 65 millions de livres sterling (72 millions d’euros) », renchérit le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson. « Nous leur accordons, via USAID, quelque 23 millions de dollars d’assistance (environ 21 millions d’euros) », déclare ainsi Mark Toner.

Église et Immigration Le grand malaise

Voici un entretien tiré de l’hebdomadaire « L’Action Française » du 16 février de Philippe Mesnard qui a recueilli les propos de Laurent Dandrieu, Rédacteur en chef des pages « Cultures » de l’hebdomadaire Valeurs actuelles. Laurent Dandrieu vient de publier « Église et immigration : le grand malaise » aux Presses de la Renaissance (288 pages, 17,90 euros).

L’action Française 2000 – En France, pour l’Église, refuser l’immigration, c’est souvent être xénophobe, donc non chrétien… Pourquoi la question des migrants est-elle devenue un test pour reconnaître le « bon catholique » ?

Laurent Dandrieu – Cela me semble un bon test de la façon dont certaines vertus chrétiennes sont devenues folles, jusque dans l’Église. Aujourd’hui y règne souvent une forme d’idolâtrie de l’accueil qui n’est qu’une caricature de charité : si vous n’êtes pas pour l’accueil inconditionnel du migrant, vous êtes contre l’Évangile, vous ne reconnaissez pas l’autorité du pape. On n’a plus le droit de rappeler que l’impératif de charité comprend aussi le respect du bien commun (qui est la charité que l’on doit au pays dont l’on est citoyen), de la justice (qui est une charité que l’on doit aux plus proches, que l’on n’a pas le droit de sacrifier aux plus lointains), de l’efficacité (qui est une charité que l’on doit à ceux à qui l’on propose de faire le bien). Au fond, ce qui se joue derrière cela, c’est la transformation du catholicisme en un humanitarisme désincarné. Une caricature de charité vise plus à prendre une posture avantageuse qu’à faire effectivement du bien, et une caricature d’universel prétend faire l’impasse sur les communautés naturelles. S’opposer à cette idolâtrie de l’accueil, c’est s’opposer à un certain discours universaliste qui a envahi l’Église, qui ne veut plus voir de bien commun que mondial et considère tout point de vue national comme rétrograde, étriqué, renfermé.

La doctrine sociale de l’Église est-elle universelle ou bien intègre-t-elle une nécessaire adaptation à la société à laquelle appartient le catholique ?

Il me semble qu’elle est à la fois universelle et enracinée : elle combine l’appel à la fraternité universelle et l’incarnation dans des communautés naturelles, de la famille à la nation, qui sont le cadre naturel de la charité et les médiations qui nous permettent d’accéder à l’universel. Or, aujourd’hui, cet équilibre est rompu, et la fraternité universelle devient de plus en plus une idole qui dévore tout. En étudiant les textes du Magistère, j’ai mis en lumière dans mon livre que, de manière continue depuis Jean XXIII, l’Église a adopté un ton messianique pour parler des migrations, qu’elle voit comme un signe de l’inéluctable évolution vers « l’unité de la famille humaine » ; c’est Jean-Paul II qui y voit un moyen choisi par Dieu « pour signifier son plan de rédemption par l’homme », et François pour qui elles sont l’occasion de la naissance « d’une nouvelle humanité, annoncée par avance dans le mystère pascal : une humanité pour laquelle toute terre étrangère est une patrie et toute patrie est une terre étrangère », en passant par Benoit XVI qui nous invite à les regarder comme « la préfiguration anticipée de la cité sans frontières de Dieu ». Alors, l’Église a beau reconnaître le droit des États à réguler les flux migratoires, on sent bien que ce droit pèsera peu face la préfiguration anticipée de la cité sans frontières de Dieu

On a l’impression que le Ralliement de Léon XIII a signé un renversement de perspective : au lieu que l’Église soit la boussole du monde, ne s’est-elle pas donné le monde comme boussole ?

Il est certain que, depuis la Révolution française, l’Église bute sur cette question de savoir comment se positionner par rapport à la modernité et que, de Léon XIII à Jean XXIII, et de Paul VI à François, la tentation de transformer l’Église en une structure d’accompagnement spirituel des évolutions du monde moderne est récurrente. Sans que les résultats de cette pastorale de l’accompagnement apparaissent pour le moment très probants…

Le pape a-t-il raison sur tout et le catholique doit-il suspendre son jugement, en considérant que l’Église se situe dans une perspective différente de celle du monde ?

Ces questions migratoires sont éminemment politiques et l’Église n’a pas là-dessus de garantie d’infaillibilité : je montre dans mon livre que ses positions relèvent du degré le plus faible du Magistère, celui auquel nous devons une écoute attentive et loyale, sans être tenus à l’obéissance. Au contraire, notre condition de laïcs immergés dans une société laïcisée nous rend plus conscients de certaines réalités, sur lesquelles il est de notre devoir d’alerter la hiérarchie de l’Église si nous avons le sentiment qu’elle fait fausse route.

Le pape prêche-t-il vraiment l’accueil inconditionnel des migrants ? Et celui-ci est-il vraiment évangélique dans toutes ses conséquences ?

Sur ce sujet comme sur d’autres, le pape François tient des propos souvent contradictoires. On y trouve à la fois quelques appels à la prudence et des affirmations selon lesquelles « si un réfugié arrive, en dépit de toutes les précautions liées à la sécurité, nous devons l’accueillir, car c’est un commandement de la Bible ».  Mais au total, les secondes dominent un discours qui, par son martèlement obsédant, a pour effet de culpabiliser les catholiques qui voudraient résister à l’invasion migratoire. media_xl_3575029D’autant que, dans le même temps, le pape explique pour le coup sans aucun bémol que la présence de l’islam en Europe ne pose aucun problème et que les vrais musulmans ne recherchent que la paix et le dialogue… L’accueil inconditionnel des migrants ne me paraît pas vraiment évangélique pour au moins trois raisons : parce qu’il fait miroiter aux candidats à la migration une prospérité dont nous n’avons pas les moyens ; parce qu’en contribuant à l’appel d’air qui précipite des peuples entiers vers l’Europe, l’Église se rend complice d’une terrible saignée que dénonçait récemment dans un livre d’entretiens avec Charlotte d’Ornellas le patriarche syrien Grégoire III Laham, déplorant que cette émigration prive son pays (et d’autres) des forces vives dont il a cruellement besoin ; enfin parce que ce souci exclusif du lointain s’exerce concrètement au détriment du plus proche, ces Européens dont les souffrances sont ignorées et les inquiétudes condamnées par l’Église. Celle-ci est tellement soucieuse de ne pas être identifiée à la droite et à toute préoccupation identitaire qu’elle en oublie que ce souci accentue le gouffre qui s’est créé entre elle et les peuples européens, et donc accentue son déclin sur notre continent.

L’Église officielle est-elle présente dans les véritables périphéries de notre société (campagne désertée, banlieues déchristianisées, esprits déstructurés) ou s’est-elle repliée dans des zones de confort, en s’abritant derrière l’alibi du manque de prêtres ?

Il me paraît évident que la périphérie existentielle constituée par les populations européennes saisies d’insécurité culturelle et d’angoisse identitaire devant l’immigration de masse et l’islamisation de l’Europe qui arrive dans ses bagages n’intéresse pas aujourd’hui l’Église, comme si c’était une périphérie qui n’était pas assez valorisante pour elle, et que la condamnation du populisme justifiait qu’on ne s’y intéresse pas. Son attention semble entièrement mobilisée par ces prolétaires des nations que sont à ses yeux les immigrés, en vertu d’une sorte d’application aux peuples de l’option préférentielle pour les pauvres.

La conversion des immigrés musulmans est-elle une solution religieuse à un problème politique ?

Convertir les musulmans est de toute évidence une urgence ; encore faut-il s’en donner les moyens. C’est-à-dire ne pas décourager ces conversions, d’une part en expliquant sur tous les tons aux musulmans que leur religion est admirable, d’autre part en dissuadant concrètement ceux qui se présentent quand même, de peur de fâcher les communautés musulmanes locales en les baptisant. De toute façon, la conversion massive des musulmans immigrés apparaît une tâche colossale, qui ne semble pas, sinon marginalement, à la portée d’Églises européennes terriblement affaiblies. Alors qu’il serait comparativement beaucoup plus aisé de réévangéliser les Européens si on voulait bien cesser de mépriser leurs aspirations légitimes à la protection de leur identité. C’est là que réside la clef d’une renaissance possible du catholicisme en Europe. C’est seulement une fois cette reconquête-là entreprise que l’on pourra songer à convertir massivement les musulmans.

Propos recueillis par Philippe Mesnard – Action française
https://www.actionfrancaise.net

La tour Eiffel : l’universalisme révolutionnaire barricadé.

IMMIGRANTSL’heure est à l’universalisme, toutes les autorités et les artistes « people » internationales nous vantent les mérites d’un monde sans frontières où tout le monde circule sans aucun contrôle sauf pour les chrétiens syriens désirant venir en France car ils sont considérés trop proches de Bachar Al Assad par Monsieur Hollande. Ainsi  « être people c’est chébran », mais être du peuple c’est être populiste ou fasciste. Nous sommes dans l’ère de l’universalisme où la planète devient un village. La haute finance suite au traité de Maastricht a transformé l’Europe en terrain d’expérimentation privilégié de cet universalisme . Continuer la lecture de La tour Eiffel : l’universalisme révolutionnaire barricadé.

Picasso génie et grand artiste sans transcendance

Les tableaux de Pablo Picasso interpellent l’œil du promeneur qui déambule dans les expositions. Le moindre de ses tableaux montre sa maîtrise de l’art graphique.

La colombe de la paix
La colombe de la paix

Curieux il a exprimé son art sur différents supports comme la céramique.

Lastre décorée d’une tête de femme - 1948
Lastre décorée d’une tête de femme – 1948

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Ce que dit vraiment l’histoire de l’islam – partie 2

Vous pouvez vraiment prendre le temps de lire cette seconde partie de l’émission de l’abbé de Tanoüarn sur radio courtoisie. Vous y découvrirez les fondements de la foi musulmane et la logique de sa pensée, nous nous interrogerons aussi sur la foi des chrétiens et sur les débuts de possibilité de dialogue des chrétiens avec les musulmans. Je vous souhaite une bonne lecture et un bon voyage dans le temps.
(Guillaume de Tanoüarn recevait Olaf, écrivain et Leïla Qadr, chercheur)

G : Chers amis bonjour pour cette seconde mi-temps de notre émission au long cours sur les origines de l’islam. Nous avons dans le studio deux personnes qui on peut dire consacrer leur vie à ce travail, je pense Olaf que vous avez investi un temps considérable à ces travaux et que vraiment il y a vraiment de votre part un effort et une liberté qu’il faut saluer. Nous allons parler davantage dans cette seconde partie avec Leila Qadr parce que nous abordons la question sur laquelle elle a travaillé, la question des sources du coran. Comme je vous le disais en commençant pour un musulman est incréé donc il n’a pas de source (Nota perso : la notion du coran incréé date du 10ième siècle environ, le coran est pour le musulman tout au moins la parole ou la révélation directe de Dieu, cf article sur ce site). En réalité quand on décortique chaque verset de chaque sourate, on découvre et je crois que vous faites cela sourate par sourate et verset par verset dans votre thèse.

L : En fait c’est un livre qui va m’aider à faire ma thèse, ma thèse va porter sur l’alliance dans le coran. Mais j’avais écrit un livre « les trois visages du coran » qui va m’aider à comprendre d’où viennent les sources coraniques.

G : Vous vérifiez votre théorie par induction.

L : Oui et par d’autres analyses qui sont plutôt des analyses codicologiques (étude des anciens manuscrits reliés en codex) et philologiques.

G : Alors on découvre que le coran n’est pas une parole si nouvelle que cela, on retrouve des échos de textes religieux, juifs et chrétiens, d’apocryphes, de sources même un peu folklorique de sources grecs. Est-ce que vous pourriez nous donner quelques exemples, des exemples plus factuels que les versets du coran sont des reprises de sources antérieures.

L : oui, je me base beaucoup sur les travaux de Guillaume Dye qui est un philologue et professeur à Bruxelles. Il parle beaucoup de la sourate 19 en disant que c’était une reprise, une réécriture d’un texte apocryphe du proto-évangile de Jacques, d’autres chercheurs parlent plutôt du pseudo-Mathieu, donc ce sont des épisodes qui vont parler de la nativité de Jésus avec une nativité qui n’est pas celle que l’on connaît nous avec nos regards.

G : Evidemment, les musulmans nous disent c’est nous qui avons la vérité sur Jésus et donc c’est bien comme ça que ça s’est passé et pas comme vous le croyez.

L : Voilà, tout à fait, mais la tradition musulmane est subordonnée à des apocryphes qui étaient antérieurs. C’est cela qu’il faut signaler, c’est que ces apocryphes chrétiens étaient antérieurs à la tradition et aux écrits musulmans (Note perso, les évangiles datent du premier siècle et les apocryphes des siècles suivants), et notamment, on a l’épisode qu’on appelle l’épisode du palmier dans le coran, la sourate 19, Marie va accoucher de Jésus seule loin de sa famille, en Orient, et elle va accoucher au pied d’un palmier, et donc elle va maudire. Je parle de la version coranique, le dieu va lui dire réjouis toi parce qu’il y a des dattes qui vont tomber, ensuite, elle va trouver un petit ruisseau et donc elle qui se plaint et se lamente de son sort par rapport à cet enfant qui est un problème.

G : qu’elle doit l’assumer seule

L : Oui, Là il y a une disparition totale par rapport à Joseph, et donc elle a des dattes et de l‘eau pour se rassurer. Cette épisode fait écho à des épisodes qui existent dans les traditions et la littérature chrétienne antérieure et notamment le proto-évangile de Jacques, où là l’épisode c’est Marie qui est accompagnée de Joseph et de Jésus au retour d’Egypte qui va se faire envie dans une oasis de dattes. Joseph la réprimande en lui disant que ce n’est le moment, il a assez de soucis.

G : Donc ce sont quand-même deux textes assez différents, assez mélangés, il y a un mélange de thèmes. Marie et les dattes, cela existe dans la littérature antérieure mais pas au moment de la naissance.

L : Le passage des dattes existe dans des traditions antérieures mais pas sous la même forme. Souvent le coran compose plusieurs sources, c’est ce que l’on a remarqué, il peut composer avec des sources juives avec des sources chrétiennes et entrelacer les deux pour pas qu’on puisse démêler les sources.

G : ce qui est normal si les instituteurs de Mohammed sont ces judéo-nazaréens

L : C’est pour cela que l’hypothèse du père Gallez est très plausible parce qu’elle permet d’expliquer beaucoup de faits que l’on peut constater.

O : juste une petite remarque en passant, on parle de textes chrétiens, les apocryphes ne sont pas des textes chrétiens, attendons-nous ! on est bien d’accord mon père ?

G : oui, c’est de la littérature chrétienne malgré tout.

O : c’est de la littérature para-chrétienne. S’ils n’ont pas été canonisés c’est bien que derrière ils ne sont pas chrétiens.

G : oui, ils ne sont pas chrétiens parce qu’ils ne racontent pas la véritable origine du Christ.

O : ou ils font état de doctrines qui ne sont pas chrétiennes

L : ou de traditions

G : il y a beaucoup de textes gnostiques dans cette littérature.

O : Gnostique ou autres, on parle de judéo-nazaréens, on voit que le proto-évangile de Jacques est beaucoup repris, il est aussi repris par beaucoup de chrétiens, les traditions sur les mages, sur les parents de Marie.

L : Sur Marie qui a vécu au temple, çà c’est passé dans des traditions chrétiennes.

O : çà n’en fait pas pour autant un texte chrétien qu’on lirait comme les textes chrétiens.

G : tout à fait, ce n’est pas un texte d’évangile.

 L : Oui mais l’enfance de Marie est dans les traditions chrétiennes des livres d’église et donc elle est aussi dans les traditions musulmanes, mais c’est sûr que ce n’est pas dans les évangiles, ni dans les textes canonisés.

O : il faudrait que l’on discute de ce que sont les évangiles mais il faudrait une autre émission. Vous l’avez déjà faite mon père en invitant le père Guigain ( http://www.eecho.fr/tag/frederic-guigain/ ).

L : Donc on va dire des textes judéo-chrétien, c’est Jésus qui va faire le miracle du palmier, il va donner l’ordre au palmier de se courber pour nourrir et satisfaire sa maman

G : c’est très joli tout ça

L : il va redonner l’ordre après de remonter. Et donc cette tradition du palmier était présente dans la fameuse église en Palestine, Kathisma, qui était une église qui célébrait une fête de Marie le 13 Août. A l’intérieur, il y avait des mosaïques qui montraient cet épisode du palmier.

G : Elles sont toujours là les mosaïques ?

L : Il y a des photos

O : Elle a été retrouvée dans les années 90, on a retrouvé les fondations en faisant des fouilles pour un parking, elle est près de Jérusalem, et elle présente exactement le même plan en triple octogone centré sur un rocher que le dôme du rocher.

G : C’est le dôme du rocher qui lui a repris ce plan.

O : Le dôme du rocher qui est censé célébrer l’impérium, la magnificence d’Abd Malik sur les arabes, sur les chrétiens, les juifs et le monde entier, en disant, c’est moi le vainqueur de l’histoire, en fait c’est la copie d’une église qui existait déjà qui devait être vénérée également par les musulmans avec ces mosaïques qu’on a retrouvées par ailleurs et qui a été transformée en mosquée, et qui a été détruite dans l’époque à peu près (L : 9ième siècle je pense)  où on a transformé le dôme du rocher en signe de témoignage purement musulman de la venue de Mahomet. A ce moment-là, ce n’était plus possible d’avoir dans la même ville deux églises semblables, deux bâtiments semblables.

L : Et le plan était exactement semblable, c’est-à-dire qu’il y avait un rocher, il y avait un déambulatoire, et donc la forme octogonale, tout est repris.

G : Et donc on a retrouvé, on a fait des fouilles, on a retrouvé ce Kathisma, cette église qui a donné son plan.

L : Elle était dédiée à Marie le 13 Août. Et Guillaume Dye montre aussi qu’il y a une correspondance encore plus intense dans le fait que cette église était dédiée au fait que Marie était Arche d’alliance. On disait dans des lectionnaires de cette époque sœur d’Aaron. Donc l’expression sœur d’Aaron, on la retrouve dans le coran. Donc il y a un transfert pour lui qui est fulgurant et qui est presque une preuve.

G : Sœur d’Aaron et de Moïse.

L : Oui bien sûr, et donc là, on a le lien par rapport au rocher, donc on voit aussi le lien avec le rocher et le lien avec Marie, parce dans l’Eglise du Kathisma, il y avait un rocher et dans le dôme du rocher il y a un rocher.

O : Oui, il y a des traditions juives très anciennes qui accompagnaient les textes de l’exode qui nous parlent de Mariam, sœur de Moïse et d’Aaron, la lient elle-même à un rocher qui suivait le peuple pendant l’exode, un rocher dans lequel il y avait un puit ou une source dans lequel s’abreuvait le peuple.

L : c’est pour cela que le texte coranique où il signifie que Marie trouve une source serait beaucoup plus logique puisqu’il relierait à toutes ces traditions judéo-chrétiennes et à ce site judéo-chrétien qui a été repris par le proto-islam (Note perso : Le rocher est lié au ruisseau cité dans le coran)

G : ça c’est tout-à-fait intéressant. Donc les récits coraniques concernant Marie et la naissance de Jésus sont antérieurs au coran. Il reste une chose quand-même, je voudrais dire cela aux auditeurs de radio-courtoisie, Marie est citée 16 fois dans le nouveau testament, (L : 40 fois dans le coran), et il est cité deux fois plus dans le coran, ce qui est étonnant. Et autant dans le talmud, Marie est considérée comme une prostituée parce que le Christ n’a pas de père donc c’est louche, donc elle a eu son enfant, son enfant n’est pas de chez nous en gros. On le voit encore dans le chapitre huit de Saint Jean, les juifs disant à Jésus, nous, nous ne sommes pas issus de la prostitution.

L : Oui il y avait une calomnie de Marie, le coran prend la défense de Marie plusieurs fois.

G : on sent que cette calomnie de Marie est très tôt et donc que la virginité de Marie est un fait mal interprété mais qui est avéré dès le départ.

L : qui est avéré. Et puis même elle tisse le voile, dans le coran ils disent qu’elle fait le hijeb, en fait il y a aussi des philologues qui montrent que ce hijeb est le voile du sanctuaire, donc elle est forcément vierge, et donc elle est forcément en plus de lignée davidique parce que le fait de tisser le voile du sanctuaire, ça veut dire qu’elle était vierge.

G : pourquoi forcément vierge ?

O : parce qu’elle était consacrée au temple.

L : c’était le voile sur le tabernacle, le coffre du tabernacle.

G : c’est elle qui tisse le voile. Les musulmanes aujourd’hui portent ce voile.

O : vous allez un peu loin.

L : vous allez peut-être un peu loin

O : le coran réfute ces accusations de prostitution prenant ses sources dans des textes très anciens.

L : il y a une violente polémique contre l’accusation contre Marie. Il dit du fait de votre accusation contre Marie et de sa pureté, du fait de vos meurtres des prophètes, vous êtes maudis.

G : ça c’était la sourate 19, vous avez également étudié la sourate 17, ce voyage de Mahomet.

L : Oui, Olaf en a parlé, c’est le voyage qui est pour les musulmans un voyage physique de Mahomet depuis la Mecque jusqu’à Jérusalem sur un cheval ailé. Mais ce qui est intéressant de remarquer, c’est que pour aller au ciel, il ne va pas depuis la Mecque, il va faire un détour de 1200 km vers Jérusalem. Ça c’est étonnant et très significatif.

G : Le salut vient des juifs disait Jésus à la sainte Maritaine à propos justement des saints maritains au chapitre 4 de Saint Jean.

L : Dans la tradition musulmane, Jérusalem s’appelle la sainte, c’est la ville sainte, donc on voit que Jérusalem a gardé malgré tout dans la tradition musulmane cette sainteté donc Mahomet part de la Mecque pour aller à Jérusalem. Mais ce qui se passe dans cette sourate, au début on parle de Moïse, après il y a deux lignes où on parlerait de Mahomet, mais en fait son nom n’est pas indiqué c’est juste mosquée Al Aqsa et mosquée Al Haram donc les deux mosquées, celle de la Mecque et celle de Jérusalem.

G : elle est citée dans le coran alors qu’elle n’existe pas. Donc le coran est bien plus tardif.

O : l’interprétation du coran, du texte est bien plus tardive

L : et puis après ça repart sur Moïse. Donc on part de Moïse, on part de ces deux mosquées et on repart sur Moïse. Sachant que dans les Midrash, dans la littérature rabbinique, il existe un voyage de Moïse céleste pour aller chercher la Torah, Moïse part dans la nuit pour aller chercher la Torah at va se battre avec les anges qui ne veulent pas lui donner la Torah, et lui dit que la Torah est plus indispensable pour les hommes que pour les anges. Ce qui est intéressant, c’est de voir quand on regarde le codex de Sana notamment, on voit que le mot Aqsa n’existe pas avant, c’est-à-dire que le mot Aqsa va être écrit en gros en rature, c’est-à-dire en deuxième strate.

G : il faut que vous expliquiez aux auditeurs de radio courtoisie ce qu’est le codex de Sana.

L : Il a été trouvé en 1972 par hasard.

O :il y a eu un tremblement de terre ou un problème de structure dans une mosquée très ancienne de Sana et il y a eu un effondrement de la voûte intérieure, et les ouvriers ont vu qu’il y avait une espace entre la voûte intérieure et la voûte extérieure rempli de sacs, et dans ces sacs il y avait des vieux manuscrits, des milliers de vieux manuscrits. Les autorités yéménites ont fait appel à un spécialiste mondial, Gerd Puin, un allemand pour venir investiguer. Ils avaient conservé des très vieux parchemins, et donc ce n’est pas qu’un seul codex qu’on a retrouvé là-bas, on a retrouvé des milliers et des milliers de manuscrits que ce savant Gerd Puin a commencé d’investiguer, parmi lesquels on a un codex qu’on nomme codex de Sana’a, mais il y a d’autres manuscrits qui rendent compte d’autres ouvrages. Et c’est toujours en cours d’étude.

G : pour les auditeurs, codex veut dire livre.

L : Mais ce n’est jamais des recueils complets, ce sont toujours des fragments parfois en mauvais état, parfois en bon état mais c’est toujours des petits fragments.

O : on peut préciser aux auditeurs que les premiers exemplaires complets du coran dont on dispose aujourd’hui datent du 9ième siècle, deux cents ans après la fameuse pseudo-édition d’Othman en 650-652, qui selon la tradition musulmane ce calife-là, le troisième, aurait fait établir l’ultime édition définitive.

L : Oui mais qu’on n’a jamais retrouvé, le codex d’Othman n’existe pas dans les faits.

O : Où sont les corans d’Othman aujourd’hui ? Il faut se rendre à l’évidence qu’ils ont été détruits par les musulmans eux-mêmes, puisque la tradition musulmane nous dit que ces corans ont été envoyés dans les villes importantes de l’empire musulman et qui sont restées musulmanes, qui sont restées musulmanes.

L : Donc il y a plusieurs campagnes de destruction des codex et apparemment le codex de Othman a subi lui aussi un incendie puisque c’est un épisode qui revient très souvent dans les épisodes de la destruction des matériaux coraniques.

O : Sur l’histoire du coran, c’est quand-même très complexe. Nous occidentaux, on voudrait voir l’islam comme une religion cohérente, allant de soi. C’est certain qu’il y a une logique interne et qu’elle est même assez implacable. Mais on nous dit par exemple, d’un côté dans ces traditions musulmanes que ce serait le calife Othman qui aurait fixé l’édition définitive du coran, et ces mêmes traditions nous disent d’un autre côté, que c’est en 933 que les vizirs Ibn Uqla et Ibn Issa ont fixé la version définitive du coran. Donc dans l’islam comme il se présente à nous, nous sommes obligés de manier des contradictions, c’est une religion contradictoire, où les traditions sont contradictoires.

G : Pour revenir à Sana’a et aux codex, ce codex est un codex du coran mais qui est différent.

L : Il y a des différences, je parle de Gerd Puin, il n’a pas beaucoup publié là-dessus.

G : mais ça doit être dangereux de dire qu’il existe un coran différent du coran incréé, qu’il y a un coran antérieur.

O : Ce qu’ils ont commencé de montrer c’est que le coran n’était pas le livre incréé comme les musulmans le croient avec des preuves physiques. On a des preuves physiques que le coran a une histoire, avait changé. Et là les autorités yéménites ont commencé à prendre peur et ils ont demandé à Gerd Puin d’arrêter ses recherches. Donc il est parti, il est parti avec des milliers de photos qu’il avait prises des manuscrits. Les manuscrits sont restés là-bas, mais depuis Gerd Puin et sa femme Elisabeth étudient ces manuscrits et les diffusent, et maintenant certaines photos de ces manuscrits ont été versées au gros projet d’étude inter-universitaire corpus coranicum où pour la première fois dans l’histoire on va avoir une édition critique du coran. Une équipe se penche sur les manuscrits anciens du coran, ce dont on dispose, ils disposent de 20 à 30 codex anciens dont certains sont presque complets. Le plus complet c’est le « Veste ein deux » (Note perso : écriture approximative de ma part !) qui contient 85% du texte de 1924, parce que le coran comme on le lit aujourd’hui, son texte a été fixé, je vous disais 933 mais il faut attendre 1924 pour avoir tout le travail éditorial qui a été fait avec le texte qu’on a aujourd’hui. Ce manuscrit de Sana’a a été versé dans ce projet-là. Ils travaillent depuis quelques années maintenant à cette édition critique du coran, certains de ces manuscrits montrent que le texte n’est pas du tout ce que les musulmans croient qu’il est.

L : sur la sourate 17, on voit très très nettement, des fois ce n’est pas très net, mais là c’est toute la page où il y a le mot Aqsa qui est écrit en gros et qui cache quelque chose d’autre qui a été effacé. Donc cela prouve que le mot Aqsa (mosquée Al Aqsa) n’existait pas au 7ième siècle mais est bien une création postérieure. Ce que l’on va voir lorsqu’on analyse ces codex, on voit voir que tous les points de doxa islamique vont être en couche supérieure, la doxa spécifiquement islamique comme l’obéissance, Ismaël au lieu d’Isaac, la descente céleste du coran et les rites musulmans comme le ramadan, enfin tout ce qui va être vraiment des marqueurs typiques islamiques vont souvent être l’objet de ratures et de tâches sur le codex ancien.

G : alors sur le mot ramadan ?

O : je suis un vulgarisateur, mais je connais un petit peu l’arabe, suffisamment pour pouvoir le décrypter à l’écrit. Et je me suis intéressé à ce fameux manuscrit dont parlait Leila, le manuscrit Veste ein deux mille neuf cent treize conservé à Berlin et qui représente à peu près 85% du squelette consonantique du coran actuel. Et dans ce manuscrit, on voit plusieurs couches d’écritures, et j’avais noté dans la thèse du père Gallez une petite note disant c’est intéressant ce mot ramadan, parce que en araméen, ramadine ce sont les cendres. Evidemment, les cendres, ça fait écho à la coutume chrétienne du mois de jeune qui précède Pâques, qu’on appelle mois des cendres ou carême en latin. En araméen, on disait mois des cendres et quand on regarde le coran, il y a une seule occurrence du mot ramadan, donc on peut lui donner le sens que l’on veut puisqu’il n’y a pas de dictionnaire arabe de Mahomet de 632. Le commentateur musulman du 9ième siècle qui est face à ce texte-là, donne le sens qu’il veut au mot de ramadan, mais il y a une autre occurrence qui est celle de ramadine, les cendres. Donc on peut comparer les graphies entre les cendres et ramadan. Dans ce manuscrit là en particulier, on s’aperçoit que le mot de ramadan a fait l’objet d’un grossier palimpseste en fait, une réécriture pour transformer le D qui était celui de ramadine les cendres en un Dh, Da, et qui change la racine tri-consonantique du mot et le fait passer dans un autre champ lexical. D’ailleurs, on le voit et c’est flagrant, pour le malheur des musulmans ou peut-être pour leur libération, les manuscrits qu’étudient le corpus coranicum ont été mis en ligne avec des photos en très haute définition, et donc on peut zoomer dans le texte, voir les couches d’écriture, et on peut regarder un recto et un verso. Donc sur le folio en question où il est écrit ramadane, le mois de ramadan, si on regarde bien le recto, on s’aperçoit recto et verso si on les met face à face, il y a une tâche qui a transpercée, on se rend compte que le scribe a lavé et gratté, gratté la lettre qui le gênait au point que cela a traversé le folio, on le voit de l’autre côté, et juste à cet endroit spécifique pour pouvoir réécrire une lettre nouvelle qui change le mot et qui lui donne un nouveau sens. On a changé le mois des cendres. Derrière on se rend compte qu’il y avait un contexte chrétien ou plutôt araméo-chrétien, et ce contexte-là n’avait plus lieu d’être dans la religion qu’on voulait faire, la religion des califes, la religion qui se crée à Bagdad en milieu arabe et persan, et plus du tout en milieu araméen.

G : Olaf est l’auteur du grand secret de l’islam et Leila Qadr, doctorante, est spécialiste du thème de l’alliance dans le coran. Nous en étions à ces sources du coran. Il y a aussi des sources issues de l’ancien testament. Pour la sourate 17, vous étiez en train de nous dire c’est qu’on ne sait pas qui se promène sur le cheval ailé et qu’on reprend une légende juive de Moïse.

L : Mais déjà le titre de la sourate a changé, elle s’appelait les fils d’Israël, les bénis d’Israël, et après le titre va changer et s’appeler le voyage de Mahomet. Il y a déjà un changement de nom de la sourate et la sourate ne parle que de Moïse, sauf sur ces deux incises concernant El Aqsa et El Haram.

G : incises qui sont récentes puisque dans le coran de Sana’a

L : on voit qu’elles n’y sont pas. Tous les spécialistes parlent d’interpolation. Moi j’ai fait juste une recension, ce travail a été fait énormément au 19ième siècle par des chercheurs allemands et toutes les sources sont disponibles, il fallait simplement les synthétiser. Il y a aussi des sources rabbiniques dans le coran. Il va y avoir le récit d’Abraham qui ne quitte pas la ville d’Ur mais d’Abraham qui va être libéré du feu brûlant. Comment, on peut passer de la ville d’Ur au feu brûlant ? Donc là c’est Sami Aldeeb qui le recense dans sa recension du coran chronologique. Il dit que c’est une erreur de copiste, d’un rabbi qui s’appelait Jonathan ben Ouzziel qui va faire une erreur de traduction qui va confondre l’accadien et le babylonien avec l’araméen parce que Ur veut dire la ville en Babylonien et veut dire le feu brûlant en araméen. On voit qu’il y a une erreur d’un texte juif qui est reporté dans le coran. Donc ça, on le voit plusieurs fois.

G : cette idée coranique qu’Abraham est sorti du feu est reprise d’un apocryphe juif ?

L : d’un midrash. Le midrash était antérieur au texte coranique. Il y a aussi l’exemple des tables de la loi parce que dans l’arabe et les langues sémitiques, il y a à la fois le duel et le pluriel. On donne à deux choses plusieurs choses. Dans le coran, il reçoit plus que deux tables de la loi, il en reçoit plusieurs, on va le voir par la grammaire. On va retrouver ça dans les textes rabbiniques ou midrashiques. On peut pister l’origine des erreurs ou des interprétations.

G : vous avez des sources rabbiniques avec ces erreurs qui se transmettent depuis les originaux juifs jusqu’au coran.

L : ce peut-être des erreurs ou des volontés de jouer avec le texte. Dans la littérature rabbinique, ils aiment bien jouer avec les mots et puis trouver toujours des sens nouveaux aux mots et des sens nouveaux à l’écriture sainte et donc ils peuvent jouer avec les mots. Ce qui est intéressant c’est que l’on va retrouver ces choses dans le coran, il y a des détails que l’on n’a pas dans la bible que l’on va retrouver dans le coran.

G : Et il y a d’autres sources encore ?

L : il y a par exemple le livre du jubilé où Abraham fait sept tours, sept circonvolutions je crois dans le sens lévogyre pour fêter la naissance d’Isaac. Ce rituel, on va le retrouver dans le rituel du pèlerinage de la Mecque (la kaaba est gauche). Il y a aussi le rituel, on peut se poser la question de leur source. Pour la prière, Olaf a fait une petite vidéo concernant l’origine de la salat islamique.

O : C’est tout bête, je suis tombé sur un documentaire où on voyait prier des chrétiens araméens et donc des chrétiens qui tiennent leurs traditions du judéo-christianisme (Note perso : différent des judéo-nazaréens), ils prient exactement à la façon des musulmans. On peut faire le rapprochement, ce sont des traditions hébraïques qui sont passées à la fois chez les rabbiniques car on voit certains juifs de certains courants prier comme ça en se prosternant. La ritualisation de la prosternation, la façon dont la prière de prosternation est ritualisée, codifiée ; on retrouve la même façon de faire chez des croyants qui sont tous issus des hébreux, sauf que les musulmans sont les seuls parmi les trois à dire qu’ils ne viennent pas des hébreux. Ils ont beau dire que leur religion est primordiale et que peut-être il existait des bons juifs qui continuaient à suivre la sainte révélation d’Allah donné par Moïse, mais la façon de prier chez eux, elle leur a été donnée par Mahomet lui-même qui enseigne des arabes soi-disant complètement incultes et polythéistes. Hors non, il n’en est rien, cette simple petite comparaison des façons de prier nous montre que l’islam a des traditions hébraïques qui sont passées dans l’islam. Ce n’est pourtant pas du tout ce que disent les musulmans.

G : Est-ce que vous avez d’autres exemples à nous proposer ?

L : il y a des livres judéo-chrétiens comme le livre la caverne au trésor où le centre du monde se situe à l’esplanade du temple. Donc c’est aussi intéressant par rapport à la thèse du père Gallez, car c’est là où vont se ruer les proto-musulmans. Donc l’esplanade du temple dans les sources judéo-chrétiennes, c’est le centre du monde, c’est là où a été créé Adam, c’est là où il est enterré, c’est là où Isaac a été sacrifié, et c’est aussi le lieu du Golgotha, et c’est aussi le lieu où les âmes attendent le jugement.

G : et c’est là que Jésus va revenir pour les musulmans

L : non c’est à Damas, je ne sais pas pourquoi.

O : Jésus initialement devait revenir de l’endroit d’où il est parti, le mont des oliviers et ensuite traverser la vallée pour arriver au temple. D’ailleurs c’est cela que croient toujours les juifs, c’est pour cela qu’ils ont placé leur cimetière là pour être les premiers à ressusciter (Note personnelle : ils attendent toujours le messie). Mais ce qui s’est passé quand les califes omeyades ont pris le pouvoir après le calife Ali qui a été assassiné, c’est Muawiya qui a été gouverneur de Syrie qui prend le pouvoir et qui se fait calife, et déplace la capitale de Médine à Damas. Pour authentifier son pouvoir, des traditions sont avancées, on transforme le retour du Christ sur le mont des oliviers en retour du Christ à Damas, ce qui donne une légitimité à la ville de Damas en fait, comme capitale du nouvel empire des omeyades.

G : cela montre l’importance de la croyance au retour de Jésus

O : cela montre l’importance de la croyance en ce retour de Jésus et qui est toujours aujourd’hui aussi forte chez les musulmans, on en reparlera tout à l’heure. Cela nous montre aussi une logique qui est toujours celle de l’islam aujourd’hui, c’est celle de la construction à rebours des choses. C’est-à-dire que ce n’est pas parce que Jésus va revenir à Damas que la tradition qui le dit a été faite et puis s’est transmise, c’est parce que on voulait qu’il y ait cette tradition que celle-ci a été écrite. Voyez, c’est à chaque fois en partant de la conclusion qu’on fait les choses. Et ça, c’est la logique qui a entièrement présidé à l’islam, à la constitution de l’islam. On a voulu que l’islam soit comme ci, et donc on a fait en sorte que le texte, que les traditions, que les noms de lieu, que le temple machin, que tout soit fait pour que l’islam soit comme ci. Et une fois que l’on a compris cela, on peut entièrement décrypter l’islam, c’est assez facile d’y voit clair dans l’écheveau très compliqué des traditions musulmanes.

G : Alors nous en sommes toujours à cette étude des sources du coran, sources extérieures au coran qui montrent bien que le coran n’est pas un texte incréé puisqu’il a des sources humaines. Vous insistez sur le fait qu’on aperçoit une évolution du coran.

L : Voilà, on le voit au niveau de l’écriture, on voit qu’il y a des strates d’écriture, des couches d’encre différentes et des mains différentes, il y a différentes mains.

O : et qu’en particulier, le langage de la violence serait plus tardif.

L : J’ai analysé certains mots comme obéir et tuer, et sur ces mots là on voit qu’il y a une volonté de vraiment d’insister sur tuer et obéir. Donc c’est tout ce qu’on peut dire, on peut voir que sur ces mots là il y a plusieurs couches d’écriture alors que les mots d’à côté ils sont écrits d’une très belle calligraphie. Ces mots là souvent, il y a un grattage ou ils sont écrits différemment aussi, il peut y avoir des petites fautes, je demande à des spécialistes d’arabe : il faut lire ça mais ce n’est pas écrit comme ça. On voit que sur ces mots-là, il y a des anomalies, il y a une insistance sur ces mots-là.

Et même parfois dans les traductions, il y a des mots qui ont un sens défini en arabe, par exemple fitna qui veut dire discorde et eux ils vont traduire que c’est en fait des cafards, des mécréants. Des fois, le traducteur va vouloir déformer le sens du mot c’est-à-dire qu’il demande de tuer ce qui font la fitna et le traducteur va dire tuer les infidèles. Après fitna ne veut absolument pas dire infidèle dans le dictionnaire du coran et dans le dictionnaire arabe, mais la volonté est de le traduire ainsi.

G : maintenant cette grande discorde entre chiites et sunnites, elle leur permet de se traiter mutuellement d’infidèles.

L : Voilà, le mot fitna ne veut absolument pas dire infidèle mais 100 ans ou 200 ans plus tard au gré des discordes internes, il va prendre des sens diverses et variés.

O : Une illustration, le verset 193 de la sourate 2, la vache, qui dit « Et combattez-les à mort jusqu’à ce qu’il n’y est plus d’associations et que la religion soit entièrement à dieu seul. ». Si on regarde le texte arabe, ce n’est pas marqué association, c’est marqué fitna, dissension, discorde.

G : Pour les auditeurs de radio courtoisie, le mot association renvoie à l’incarnation, c’est-à-dire renvoie au fait que le Christ est Dieu comme le Père, et donc on associe deux dieux. C’est en tout cas ce que les musulmans nous reprochent, c’est un seul Dieu bien sûr. Enfin, ils nous reprochent d’être des associateurs. Et alors vous, vous dîtes que ce mot associateur en tout cas dans ce verset 193 de la sourate 2

L : C’est fitna, discorde, discension.

O : Derrière, ce dont on se rend compte, c’est que l’on ne lit pas le coran pour ce qui est écrit en fait. On lit le coran pour ce que les commentateurs ont voulu absolument faire croire. Et c’est toute la difficulté qu’on a même par rapport à l’islam, c’est qu’il faut se départir de tous les présupposés qui ont été instillés petit à petit, et je pense que pour les musulmans c’est évidemment encore plus difficile, pour essayer juste simplement voir ce qui se donne à voir, lire le texte pour ce qui est écrit et non pas pour ce co-texte pour les notes de lecture, pour les gloses qui sont entre crochets qui sont légions dans le texte coranique.

G : Donc, c’est cette entreprise de lecture du coran en lui-même que vous poursuivez Leila, et sur laquelle vous allez publier. Je serais tenté de vous parler quand-même un tout petit peu d’autres sources qu’on n’a pas encore invoquées qui seraient les sources grecques du coran.

L : oui ce serait pour tout ce qui est miracle d’embryologie, parce que les musulmans vont vous parler très longuement des miracles du coran comme si dans l’antiquité tardive toutes les civilisations étaient complètement idiotes et n’avaient aucune science et donc en fait les traités d’embryologie du coran sont à relier avec les traités d’embryologie des Galien (Note perso : né en 131 après JC (1)).

O : Galien c’est au second siècle

G : Galien est un célèbre médecin romain

O : Oui voilà, un médecin romain qui décrit les différents stades de formation sur l’embryon, et on va retrouver exactement la même pensée dans le coran. Et les concordistes dont le pionnier a été le converti (Note perso : à l’islam) Maurice Bucaille nous explique que le coran est un texte miraculeux puisqu’on y trouve dedans des pseudo

G : C’est important car ce livre de Maurice Bucaille, moi j’ai eu des musulmans qui l’ont invoqué auprès de moi comme étant une autorité démontrant la vérité de l’islam, et donc en particulier dans le livre « la bible, le coran et la science ».

O : Ce sont les fondements concordisme disant le coran est un texte miraculeux, la preuve, il contient des vérités scientifiques qui étaient impossible de déterminer à l’époque. Et quand on regarde un petit peu le détail des choses soit ce sont des vérités scientifiques qu’il était tout à fait possible de déterminer à l’époque et parfois même ce sont des erreurs scientifiques de l’époque du type les différents stades du développement de l’embryon.

L : L’embryon ne dépend pas que du sperme comme il est marqué.

O : Voilà l’ L’embryon ne dépend pas du sperme, on a oublié l’ovocyte, on y dit que les os se forment avant la chair. Et ça, ce sont les mêmes erreurs que l’on retrouve chez Claude Gallien, c’est le premier type. Et puis ensuite, il y a l’autre type, c’est-à-dire que l’on va « capilotracter » le texte, c’est-à-dire on va vraiment euh

L : délayer

O : on va vraiment délayer, délayer, délayer, faire dire au texte des choses qui n’y sont pas en fait. On va vouloir nous faire croire que le coran décrirait le big bang par exemple, ou le coran dit « n’as-tu pas vu que les fourmis parlent », qu’elles communiquent entre-elles, on va nous dire que c’est la preuve que les fourmis émettent des phéromones, des molécules chimiques, elles ont des antennes qui émettent et des antennes qui reçoivent, et que tout ça, ce n’est qu’au vingtième siècle que l’on l’a découvert. C’est de l’extrapolation pure et simple. Tout ce que cela nous montre, et c’est très intéressant, c’est la psychologie de certains musulmans, de beaucoup de musulmans. C’est-à-dire, qu’ils ne vont pas regarder le contenu du texte, il ne sert pas, ce n’est pas le texte en lui-même qui vient fonder la croyance, c’est la croyance qui veut contraindre le texte à rentrer dans son présupposé. Le présupposé est le coran est un texte miraculeux, donc ce qui est écrit est miraculeux, la preuve en forçant, en forçant, en forçant, on arrive bien à trouver quelque chose. Un autre type de ce genre de miracle, et là c’est triste et ça frise parfois au ridicule, ce sont les miracles dit numériques. Par exemple, vous avez un érudit qui va nous faire un traité sur le nombre 19 dans le coran et nous expliquer que 19 est un nombre magique ou miraculeux dans le sens où si on prend la sourate 19, tous les 19ième mots, il va se passer quelque chose. En fait on se rend compte que cet homme a passé sa vie à triturer le coran dans tous les sens pour y trouver des concordances numériques, et qu’à force, vu que le texte est énorme, il a fini par trouver des concordances numériques comme on en trouverait dans un grand texte comme l’odyssée d’Homère ou l’enfer de Dante, ou même dans un annuaire téléphonique. Dès que le texte est suffisamment vaste, n’importe quel type de concordance numérique on va en trouver. Est-ce pour autant un miracle ? Non, le phénomène que cela révèle c’est la psychologie de la personne qui veut y croire.

G : qui cherche le miracle. Est-ce que, Leila, je reviens à vous, vous vous faites discrètes, mais je voudrais que vous ayez le temps d’exposer vos recherches. Est-ce que vous auriez d’autres exemples à donner à propos des sources qui pourraient intéresser nos auditeurs ?

L : Oui, ce sont les philologues, ce n’est pas moi qui ait trouvé, c’est la sourate 18 qui évoque un voyage d’Alexandre le grand, car dans le coran ils vont parler d’Alexandre le grand sous un autre nom, Dhû-l-Qarnayn, c’est-à-dire celui qui porte des cornes, où il effectue un voyage aux confins su monde où il va construire un mur contre Gog et Magog. Donc, ce texte-là, tous les spécialistes montrent que c’est un texte, une copie d’un texte de commande d’Héraclius où Héraclius s’identifiait un peu à Alexandre le Grand suite à ses victoires contre les partes. Donc il s’identifiait à lui et c’était une commande qu’il a faite en 629. Donc les philologues ont dit que c’est le seul texte coranique, alors là ils sont absolument formels, ils disent que c’est le seul texte coranique qu’on peut certifier qu’il est postérieur à 629, puisque le texte source est de 629.

G : Alors qu’on nous dit dans la légende musulmane que le coran est de 622.

O : Non, non, non, on nous dit dans la légende musulmane que le coran a été révélé entre 610 et 632, et ensuite on va nous expliquer qu’il y a une chronologie de la révélation, si on l’appelle comme ça, c’est-à-dire que telle sourate a été révélé à telle année. Le problème est que cette fameuse sourate dont on parle a censé avoir été révélée non pas en 629 mais pendant la période mecquoise, c’est-à-dire avant 622.

L : Donc là il y a un problème de chronologie.

O : Le problème étant que si on commence à titiller en disant que la chronologie n’est pas bonne, si la chronologie n’est pas bonne alors la tradition qui la raconte n’est pas bonne, si la tradition qui la raconte n’est pas bonne, alors quelle confiance peut-on faire au reste de recueil de la tradition. Et tout s’effondre.

G : Il y a une espèce de tout ou rien au fond chez les tenants de l’islam. Il faut tout tenir où alors il ne reste plus rien.

O : L’islam est un bloc monolithique. C’est pour cela qu’on peut vraiment douter de la possibilité de la réforme de l’islam, c’est-à-dire d’une autre interprétation, d’une désacralisation d’une certaine partie des textes, la contextualisation des textes de violence.

G : C’est la perspective que je voyais possible, on en parlera si vous voulez dans la dernière partie de cette émission. J’aimerais encore vous entendre sur peut-être un ou deux exemples. Le dernier exemple que vous avez produit est tout à fait intéressant.

L : Oui, on peut parler aussi des sept dormants. Toujours dans la sourate 18, ils vont parler des sept dormants et c’est un thème qui a été repris par les dialogues islamo-chrétiens.

G : Oui Louis Massignon a écrit un livre sur les sept dormants.

L : Ce qu’ils oublient de dire c’est que c’étaient vraiment des homélies d’évêques du 6ième siècle, il y a des traces et des sources écrites de ces homélies en araméen où on évoque sept jeunes personnes qui vont se réfugier pour échapper aux persécutions anti-chrétiennes. La seule différence est que dans la version coranique, ils vont évoquer un chien alors que dans la version chrétienne, ils vont évoquer un ange. Alors les philologues se posent la question du comment on passe du chien à l’ange, alors ils disent qu’il y a un texte encore antérieur qui serait un texte source où il y aurait peut-être les deux l’ange et le chien, le chrétien pour développer le thème de la résurrection des corps ne va pas évoquer de chien et la partie musulmane utilise le texte pour son idéologie.

G : alors pourquoi le chien, alors que je crois que le chien est un animal suspect en islam à priori.

O : Je n’ai plus le détail en tête mais j’ai entendu une conférence de Guillaume Dye justement qui expliquait d’où venait ce texte des sept dormants dans l’islam et le coran, et pourquoi le coran a retenu le chien. Il expliquait très bien et montrait les sources exactes et les raisons pour lesquelles il y avait eu cette transformation ( Note perso : voir les 7 dormants d’Ephèse sur youtube  : https://www.youtube.com/watch?v=liED4jn7yNs )

L : Il y a aussi d’autres méthodes car ici on a parlé du fond, on peut regarder aussi au niveau de la forme. Si on regarde la sourate 19, les rimes sont toujours les mêmes, elles se finissent toujours par ya, et puis tout d’un coup il va y avoir une rupture de rime. Donc, au niveau de la forme les spécialistes vont dire là ce n’est pas normal, il se trouve que le fond et la forme vont ensemble parce que quand il y a une rupture de rime, on va trouver quelque chose qui va être complètement dans la doxa islamique, donc on voit que c’est une réécriture, une utilisation de textes au fur et à mesure des siècles.

G : alors justement, beaucoup de locuteurs arabes insistent sur la beauté du coran, sur la beauté de la langue arabe utilisée dans le coran qui serait une preuve par elle-même de l’inspiration divine du coran. Est-ce que vous avez sur ce thème quelque chose à dire ?

O : c’est vrai pour ce qui est de la beauté de la langue, quand on goûte la saveur de la langue arabe, effectivement c’est assez beau. Moi je me souviens de mon arrière-grand-père, c’est une tradition qu’on a dans la famille, il était un grand polyglotte et dont le grand plaisir était la lecture du coran le soir et qu’il goûtait en linguiste la beauté de la langue et de l’écriture. Mais derrière cela correspond à tout ce qu’on vient de dire à savoir le coran est un des textes le plus travaillé qui soit. Déjà il prend ses sources dans des textes de tradition orale qui ont été faits pour être appris par cœur, cantillé, chanté, récité. Certaines prières sont quasiment comme les psaumes en fait. Il y a une tradition de transmission orale dans les textes sources, et ensuite dans le travail de constitution du coran, il y a également toute une entreprise, une élaboration, une amélioration continue du texte. Tout s’explique. Enfin il y a un dernier point, le coran est le premier grand texte de la littérature arabe.

G : Il y a peu de choses écrits antérieurement ?

L : Il n’y a quasiment rien

G : la langue arabe, je prends cet exemple en tant que prêtre et en tant que chrétien, il en est question à la pentecôte parce que le Saint Esprit s’exprime dans toutes les langues des gens qui étaient présents sur la place du cénacle où a lieu la descente du Saint esprit. Chacun les attendait parler dans sa propre langue, et une des dernières citées, c’est arabe.

L : En Langue orale elle existait.

O : Tout le problème est de retrouver ce qu’a pu être une oralité d’y il y a 1400 ans, alors qu’on n’a pas de témoignages écrits pour en attester.

L : Les plus vieilles inscriptions arabes datent de 328 en épigraphie en Jordanie. Donc on trouve des textes en arabe mais c’est souvent mélangé avec du nabatéen ou de l’araméen.

O : La langue arabe écrite s’est constituée à mesure que s’est constitué le coran, c’est-à-dire qu’il y a eu une entreprise d’écriture du coran sur plusieurs siècles qui est concomitante avec celle de l’élaboration de la façon d’écrire l’arabe. C’est-à-dire que vont travailler des calligraphes qui vont inventer des lettres, inventer des accents pour pouvoir séparer les lettres les unes des autres, vont travailler des grammairiens qui vont fixer la langue, un peu comme l’académie française ou l’édit de Villers-Cotterêts.

G : oui il faut une volonté politique pour que la langue puisse porter tous ses fruits, c’est vrai dans l’histoire du français, c’est donc vrai dans l’histoire de l’arabe. Les califes entreprennent la rédaction du livre.

O : les califes entreprennent la rédaction du livre et la constitution, la formalisation, la fixation de la langue écrite et donc derrière la fixation aussi un petit peu de ses formes orales. Le coran étant le premier grand texte de référence, il est celui qui donne la référence de la langue et donc derrière, on y trouve une beauté à cause de ça, il est le maître étalon. Il y a des expressions qu’on dit en arabe dont on trouve la source uniquement dans le coran parce que c’est au moment de l’application du coran que l’expression a été faite comme ça. Et ça va même au point d’avoir fixé le sens des mots, il y énormément de mots dont on a fixé le sens. Je vous avais parlé tout à l’heure d’une importante proportion d’hapax legomenon c’est-à-dire de mots ou de formes qui n’ont qu’une seule occurrence dans le coran. Je crois qu’il y a une forme sur 7 dans le coran qui est un hapax, c’est considérable.

L : 25% je pense d’après Samuel (Dib ?).

G : Cela dénote aussi une langue extrêmement travaillé.

O : pas tant que ça, en fait la plupart des sources du coran était écrit en araméen, venait d’une culture syro-araméenne, et l’interprétation s’est faite non pas dans le milieu de Damas ou dans le milieu Syrien du Mahomet d’origine qui était en Syrie avec les judéo-nazaréens, mais elle s’est faite à Bagdad, à Bagdad avec des arabes et des persans qui avaient complètement perdues les racines araméennes. Et donc ils se sont retrouvés avec un texte qu’ils ne comprenaient plus parce que ce texte comprenait notamment beaucoup de translitérations en alphabet arabe de mots araméens. Et à partir de ce moment-là, ils ont essayé de donner un sens à des choses qui n’en avaient pas.

G : On est très loin du coran incréé

O : Il s’agissait de donner un sens qui n’en avait pas et aussi de donner le sens que l’on voulait.

G : Leila vous avez un exemple.

L : Deux petits exemples, un sérieux et un pas sérieux. Pour l’exemple pas sérieux, la sourate 56, verset 28, ils vont parler des bananiers, donc taalim. Donc sur ce mot là, j’ai fait des recherches avec des professeurs d’arabe, on a fait une recherche dans les sources arabes, ce mot là veut dire acacia. Ça serait d’autant plus logique que des bananes au 6ième siècle en Arabie, j’ai fait une recherche géographique, c’est déjà difficile de faire pousser des oliviers alors c’est d’autant plus difficile avec des bananiers. C’est encore plus vrai que la racine arabe ne désigne pas ce mot là, Il y a un autre mot en arabe avec une racine latine mus pour dire banane, du coup la traduction des bananiers au paradis paraît un peu étrange. Le mot sérieux, c’est concernant le mot furqane qui existe en araméen qui veut dire le salut et qui est le nom de la sourate 25, justement l’équipe Abbasside va traduire par un autre mot, par le mot discernement. En fait dans le coran, il y a le mot salut si on se réfère à la source araméenne mais les traducteurs postérieurs effacent le salut pour parler d’une autre notion théologique qui serait le discernement.

G : si je vous suis bien le salut chrétien, salut que l’homme ne peut pas obtenir par lui-même parce qu’il est la divinisation de l’homme c’est cela le salut, est transformé en un discernement que là l’homme peut tout à fait opérer.

L : Donc il y a un effacement des notions judéo-chrétiennes.

G : Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu du fond de votre thèse sur l’alliance, on est très proche de la thématique du salut avec la thématique de l’alliance. Par exemple dans la parole de la consécration du sang du Christ, « Le sang de l’alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour beaucoup en rémission des péchés », donc l’alliance c’est le salut.

L : Etant donné que la notion de salut a été complètement effacée, escamotée, il y a une d’autres notions qui ont été complètement escamotée, c’est la notion d’Esprit Saint. Dans le coran, il va y avoir 19 fois je crois ruh al-Qudus, c’est-à-dire l’Esprit Saint, mais la traduction va dire Gabriel, donc là aussi, c’est pour on va dire casser, pour faire une transformation.

G : Mais alors quelle traduction, ruh al-Qudus c’est de l’araméen ?

L : En arabe, c’est l’Esprit Saint, mais dans la traduction française, les traducteurs vont marquer Gabriel à côté.

G : Ils ont peur de l’Esprit-Saint alors ?

L : oui, quand ils entendent ruh al-Qudus, pour eux c’est l’ange Gabriel. Alors dans un premier temps, ils ont enlevé un article pour dire l’esprit du saint, donc petit à petit ils effacent l’Esprit Saint. Toutes ces notions d’alliance, d’Esprit Saint et de salut vont être en fait diluées et escamotées par des artéfacts de traduction et des artéfacts de graphologie.

G : Et vous pensez que ces thèmes, on pourrait les retrouver dans la lettre dans le texte du coran. Ça peut être évidemment un instrument considérable pour le dialogue.

L : Oui, Olaf vient d’en retrouver une sourate. Olaf, c’est à toi l’honneur de la lire. C’est la sourate 19.

O : Celle qui nous parle de l’annonciation à la musulmane et de la conception de Jésus : elle mit entre elle et eux un voile, nous lui envoyâmes notre esprit. Et là on glose le texte pour le faire comprendre, notre esprit ce n’est certainement pas l’Esprit Saint puisque la glose dit : c’est l’ange Gabriel qui se présente à elle sous la forme d’un homme parfait.

L : Par contre, dans le texte en arabe on a bien Ruah, donc Ruah c’est l’esprit.

G : on est bien évidemment devant le thème chrétien de la Vierge qui a conçu du Saint Esprit.

L : Oui, pour effacer cette notion judéo-chrétienne, il faut transformer

G : Et pour dire que Dieu est absolument seul et unique, et qu’il n’y a pas d’autre dieu que dieu, et qu’il n’y a pas trois personnes en Dieu.

L : ça, même le père Gallez dit qu’il y a encore des traces de trinité dans certaines sourates.

O : ça à voir je pense avec l’histoire pour le coup, la pensée directive du mouvement qui a donné lieu à l’islam est vigoureusement anti trinitaire, c’est-à-dire que pour elle Jésus n’est pas dieu, le Saint-Esprit n’est pas dieu. Mais quand ils ont agrégé des arabes à leur mouvement, je parle des judéo-nazaréens, ils sont tombés sur des arabes chrétiens, des arabes chrétiens monophysites aussi, et ils ont dû faire copain-copain avec eux, et peut-être mettre un peu d’eau dans leur vin pour ce qui était du statut de Jésus ou accepter que ces arabes-là ne pensent pas comme eux. Et donc on se retrouve comme cela avec des influences composites qui ajoutent encore à la contradiction en fait.

G : Oui c’est très frappant, je n’ai pas le texte en main et je n’avais pas imaginé en parler ce soir, mais il me semble que certains textes du coran et en particulier de la sourate 19 disent la divinité du Christ ou disent que le Christ c’est l’Esprit d’Allah par exemple.

L : Ah oui, c’est la sourate 3 (3,45-47) donc il est le « Kalimat Allah », c’est-à-dire la parole, le verbe de Dieu. Et donc là, ce sont les commentateurs musulmans, les savants musulmans qui ne sont pas d’accord entre eux, il y en a certains qui vont interpréter d’une certaine façon, d’autres

G : C’est énorme le verbe de dieu. J’en ai parlé avec le recteur de la mosquée de Bordeaux, Tareq Oubrou dans un débat public ( http://www.egaliteetreconciliation.fr/Catholiques-et-musulmans-partenaires-ou-adversaires-22928.html ) et cela m’avait beaucoup frappé parce que j’ai trouvé que sa défense était beaucoup moins ferme que je m’y attendais. Je lui ai dit il me semble que dans le coran tel verset affirme quelque chose que nous chrétiens on lit comme la divinité du Christ.

L : D’autant plus que le mot qui est juste avant la kalimatin, ça je l’ai remarqué dans ma thèse, la racine c’est bashar, c’est-à-dire la racine bashar c’est la bonne nouvelle. Donc l’ange annonce la bonne nouvelle de la Parole de Dieu en Marie, voilà ce qui est marqué en arabe : la bonne nouvelle de la Parole de Dieu en Marie.

G : A ce moment-là, on remonte à l’évangile de Jean, au commencement était le Verbe et le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous. Et on est vraiment dans le dogme chrétien. On a l’impression qu’il s’en faut d’un cheveu pour que le coran n’affirme pas de ci ou là en vertu de ses sources antérieures peut-être non assez rabotées la divinité du Christ. Parce que comme il y a des sources antérieures, on ne contrôle pas le texte à la lettre et il y a comme un oubli dans la citation que vous suggérez Leila

L : La bonne nouvelle de la parole de Dieu en toi.

G : mais il me semble que le verset que j’avais trouvé avait aussi l’Esprit de Dieu.

L : Oui, il est les deux, en fait Jésus est à la fois la Parole de Dieu, le Verbe de Dieu et l’Esprit de Dieu. Donc c’est une christologie très particulière.

G : Voilà, dire le Christ est l’Esprit de Dieu, on est très très proche de la trinité.

O : On est très proche de la trinité, tout cela rend compte de ce qu’étaient les judéo-nazaréens. Derrière si on plonge dans l’histoire, si on remonte le fil, on en arrive à l’exacte moment de la divergence entre judéo-chrétiens et judéo-nazaréens. Et derrière il y a des conceptions communes, Marie est vierge, elle a conçu du Saint-Esprit, elle n’est pas mère de dieu en revanche.

G : Alore, Mère de Dieu, J’ai reçu il y a quelques semaines à ce micro le père Humblot qui est un prêtre du prado tout à fait étonnant qui a pris la nationalité iranienne, c’est quand même peu commun un prêtre catholique qui a reçu la nationalité iranienne, et qui disait le problème est que l’expression Mère de Dieu qui remonte au concile d’Ephèse en 431, si elle est exacte pour des grecs et des latins, pose problème pour les orientaux qui n’étaient pas justement à ce concile d’Ephèse. Donc au fond, il préfère dire la mère d’un Fils qui est le Fils de Dieu ou quelque chose comme ça, donc des expressions assez proches.

O : Mais pour revenir à notre affaire, ce terrain commun dont il est question, il est d’une certaine façon encore le terrain commun que l’on peut avoir avec des musulmans et qui forment les vrais bases d’un dialogue fructueux.

G : c’est ça

O : le terrain commun est le constat du monde livré à l’empire du mal qu’on partage avec les musulmans, et il faut discuter de cela avec eux.

G : oui mais on n’a pas le même sens du mal c’est-à-dire que pour un chrétien, il y a cette mystérieuse alchimie de la croix qui transforme le mal, qui transforme la souffrance du Verbe de Dieu en preuve ultime d’amour et en bien suprême. Alors que vous savez que dans le coran, le Christ au dernier moment est remplacé par un autre sur la croix. Le christ ne meure pas sur la croix et donc le sens du mal devient complètement différent.

O : Il y a une question anthropologique mais là-dessus, on peut aller interroger les musulmans également. Il y a une négation du péché originel de la réalité anthropologique et empirique du péché originel dans l’islam. Le péché originel, il n’y a pas besoin pourtant d’être un croyant pour savoir ce que c’est, le péché originel c’est l’inclination au mal qui est au cœur de chaque homme.

G : le mal est plus facile à faire que le bien.

O : Derrière un musulman, même s’il ne croit pas au péché originel, il peut se rendre compte

G : et pourtant le mal est plus facile à faire que le bien, et pourtant le bien est le premier conçu et le premier aimé en chaque homme. En tout homme, il y a une velléité du bien, puisque Saint Augustin lui-même qui était pourtant un pessimiste appelle la bonne volonté qui est à l’origine dans tout homme.

O : On voit aussi que la liberté de l’homme n’est pas totale devant le bien et le mal et que on ne peut pas choisir si librement que ça de faire le bien ou de faire le mal, c’est ce que dit Saint Paul : je fais le mal que je ne veux pas faire.

G : et je ne fais pas le bien que j’aime.

L : Cette citation de Saint Paul est reprise au compte de Abou Bakr dans des hadiths. Dans des hadiths, on retrouve cette citation de Saint Paul mais attribué à Abou Bakr.

O : Derrière il faut aller interroger les musulmans sur le fait que le mal est avant tout en soi, regarde d’abord la poutre qui est dans ton œil avant de voir la paille chez ton voisin. C’est la Parole du Christ, c’est empirique, anthropologique, parce que chez les musulmans, le mal est avant tout est extérieur. L’histoire du coran comme il est déformé dans le coran, ce n’est pas l’homme qui choisit de faire le mal, c’est Satan qui le lui fait faire entièrement, toute la responsabilité en retombe sur Satan et rien sur Adam. Il n’y a pas de péché originel, et derrière cela justifie que le monde pourrait se séparer en deux camps, les bons et les méchants, les musulmans et les non musulmans. C’est l’idée des judéo-nazaréens, les purs et les impurs en fait. Et derrière cette idée est absolument destructrice. Elle porte en elle en germe la justification morale de toutes les persécutions, si je ne suis pas semblable à mon prochain,

G : et je dirai de tous les génocides.

O : et jusqu’au génocide, la justification morale est posée et derrière même le musulman le plus gentil du monde, s’il croit qu’il n’est pas pareil que son voisin, il ne faudra pas grand-chose pour le persuader d’aller persécuter ce voisin. Quand on parlait de réforme de l’islam tout-à-l ’heure, c’est à ce niveau-là qu’il faut aussi porter les choses, mais alors cela impliquerait de transformer de fond en comble cette religion. Et derrière, qu’est-ce que ce serait, tout s’effondrerait.

G : C’est ça, vous me disiez je doute de la capacité de réforme de l’islam, et en même temps, lorsqu’on parle un peu théologie, lorsqu’on aborde tel ou tel verset du coran, on se dit si des spécialistes du coran pouvait discuter avec des théologiens chrétiens, ils se rendraient compte que du point de vue de leur foi, la foi coranique a été incontestablement antérieurement une foi chrétienne ou judéo-chrétienne, avec ce signe extraordinaire de Marie.

O : Ce n’est pas la même Marie, il faut faire attention. La Marie qui donne naissance à Jésus musulman ne peut pas être la même Marie que la Marie qui a donné naissance à Jésus chrétien. Chez nous chrétien, on vénère Marie parce qu’elle est mère de Dieu. Vénérer une Marie qui n’est pas la mère de Dieu, c’est de l’idolâtrie pour les chrétiens. Donc derrière il faut faire attention parce que

G : oui mais la reconnaissance de la virginité de Marie par les musulmans est tout de même comme un préambule à la reconnaissance de la divinité du Christ. Pourquoi le Christ est né d’une mère vierge, pourquoi Mahomet, ce n’est pas du tout le cas ? Tout simplement parce que Mahomet est juste pour eux, un prophète et un homme, tandis que le Christ est plus qu’un homme.

O : Oui moi je vous dirai monsieur l’abbé que devant l’expérience de contact avec des musulmans, je me suis rendu compte hélas, qu’on n’arrive pas à discuter du passé, c’est-à-dire des textes, des conceptions qu’on hérite chacun de nos religions, je n’arrive pas à discuter de ça avec des musulmans parce que pour eux ces choses ne se discutent pas, elles se reçoivent d’un bloc.

G : Oui c’est le caractère incréé du coran, c’est toujours la même chose.

O : on parle du coran, on va dire mais tel commandement du coran est insupportable.

G : Et on passe très vite et horriblement facilement du caractère incréé du coran au caractère incréé de mes préjugés.

O : Mais il faut faire attention parce que, à constater cela, on en viendrait facilement à tomber dans une forme de fatalisme. Ils sont comme çà, ils sont entièrement déterminés par leurs textes, les chrétiens sont comme ça ils sont complètement déterminés par leurs textes, les rousseauistes sont comme ça ils sont déterminés par la lecture de Rousseau,

G : ou les marxistes par celles de Marx

O : à ce moment-là, on n’a plus rien à se dire, on n’a plus qu’à se faire la guerre, et je ne suis pas d’accord avec ça.

G : Il faut bien revenir sur les textes, vous êtes bien d’accord que c’est bien un aspect de la mission que vous vous êtes donnée.

O : Ce sera plus productif et plus efficace avec les musulmans en leur parlant de l’avenir et non pas des textes. On peut parler des textes également, comme je vous dis les textes appartiennent au passé, alors que l’avenir nous intéresse tous, et on peut porter sur l’avenir un regard intéressant.

G : Alors ce serait si vous le voulez la dernière petite partie de cette émission, qu’est-ce qu’on peut faire avec ces études du coran et comment est-ce qu’on peut approcher les musulmans et les aider peut-être à évoluer dans le regard qu’ils portent sur le coran.

O : alors je vous dirai que les études de textes et des commandements sont très intéressantes pour les non-musulmans qui doivent se rendre compte de ce que c’est l’islam. L’islam n’est pas forcément ce qu’on en a dit, cette religion de paix, d’amour, de tendresse presque : non pas tout à fait et même loin de là. Il faut pouvoir mettre son nez dans les textes et comprendre qu’ils fondent chez les musulmans, du moins les musulmans croient que leur foi est fondée dessus, et donc derrière ils conditionnent beaucoup l’islam comme il se présente à nous, mais il ne faut pas s’en arrêter là car on tomberait dans l’attitude fataliste dont je vous ai parlé, il faut comprendre par l’étude historique qu’il y a quelque chose de bien plus profond que les textes eux-mêmes qui est à l’œuvre dans l’islam, cette croyance qui remonte au premier siècle, elle était là sans qu’il y est de coran, sans qu’il y est de hadiths, sans qu’il y est de Sirah en fait.

G : Alors c’est cette croyance dans le retour de Jésus.

O : Alors une croyance dans le retour de Jésus, une attitude de scandale devant le monde livré au mal et l’espérance qu’un jour le monde sera complètement délivré du mal. Et avec ces ingrédients-là qui sont ce que nous chrétiens partageons avec les musulmans, on peut aller discuter avec eux.

G : oui mais est-ce que nous nous partageons cette idée d’un monde entièrement délivré du mal, justement ?

O : Alors interrogeons surtout les chrétiens occidentaux, chez les orientaux, ils ont gardé cela chevillé au corps, mais c’est dans le credo : Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin. Qu’est-ce que ça dit au chrétien aujourd’hui cette partie du credo.

G : ça veut dire qu’on revient au règne de mille ans auquel il est fait allusion dans l’apocalypse, c’est une allusion vraiment brève dans l’apocalypse.

O : Paul je crois et Jean en parle également, il est question d’un règne de mille ans et ensuite le Christ remettra la royauté à son Père, et là enfin la création rentrera dans la gloire. Mais ce sont les chrétiens qu’il faudrait interroger parce qu’on a complètement mis de côté cette dimension eschatologique de la foi chrétienne, on a complètement mis de côté le sens chrétien de l’histoire. Et d’avoir escamoter en quelque sorte cette dimension essentielle de la foi, pour moi la foi marche sur deux jambes : la relation personnelle à Dieu et la relation du monde à Dieu. Et si on enlève cette deuxième jambe, on se casse un peu la figure en fait.

G : Oui Dieu est maître de l’histoire, Dieu conditionne les évènements historiques, et au fond la véritable sagesse, le concile Vatican II l’a rappelé, consiste à observer les signes des temps, c’est-à-dire à essayer de comprendre en quoi ce que nous vivons a quelque chose de providentiel. Malheureusement, Vatican II est arrivé en plein 30 glorieuses, donc on était dans le progressisme le plus échevelé, et les signes des temps étaient systématiquement positifs.

O : Oui, ou du moins, on voulait les lire comme ça.

G : on s’est rendu compte 30 ans plus tard que ce n’était pas tout à fait ça et Gaudium et spes est quand même un des textes les plus vieillis le plus obsolète du concile. Ce texte sur l’église dans le monde de ce temps, et bien, le monde de ce temps, on a déjà changé de temps et en tout cas on a changé d’esprit du temps, on n’est plus dans l’optimisme démentiel des années 60-70.

O : Le concile n’a pas parlé du sens chrétien de l’histoire. En revanche, chez certains théologiens qui ont peut-être trop peu d’influence au concile, on peut penser à Ans Urs von Balthasar par exemple dont je ne suis pas un spécialiste non plus, mais en travaillant avec le Père Edouard Marie Gallez qui est lui-même théologien, on comprend un peu ce qu’est le sens chrétien de l’histoire. L’histoire en fait, elle débute et c’est assez intéressant parce que d’un point de vue administratif où du moins on l’a fait débuter à ce moment-là, à la naissance de Jésus-Christ ou tout du moins à la révélation chrétienne, et elle débute à ce moment-là dans le sens où l’histoire c’est l’affrontement

G : elle débute comme histoire, vous voulez dire, comme aventure ayant un début, un milieu et une fin,

O : voilà exactement. Auparavant on était dans une représentation cyclique. Qu’on soit à Rome, chez les indiens ou chez les chinois, on vivait dans des mythologies cycliques où les choses se répétaient. L’histoire commence quand Jésus-Christ dit que le mal n’est pas une fatalité, on ne porte pas soi-même le fardeau de ses péchés, on peut en être libérer, on ne porte pas le fardeau du mal, on n’est pas comme Pharaon lors de son jugement à lui lors duquel on pèse l’âme, c’est-à-dire tout le poids du mal qu’il a fait de toute sa vie et tout le poids du bien qu’il a fait de toute sa vie d’un côté et de l’autre. Jésus nous dit, vous pouvez être libérer du mal, donc il y a une possibilité d’un nouveau départ. Et c’est la même chose pour une société, une société peut se déployer et peut envisager un destin à travers les siècles en fait.

G : par la foi

O : par la foi, oui. C’est-à-dire qu’elle n’est plus liée à ses représentations cycliques, à ses fonctionnements de cycle. C’est ce que Lévi Strauss a vu de façon empirique chez les sociétés primitives, on va dire premières aujourd’hui, quand il a écrit le livre « horloges et machine à vapeur ». L’horloge, c’est la société primitive où tout se répète tout est stable, et la machine à vapeur, c’est la société moderne et elle n’est pas qu’occidentale, c’est la société et René Girard ne me contredirait pas, c’est la société qui a arrêté de pratiquer les sacrifices, qui n’a plus en elle-même les mécanismes pour contenir le mal à l’intérieur d’elle-même et qui est lancé à toute vapeur sur la frise de l’histoire jusqu’à la fin des temps. Mais pour revenir à ce que serait le sens chrétien de l’histoire, moi je le vois comme la diffusion de la révélation à l’ensemble du monde, et derrière le Christ nous dit que le jugement de la fin des temps, il le dit dans les écritures, ce sera le fait que les hommes à ce moment-là se seront entièrement prononcés dans l’humanité pour ou contre Lui-même. Et donc l’histoire comme on peut la lire à partir de cette constatation-là, ce sont les convulsions entre d’un côté les partisans de la révélation, ceux qui diffusent la révélation, et de l’autre ceux qui n’en veulent pas, ceux qui ne savent pas encore et ceux qui n’en veulent pas. Il viendra un moment où le monde entier se sera déterminé, pour ou contre. On n’en est peut-être pas si loin, mais on n’y est pas encore. Il y a énormément de gens qu’ils soient chrétiens ou non chrétiens ou anti-chrétiens même, qui ne savent pas qui est le Christ et qui ne se sont pas déterminés pour ou contre Lui. Viendra un moment de révélation où les choses se révèleront petit à petit.

G : Est-ce que vous ne croyez pas que cette révélation, là on est vraiment dans la théologie chrétienne et plus dans la théologie musulmane mais peu importe, elle s’effectue après la mort au fond. C’est-à-dire que je suis très frappé du texte de Matthieu 25 sur le jugement dernier, manifestement là il y a une prise de conscience puisque la question que posent les bons et que poseront ensuite les méchants au Christ, c’est mais Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim ou avoir soif. Il me semble que là on a une révélation. Le bien qu’on a fait, on l’a fait toujours dans une forme d’obscurité, le bien n’est pas quelque chose de rationnel, de clair de net de précis, on fait le bien dans une forme de foi qui signifie l’obscurité de notre condition, mais ce don qu’on va faire à l’autre quel qu’il soit, on en ignore la portée réelle, et on en ignore le caractère divinisant. Et là il y a vraiment il me semble la révélation ultime du sens du bien.

O : Ça je vous dirais c’est la dimension personnelle de la foi.

G : et qui se trouve très clairement dans l’évangile. Donc le Christ gère son royaume d’une manière intégralement personnaliste. Alors maintenant vous avez vous, c’est l’aspect théologique de l’œuvre du père Gallez dont vous êtes le porte-parole en quelque sorte, et ça m’intéresse de voir un peu avec vous le sens de cette théologie collective et de cette idée du millénaire de paix qui arriverait sur la terre.

O : Sur les modalités très précises, je suis moins callé que lui, je le suis moins que lui de façon en général c’est sûr.

G : Vous apportez beaucoup à son œuvre par la clarté de vos exposés, lui est un découvreur, lui est un chercheur, et vous vous êtes quelqu’un qui transmet.

O : Moi ce que je comprends de son travail sur les fins dernières du monde, pas les fins dernières personnelles même s’il a aussi travaillé sur ce sujet-là, c’est qu’il ne s’agira pas d’un jugement avec tambour et trompettes et jésus qui va redescendre pour juger physiquement en disant, toi tu vas à droite, toi tu vas à gauche, telle nation tu vas à droite, telle nation tu vas à gauche, le jugement procède de soi et derrière des groupes eux-mêmes. Est-ce que je suis pour ou contre le Christ ? Et j’aurais voulu surtout rapporter ça aux musulmans et à l’islam.

G : Nous renvoyons à une émission ultérieure les élucidations sur ce sujet. Merci beaucoup Olaf de votre présence efficace, merci à Leila Qadr qui a dû nous quitter. Et chers amis auditeurs, je vous dis à dans 15 jours.

Référence bibliographique

Les 3 visages du Coran (Leila Qadr, Arrun Amine Saad Edine), Éd. de Paris (août 2016).

Le grand secret de l’islam (https://legrandsecretdelislam.com/, http://www.livresenfamille.fr/p10724-olaf_le_grand_secret_de_islam_2eme_edition.html, …)