Les déshéritées ou l’urgence de transmettre

François-Xavier Bellamy auteur de « Les déshéritées ou l’urgence de transmettre », éditeur Plon, nous parle de son livre lors d’une conférence au salon du livre du 7 décembre organisé par Renaissance Catholique. Interview préalable par TVlibertes.

L’auteur  dénonce l’état de Pauvreté intellectuelle et spirituelle de la société française, conséquence de certaines idéologies datant du siècle des « lumières ». Il nous permet de mieux comprendre le système dans lequel nous vivons pour refonder la transmission.

Quel sens donnez-vous à votre présence au milieu d’un auditoire catholique ?

Il faut bien se rendre compte que l’essentiel ne se joue jamais dans l’agitation et le bruit de la politique partisane, mais bien plutôt en profondeur dans le travail des œuvres et des textes qui font progressivement évoluer le regard que nous portons sur le monde et sur le réel. Je crois que la crise que nous vivons aujourd’hui est une crise de civilisation, çà n’est pas essentiellement une crise de politique au sens technique ou pragmatique du terme, c’est une crise qui touche le regard que nous portons sur notre héritage, et c’est aussi le sens de l’ouvrage où j’ai essayé d’écrire cette rupture.

Croyez-vous que nous devons tirer des enseignements de l’histoire pour essayer d’outrepasser les difficultés la société d’aujourd’hui ?

Bien sûr, il n’y a pas d’avenir qui se fonde sur l’ignorance du passé et il n’y a pas non plus de civilisation future et de liberté pour demain sans conscience de l’origine de notre culture et de nos racines.

Je suis un humble acteur parmi bien d’autres et je suis un tout jeune professeur de philosophie qui voudrait dire justement combien il est conscient de la valeur de ce qui lui a été transmis de la valeur de ce qu’il a reçu. Et combien je souffre comme beaucoup d’autres enseignants, comme beaucoup d’autres adultes de voir tant de jeunes qui sont déshérités de cet héritage, qui sont déshérités de cette culture que pourtant notre civilisation, notre pays a su produire et recevoir et que pourtant nous ne savons plus véritablement transmettre. Le nouvel élan viendra de la capacité que nous aurons à nous réconcilier avec notre histoire et çà passe aussi beaucoup par la capacité à nous réconcilier avec nos ainés, à ceux qui incarnent la sagesse d’une expérience qu’ils ont reçu, d’une culture qui leur a été transmise et que nous devons apprendre à réécouter de nouveau. Ce serait une erreur de penser qu’il faudrait partir d’une jeunesse qui ferait table rase de son histoire. La véritable refondation à laquelle notre société aspire ce sera celle où la jeunesse se réconciliera avec son histoire et avec ses origines. Sur la ruine de la transmission ne se construit  aucune société  dans l’unité d’un pays qui doit nécessairement prévaloir sur la diversité des communautés, des traditions, des identités, qu’elles soient religieuses, sociale et politique. Au fond ce qui est certain, nous devons réapprendre à retrouver le sens de notre histoire commune, réapprendre aussi à la transmettre parce que  c’est sur cet acte de transmission que se construit non pas simplement l’unité de notre pays pour demain mais même la liberté de ceux qui y vivent. Il n’y a pas de contradiction entre vouloir forger l’unité de notre pays et vouloir constituer l’occasion d’une société libre pour chacune des personnes qui la construiront.

Pensez-vous que la foi catholique a un rôle puissant à jouer dans cette résurgence de cette société française, dans une forme de résurgence de cette société ?

Ce qui est évident c’est que les chrétiens ont leur rôle à jouer. Les catholiques doivent aussi s’interroger sur quelle part ils ont porté sur la négation de la transmission, cette rupture de la transmission s’est joué aussi à l’intérieur de l’Eglise et nous devons encore retrouver le sens de c et héritage que nous avons reçu et qui dans son universalité, c’est le sens même du mot catholique, appartient à tout ceux qui se préparent aujourd’hui à porter cette société pour demain. Continuer la lecture de Les déshéritées ou l’urgence de transmettre

Les commandements de Dieu pervertis par les droits de l’homme

Evangile de Jésus-Christ selon Saint Marc 12-28b, 34

En ce temps là, un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : «  Voici le premier : « Ecoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. « (1)  Et voici le second : « Tu aimeras to prochain comme toi-même. « (2). Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’unique et il n’y en a pas d’autres que Lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et nul n’osait plus l’interroger.
(1) Deutéronome 6,4 – (2) Lévitique 19,18

Ci-dessous, je fais référence aux droits de l’homme de 1789 et non de 1948. Dans l’article 18 des droits de l’homme de 1948, il y a une amélioration car  la liberté de manifester sa religion ou sa conviction est reconnue tant en public qu’en privé, ce que nos républicains laïcistes oublient. Autre amélioration, Dans l’article 29, il a été signalé que l’individu a des devoirs même s’ils restent flous au regard des droits largement commentés dans les 30 articles. Ces améliorations trouvent peut-être leur origine dans les épreuves de la guerre causée par la doctrine athéiste et matérialiste de race supérieure d’Hitler.

Dans les droits de l’homme de 1789 auxquels nos hommes politiques français font continuellement référence, l’homme est tourné vers lui-même au lieu d’être élevé  vers la transcendance, vers la recherche de la Vérité.
Dans l’article 4 (« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui: ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. »), la liberté ainsi présentée consiste à faire tout ce que l’on veut tant que cela ne nuit pas à autrui. C’est une notion très restrictive de la liberté : si c’est cela la liberté, le prochain restreint notre liberté  au mieux de la favoriser. L’autre devient un obstacle. En effet, l’article parle de bornes à la Liberté : elle s’arrête là où commence celle de l’autre. C’est une vision très matérialiste de la liberté. De plus, cette notion de non nuisance à autrui est faussée: dans le cas du mariage homosexuel par exemple, il est jugé que les  deux personnes qui se marient ne font de mal à personne. Mais en se mariant publiquement, elles font la promotion de l’homosexualité à la société,  aux enfants et adolescents contre la volonté des parents. Le fait d’outrepasser la volonté des parents démontre que la  république est totalitaire et veut  imposer ses droits issus de son idéologie. Ce qui est nuisible à l’évolution saine de la société et ouvre la voie à toutes les manipulations et à la  marchandisation de l’enfant désiré par le couple, enfant qui devient ainsi objet de désir. De plus, ce mariage peut faire mal à l’entourage, à la famille  et surtout aux enfants éduqués dans ce foyer qui ne manqueront pas de  ressentir au fond d’eux-mêmes l’artificialité de cette union, les mettant dans une position inconfortable, même s’ils chercheront à cacher leur malaise face à leurs éducateurs, comme c’est le cas chez les enfants battus. De plus ces enfants verront leur droit d’avoir un père et une mère bafoué de manière volontaire.

Dans l’article 3, « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation.  Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » Tout principe extérieur comme les commandements de Dieu sont évacués. L’homme est livré à lui-même, esclave de ses dirigeants et de leurs convoitises, amenant l’exploitation de l’homme par l’homme si bien décrite par Marx qui n’a pu cependant n’apporter que de fausses solutions car conduit par ses principes limités au seul matérialisme. Ainsi cette idolâtrie de la nation dans les droits de l’homme a amené en Europe les pires guerres à tel point que maintenant nos gouvernants veulent supprimer la nation qui est pourtant un organe essentiel à la cohésion sociale et au développement libre de nos sociétés, chaque nation pouvant choisir un modèle politique ou de développement.

Dans l’article 6, tous les citoyens sont égaux devant la loi, ce qui un but très intéressant  mais n’est qu’un objectif de second ordre car une loi peut être mauvaise pour le peuple, un droit n’est pas forcément bon pour l’épanouissement de l’homme, pensons à l’avortement et maintenant à l’euthanasie. De fait,  l’homme dispose librement de son seul corps, mais peut-il imposer à la société de l’aider dans ses choix de mort qui vont contrarier son épanouissement spirituel et celui de la société dans l’Amour ? Au lieu d’avoir un commandement de principe divin et d’ordre général  comme dans les évangiles, laissant au pouvoir temporel  la charge d’établir les lois dans l’esprit de ces principes divins,  l’homme est mis devant un système juridique complexe et contradictoire  concocté par une minorité qui veulent bien sûr notre salut selon l’idéologie du moment (marxisme, socialisme, fascisme, libéralisme, individualisme). Ainsi, le système juridique n’est pas inspiré de la Vérité transcendante à l’homme, les lois ne sont plus issues du bon sens ou régies par un principe universel cohérent.  En conséquence ces lois sans fondement forment un labyrinthe législatif. Ainsi elles  sont plus facilement contournées par les plus malins et les plus puissants. Ce qui entraîne comme disait Coluche qu’ « il y en a qui sont plus égaux que les autres » devant la loi.

Ainsi dans les droits de l’homme, les commandements de Dieu sont réduits à des lois parcellaires fixées selon les dérives et les modes du moment (PMA, GPA, fin de vie, euthanasie, avortements, foulards, réformes scolaires, droit de mutiler son corps par opération chirurgicale pour changer de genre, droit de choisir son bébé, …) et dont il n’y a aucune suite logique si ce n’est d’éclipser Dieu et surtout les catholiques qui sont là pour essayer de remettre la tête en haut c’est-à-dire Dieu et les pieds en bas c’est-à-dire ses créatures pour que tous puissent marcher normalement et en pleine Liberté.

Dans les évangiles, l’Amour n’est réellement Amour que s’Il  se met  Librement sur le chemin de la Vérité. La Vérité n’est pleinement Vérité que si Elle conduit à l’Amour et Libère du péché. Et la Liberté n’est vraiment Libre que si Elle mène à la Vérité de l’Amour. Jésus-Christ, Dieu fait homme, a concilié ces trois valeurs contradictoires : Justice, Liberté et Miséricorde. Seul son chemin mène au salut.

Dans les droits de l’homme de 1789 et même  de 1948, Les Commandements de Dieu deviennent l’idolâtrie de lois arbitraires dont la hauteur est forcément ramenée au mieux à celle de l’homme, vu que c’est lui qui les conçoit, il ne peut donc mieux faire que lui-même, le monde devient ainsi à son image. L’homme se fait Dieu et conçoit la religion de l’homme qu’on appelle humanisme en réduisant les évangiles à son niveau et en ramenant l’Amour à l’égalité factice et ce droit à faire ce qu’il veut tant que cela ne gêne pas trop les autres. La révolution française et les droits de l’homme ont donc créé cette nouvelle religion de l’homme-Dieu appelée humanisme dont le principe est l’agnosticisme, c’est-à-dire l’incapacité de l’homme à aborder la Vérité transcendante, et donc l’homme est réduit à se penser que par rapport à lui-même et refuse toute idée de Dieu fait homme avec Jésus.

Les commandements de Dieu sont travestis en lois arbitraires dont la portée ne dépasse pas celle de l’homme. La Liberté de l’homme devient un droit limité à la liberté d’autrui qui devient ainsi un obstacle à sa propre liberté. La Vérité est travestie en mensonge institutionnalisé appelé agnosticisme  où l’homme nie l’accès à toute Vérité supérieure à lui-même et se prend pour Dieu et fonde ainsi la nouvelle religion de l’humanisme. L’Amour est réduit à une égalité factice.

Les droits de l’homme ne sont pas une suite logique du christianisme comme ses promoteurs veulent nous le faire croire pour nous emmener vers cette idéologie du « droit ». Le but inavoué est de reculer les limites de l’homme pour l’inciter à « manger le fruit défendu » et à se faire dieu, et ce, quelles qu’en soient les conséquences pour le salut de l’homme. Ces droits de l’homme, censés remplacer les commandements de Dieu selon ses promoteurs, sont un travestissement, une très mauvaise contrefaçon et une réduction des évangiles, ils ont comme dessein de pervertir les commandements de Dieu.

La fin de vie selon la république

Intervention  Jérôme Triomphe, avocat de Vincent Lambert sur Radio Courtoisie le 5 mars 2015.

Voleur de vies, voleur de morts.

François Hollande a confié aux députés Jean Léonetti et Alain Claeys la mission d’un rapport sur la fin de vie. Il a donné lieu à une proposition de loi dont les deux députés sont les rapporteurs. Cette proposition a été discutée en commission des affaires sociales les 17 et 18 février et elle va être débattue à l’assemblée nationale les 10 et 11 mars prochains.

Je vais vous entretenir de ce projet mortifère et terriblement dangereux en six points.

Premier point sur la potentielle dépossession de l’autorité parentale des parents. En l’état actuel du droit, le médecin d’une personne hors d’état d’exprimer sa volonté peut arrêter un traitement inutile disproportionnée ou qui apporte le maintien artificiel de la vie. Pour cela, il doit engager une procédure de réflexion collégiale et prendre l ‘avis de la  personne de confiance qui aurait été désignée par le patient ou à défaut de membres de la famille. L’actuel projet de loi précise que la personne de confiance ne sera qu’un témoin des volontés du patient dont le témoignage prévaudra sur tout autre témoignage. Notre état actuel du droit, c’est que les parents sont actuellement encore les représentants légaux de leur enfant mineur non émancipé. Ce sont eux qui prennent légalement les décisions pour leurs enfants. Et bien que prévoit le dernier article de la proposition Léonetti-Claeys, je cite « S’agissant des mineurs, les titulaires de l’autorité parentale sont réputées être personnes de confiance. ». Les parents ne sont donc plus décisionnaires  sur des questions de fin de vie. Ils ne sont plus que présumés être personnes de confiance, c’est-à-dire les témoins de la volonté de leur enfant mineur devant arrêter un traitement qui le maintiendrait en vie. Ainsi si un mineur se fait manipuler à l’hôpital et déclare, soit sur une vidéo ou soit par écrit, qu’il veut mourir pour abréger ses souffrances, les décisions de ses parents ne vaudront plus rien. Il faut en avoir conscience.

Deuxième point, la proposition de loi Léonetti-Claeys a décidé de tirer les conséquences de la décision du conseil d’état du 24 juin dans l’affaire Vincent Lambert. La proposition de loi Léonetti-Claeys considère que les règles posées par le conseil d’état le 24 juin sont gravées dans le marbre dont on fait les caveaux, alors que la CEDH (Convention européenne des droits de l’homme) étudie la validité de cette décision au regard des règles supérieures de  la convention européenne. La décision du conseil d’état n’est pas définitive mais la proposition Léonetti-Claeys a décidé de la graver dans le marbre de la loi. Sur le fond, la proposition de loi reprend notamment une règle de procédure qui a été établie par le conseil d’état sur le recueil de la volonté du patient hors d’état d’exprimer sa volonté. La proposition de loi Léonetti-Claeys se contente désormais, comme l’a fait le conseil d’état d’un témoignage et n’encadre en rien son contrôle, sa vérification, sa cohérence ou sa crédibilité. La proposition de loi reprend ainsi le mode d’emploi véritablement criminogène dans ses conséquences données par le conseil d’état. Si vous voulez hériter du richissime oncle Marcel, il vous suffira d’affirmer la main sur le cœur qu’il n’aurait jamais voulu vivre en état d’aizheimer  et si vous avez la chance que l’oncle Marcel soit insiluno dépendant , il suffira de supprimer son traitement, il tombera dans un coma diabétique et vous gagnerez des années sur l’héritage.

Troisième point de ce projet de loi mortifère, sur la demande d’arrêt de traitement d’une personne consciente cette fois, en l’état actuel du droit, une personne consciente peut décider d’arrêter un traitement. Mais si cet arrêt est susceptible de mettre sa vie en danger, le médecin a l’obligation légale de tout mettre en œuvre pour convaincre son patient de ne pas arrêter. Ce n’est que si le patient réitère sa volonté après un délai raisonnable que le médecin doit s’incliner. Et dans l’article cinq de la proposition actuelle, on change totalement de philosophie. De la protection de la vie, on passe à la promotion de la mort. Désormais, si un patient veut arrêter un traitement susceptible de mettre sa vie en danger, la proposition de loi supprime l’obligation pour le médecin de tout mettre en œuvre pour le convaincre. Le médecin n’a plus qu’une seule obligation, c’est de prendre acte de la volonté du patient sans même tenter d’argumenter.

Quatrième point, sur l’obstination déraisonnable pour les personnes inconscientes, la proposition de loi Léonetti-Claeys ne change absolument rien aux critiques fondamentales qui sont les notre dans l’affaire Vincent Lambert. Il n’existe toujours pas de définition de ce qu’est l’obstination déraisonnable, de ce qu’est un traitement disproportionné ou qui a pour seul effet le maintien artificiel de la vie. De même alors que le CCNE, le comité consultatif national d’éthique, avait réclamé un véritable processus de décision collégiale consensuelle, on en reste sur la bonne vieille mascarade de procédure collégiale consultative où le médecin en charge du patient peut se contenter de consulter pour la simple forme et décide seul, même contre l’opposition de tous. Non la seule précision dans la proposition, c’est bien dans le sens de la mort, c’est pour préciser que la nutrition et l’hydratation données par voie artificielle sont des traitements qu’on peut arrêter. Tout le reste est inchangé.  On pourra continuer à y mettre ce que l’on veut. Mais les deux points les plus importants son t ceux qui ont retenu l’attention des médias et des commentateurs. Mais il me semblait nécessaire quand même de préciser ces quatre premiers points qui n’ont pas été me semble-t-il suffisamment commentés.

Le cinquième point, ce sont les directives anticipées. Il est expressément prévu que le contenu des directives anticipées devra prévoir les conditions de l’arrêt d’un traitement. Ce sont donc des directives qui ne sont prévues par la loi à venir que dans un sens unique : celui de la mort. Celui qui fera des directives anticipées disant qu’il veut qu’on lui maintienne ses traitements, soins et nourritures, qu’il sache qu’elles pourront être écartées comme ne constituant pas les directives anticipées prévues par la loi. Tout cela n’empêche pas de les faire car elles vaudront toujours comme manifestation de volonté, mais que l’on sache que Léonetti-Claeys attendent des directives qui autorisent la mort et uniquement dans ce sens.  Le deuxième point sur les directives anticipées, c’est qu’il est prévu de rendre les directives anticipées opposables ou à tout le moins contraignantes. Ce qui est une triple folie, d’abord parce que par définition, elles sont anticipées. Si vous êtes en bonne santé et que vous tombez sur un reportage de propagande bien compassionnel sur l’euthanasie, vous allez  écrire vos directives anticipées sous le coup de l’émotion, demandant à mourir dans tel ou tel cas. Mais le jour où vous vous retrouverez dans cet état, vous aurez probablement changé d’avis comme en témoignent tous les soignants, ainsi que Philippe Bonnezoli borgaud devenu tétraplégique à la suite d’un accident de parapente. « Si on m’avait dit, si on m’avait demandé » dit-il « quand j’étais en bonne santé, j’aurais demandé effectivement qu’on me fasse mourir. Mais aujourd’hui, je suis content d’être en vie. ». La perfidie de la proposition actuelle, c’est qu’alors qu’en l’état actuel du droit, les directives ne sont valables que trois ans, elles sont désormais valable à vie, tant qu’elles ne sont pas modifiées ou abrogées. Ainsi à vingt ans, vous rédigez des directives anticipées sous le coup de l’émotion sans pouvoir vous projeter dans l’avenir et vous les oubliez dans un tiroir. Si on vous les ressort cinquante ans plus tard lorsque vous serez sans défense, on vous les appliquera sans état d’âme. La deuxième folie de rendre contraignante les directives anticipées, c’est qu’elles ne seront contraignantes que si elles sont conforme à la loi, c’est-à-dire comme je vous le disais précédemment qu’elles sont rédigées dans le sens d’une demande de mort. Des directives réclamant de vivre ne seront jamais contraignantes. La troisième folie, c’est que rendre contraignante cette directive de mort, cela équivaudra à imposer à un médecin qui ne le vaudrait pas un acte potentiellement d’euthanasie. Aucune clause de conscience n’est prévue, une seule limite est prévue dans la proposition mais elle est bien ténue. Le médecin pourra se délier de  directives qui apparaissent manifestement inappropriées. Ce n’est donc pas une question de conscience mais une question médicale qui permettra au médecin de s’en délier. Pour ce faire, le médecin devra consulter un autre médecin et motiver son choix par écrit dans le dossier. En pratique, cela permettra de ficher les médecins qui seront trop attachés à la vie des êtres humains.

Sixième et dernier point qui est le plus important, le droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès. D’abord une observation sur la question de la souffrance, quand on souffre, il n’y a plus rien qui compte: la volonté est pratiquement annihilée, on est en situation de faiblesse, on ne peut pas décider librement et en pleine lucidité. C’est dans ces cas là que certains patients disent je veux mourir. Mais une fois la souffrance soulagée, toute demande dans ce sens disparaît, c’est le témoignage unanime des soignants. Et la médecine peut soulager pratiquement toutes les souffrances. Mais parfois, nous avons une souffrance réfractaire quand il n’y a pas d’autre recours. Comment fait-on actuellement ?  On propose au patient de l’endormir pour vingt quatre heures et de voir s’il va mieux, parfois il demande à être rendormi à nouveau pour une nouvelle période et parfois, il va mieux, il souhaite pouvoir échanger avec ses proches, il demande à ne pas être rendormi. Cela est respectueux de la dignité humaine et de la possibilité de toujours pouvoir choisir d’être lucide tant que cela est possible. Mais Léonetti et Claeys veulent endormir les patients définitivement dans un acte euthanasique comme je vais vous le démontrer et en volant la mort des patients. A cet égard, que l’on soit croyant ou non, la mort c’est le grand voyage pour tous. Les soignants parlent d’angoisse spirituelle des patients dans ces moments là. Or au lieu d’accompagner ces angoisses et ces questions, au lieu de leur envoyer l’aumônier, au lieu de leur envoyer des bénévoles pour leur tenir la main, au lieu de leur permettre de mettre leur vie en ordre de se réconcilier avec les proches et avec le bon Dieu, on va voler la mort des patients pour les empêcher de la regarder en face, en étant soutenu et accompagné pour cela, ce qui relève des soins palliatifs que l’on ne développe toujours pas en France. Alors qu’est-t-il prévu de nouveau au regard de cette sédation dans la proposition Léonetti-Claeys ? En cas de maladie grave et incurable, si le patient le demande, il aura droit à une sédation profonde et continue entraînant, dit le projet, une altération profonde et continue de la vigilance jusqu’au décès. C’est déjà assez effrayant. Mais ce n’est pas tout, la sédation terminale sera systématiquement associée à un arrêt des traitements de maintien en vie. C’est le projet en cours, il s’agit d’une loi euthanasique par nature et dans l’intention. D’abord par sa nature, même s’il pouvait encore manger et boire quand il était éveillé, le patient ne le pourra plus une fois endormi, c’est l’évidence même. On ne pourra donc plus l’alimenter et l’hydrater que par voie artificielle. Mais comme l’alimentation et l’hydratation artificielle sont définies comme un traitement et que le traitement sera définitivement arrêté avec une sédation, c’est la loi, le patient  ne mourra pas de sa maladie, il mourra bien de faim et de soif parce que l’on aura provoqué sa mort par déshydratation automatiquement associée à la sédation. Il s’agit bien d’un acte euthanasique par nature. Ensuite c’est un acte euthanasique dans l’intention du législateur. Il ne s’agit pas d’endormir des patients pour les soulager de souffrances réfractaires, il s’agit de les endormir dans le but de les faire mourir, même si les promoteurs de cette loi contestent toute volonté euthanasique. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’aveu même d’Alain Claeys, le rapporteur de la loi dans Libération le 26 novembre 2014 : « Pour la première fois, nous parlons d’une aide à mourir, il s’agit d’une intention euthanasique ». Alors la double conséquence logique de tout cela, premièrement c’est que la sédation profonde et terminale va devenir automatique. Au lieu de développer les soins palliatifs et d’entourer les patients, on va les culpabiliser en les incitant à demander une sédation terminale. La deuxième conséquence logique, c’est qu’il va falloir accélérer le processus, car enfin, quand on a une personne que l’on a endormi pour ne plus jamais la réveiller, puisqu’elle va mourir de déshydratation en quelques jours, alors pourquoi attendre encore plus ? C’est absurde, donc on poussera sur la seringue l’hypnovel, on augmentera la dose de sédatif, et on provoquera la mort en quelques minutes. Cette proposition de loi Léonetti-Claeys est la plus mortifère et la plus hypocrite qui soit. Et pour la faire passer, on prétend qu’on refuse l’euthanasie en se contentant d’endormir les patients. Ce sont en réalité nos consciences et notre vigilance qu’ils veulent endormir selon la technique du voleur chinois, quand nous nous réveillerons, il sera trop tard. C’est pour cela que chacun, nous devons écrire à nos députés, argumenter, dénoncer, convaincre et réclamer que notre législateur et nos médecins reviennent à l’antique serment d’Hippocrate qui résume tout et condamne par avance cette loi à venir : « Je ferai tout pour soulager les souffrances, je ne prolongerai pas abusivement les agonies, je ne provoquerai jamais la mort délibérément. Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses, que je sois déshonoré et méprisé si j’y manque. ».

Jésus, je T’aime

 

Jésus qui règne dans nos coeurs
L’adoration

Le règne de Jésus commence dans nos cœurs par l’adoration.

 

L’Amour que J’ai pour mes petits
n’a rien de comparable à l’amour humain.
L’âme qui communie est imprégnée du Pur Amour
et plus elle communie avec foi,
plus elle grandit dans l’Amour
et plus s’intensifient les dons
déposés en elle à son Baptême…

L’âme reçoit peu à peu la grâce transformante,
la Divinité trois fois Sainte transparaît en elle.

« Seigneur,
je veux que tu viennes en moi,
que tu demeures en moi,
que tu transparaisses en moi
et dans toutes les créatures »

(Citation de Jésus tirée des révélations privées de Fille du Soleil - livre "Mon plus beau cadeau l'Eucharistie" - Editions du Parvis)